RENCONTRE    REGIONALE ANNUELLE

Davina , cyclone tropical, est passé le mardi 8 mars 99 au sud de la Réunion et a finalement fait plus peur que de mal dans le Nord. Lasses des pluies qui ont suivi, pas moins de 15 familles convergent ce samedi 13 mars vers l’Entre Deux qui porte bien son nom : entre deux vallées, entre deux mondes aussi, celui, trépidant, de la côte, et celui, calme de la haute forêt.

Fameux point de départ de randonnées vers le Dimitile, l’Entre Deux est aussi un paisible village enrichi de maisons créoles, qu’on atteint en une demi-heure au départ de Saint Louis. De pancarte en pancarte, sous un ciel plus que clément, nous arrivons à l’Auberge de Jeunesse haute en couleur où nous attendent Muriel et Patrick, nos Gentils Organisateurs Servas. La réservation des chambrées se fait dans la joie des retrouvailles. Certaines familles, Béatrice, Marie et Bernard, ont choisi la solution camping à la grande joie des marmailles tout heureux de l’espace nature.

Le jour baisse mais pas les discussions qui vont bon train. A la nuit tombante, Gilbert, le gentil coordinateur a bien du mal à rassembler son monde autour d’une table. Des Bunyetes, beignets croustillants catalans confectionnés par Hélène, finissent par attirer tout le monde.

L’heure est solennelle car deux invités sont à l’honneur : Bertrand, Servas parisien, vice président Servas International, et Rey, Servas Mauricien, valeureux concepteur internaute.

Bertrand explique sa présence en tant que simple membre Servas par un souvenir réunionnais vieux de 18 ans. Son périple ( Madagascar le 28/02/99, l’île Maurice le 07/03/99, la Réunion le 12/03/99 et retour sur Paris le 18/03/99) lui a permis de mieux connaître la zone Ocean Indien et de faire connaissance avec Davina. Il constate avec plaisir que la moyenne d’âge de Servas Réunion est relativement jeune par rapport à la moyenne mondiale.

Rey est venu de l’île Maurice pour nous présenter le "Servas Southern Africa web site" qu’il a mis au point et on line depuis la mi décembre 98. On peut visiter ce site à l’adresse suivante (http://pages.intnet.mu/servas) et lire les pages d’Afrique du Sud, du Botswana, du Lesotho, du Malawi, de l’île Maurice, de la Zambie, du Zimbabwe, Servas International et bien entendu de la Réunion. Rey a créé des liens avec les sites Servas de l’Argentine, du Brésil, du Danemark, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Corée, et des USA. Cette liste n’est pas exhaustive et il espère bien rallier d’autres pays. Enfin il compte beaucoup sur les coordonateurs pour mettre à jour les pages et les listes. A toutes fins utiles, il distribue un récapitulatif du nombre d’hôtes par villes et pays de la zone Océan indien : nous sommes 153 au dernier pointage 1999.

Une autre invitée, Françoise, est venue en tant que voyageuse Servas glaner des ultimes conseils avant de partir le 15 mars pour un tour du monde ; la veinarde, nous comptons bien la revoir l’année prochaine comme hôte.

L’ordre du jour n’étant plus celui du soir, un tour de table bien sympathique a permis aux anciens comme aux nouveaux de se présenter et de se souvenir agréablement des voyageurs 1998. C’est ainsi que, dans les craquements des Bunyetes, Marie Noëlle et Etienne, Patricia sans Bertrand, Emmanuelle sans Frank, Corinne et Laurent, Christiane sans Alain, Yvon et Agnès, Gladys sans Philippe, Muriel et Patrick, Josée, Chantal, Francine et Jean Michel, Myriam, Béatrice, Josiane et Patrick, Sylvia et Richard ont pu, chacun et chacune avec force détails épiques, raconter leur année Servas 1998.

Tout le monde lorgne déjà, la gorge sèche, vers l’apéritif, mais Gilbert tape les trois coups pour la poursuite de l’ordre du jour : Fonctionnement Servas Réunion

Tout d’abord une remontée de bretelles pour les retours tardifs voir inexistant des mises à jour en octobre 1998. Certaines modifications demandées ne seront peut être pas prises en compte pour la liste France 1999 que nous n’avons pas encore reçue.

Puis c’est l’appel annuel aux cotisations ; 100 FF par famille hôte. Bertrand en profite pour signaler que cette année ce n’est pas moins de 1500 listes France qui ont été confectionnées bénévolement par le groupe de Savoie. Plus de 800 listes sont envoyées aux hôtes.

C’est enfin l’appel à candidature pour organiser la prochaine rencontre régionale l’année prochaine. A l’unanimité des présents, Josée se porte volontaire dans les applaudissements de l’assemblée. Bien qu’on en soit qu’au début, on en profite pour remercier chaleureusement les Gentils Organisateurs de cette année Muriel et Patrick.

Les punchs maison ont déjà commencé à envahir les tables, les gobelets arrivent sans bruit dans les mains, mais Gilbert tape les trois coups pour entamer le dernier point du jour :

Cinquantenaire et Servas dans l’Océan Indien   

1949 -1999, c’est l’année du cinquantenaire de Servas, des manifestations sont prévues dans le monde entier à l’initiative des groupes nationaux comme par exemple :
Australie pour Pâques à la grande barrière de corail       Danemark (Askov) du 11 au 17 juillet
USA Californie du 30 juillet au 1er août          Belgique du 3 au 5 septembre
Allemagne (Berlin) du 18 au 21 novembre
La liste n’est pas exhaustive, tout le monde y est convié, à charge de se payer le voyage et le séjour.

Bertrand pense à une commémoration plus simple mais plus conviviale , faire du 10 octobre la journée Servas pendant laquelle chaque membre Servas provoque une rencontre avec un voyageur servas ou non. L’idée plaît à tout le monde.

Servas dans l’Océan Indien, comment le faire connaître sans faire de dérapage ?.

Avant d’aller si loin, certains pensent qu’il faudrait d’abord développer Servas Réunion auprès des créoles, d’autres pensent qu’il faut laisser faire radio cocotier. Tout le monde est d’accord pour penser qu’il faut veiller à une démarche volontaire de la part du futur Servas. Tout est dans l’art de convaincre sans faire de prosélytisme.

Mais Servas c’est aussi l’ouverture vers l’extérieur et le projet de voyage au Zimbabwe proposé par Corinne l’an passé reste d’actualité. Revenant récemment d’un séjour là bas, Rey pense qu’il faudrait faire coïncider ce projet avec la réunion Servas Afrique du Sud au Botswana et propose une université d’été à Bulawayo en août 2000. Connaissant la région, Rey se propose de planifier ce projet en partenariat avec Corinne, Hélène et Gilbert.

Tout le monde n’a pas internet chez soi, aussi Christiane suggère que la documentation Servas sur les pays de la zone soit envoyée à tous les hôtes. Pour éviter des envois inutiles et obsolètes, Gilbert propose d’envoyer ces renseignements uniquement à ceux qui en feront la demande pour un voyage. La proposition est acceptée.

Chantal relance Laurent au sujet du projet humanitaire jeunes Madagascar sur la Réunion. Bertrand signale, qu’en Europe avec l’aide de Servas international, il a conduit plusieurs chantiers de jeunes et que l’expérience a été enrichissante. Il fait remarquer cependant que le dossier doit être très bien ficelé et qu’il faut, dans ce cas, faire appel à une association humanitaire. Certains sont sceptiques comme Christiane et se demandent quel va être leur rôle en tant que hôte Servas et devant la différence de niveau de vie, si cela ne va pas enfoncer un peu plus ces jeunes dans l’idée d’être déshérités. La discussion est ouverte jusqu’à l’année prochaine.

Pour conclure le débat, Christiane propose que le premier dimanche de chaque mois un rendez vous Servas hôtes et voyageurs de tous pays ait lieu le matin sur la plage de l’Hermitage au niveau du toboggan. Cette proposition séduit tout le monde et est adoptée.

Les verres se sont remplis doucement et il n’y a pas eu besoin de taper les trois coups pour clôturer la séance. Punch aidant, les discussions reprennent de plus belle.

Après un repas consistant, carry camaron, riz, grains, rougail, certains refont le monde sous la varangue étoilée et dans la douce fraîcheur du soir, d’autres dans la grande salle, tapent le carton à grands renforts de rires et d’exclamations burlesques. Petit à petit, le sommeil gagne et dans le grincement des lits, les paupières se ferment, seuls dans la grande salle, les irréductibles taroteurs résistent.

Le dimanche matin, quartier libre, certaines familles, marmailles oblige, paressent sous la varangue, ou rentrent doucement chez elles, d’autres préfèrent une petite ballade dans la ravine Saint Etienne. Le temps est au beau, l’eau claire joue à saute mouton avec les galets, peu résistent à la baignade.

A midi, un curry poulet nous attend avec son lot de riz, de grains et de rougail, la tablée bien que diminuée suscite rires et discussions enflammées.
Quinze heures sonnent le glas du départ, bisous et poignées de mains résonnent dans le hall, les voitures démarrent dans le calme en direction de la côte trépidante .

Hélène et Gilbert