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Quand un jeune loup s’associe à des vieux de la vieille, cela donne une
cérémonie d’ouverture des 6e Jeux des îles de l’océan indien, empreinte de
musique au parfum fusionnel. Un coup de maître !
Kabir
Gobin est sur un petit nuage. Ce grand gamin de 20 ans s’est faufilé parmi
les vieux routiers responsables du spectacle de la cérémonie d’ouverture des
6e Jeux des îles. Il y a laissé son empreinte. Et de fort belle manière !
Il y a un peu plus d’un, Jean-Pierre d’Argent, le metteur en scène, assiste
à un concert de Kabir au Caudan Waterfront. Séduit par sa prestation, il lui
propose d’écrire la partie musicale du spectacle. L’événement est de taille
et le jeune homme ne veut pas s’en priver. Ayant dans la même foulée à
partir pour l’Angleterre pour des études d'Audio engineering & Recording,
Kabir commence à jongler avec le temps.
Jean-Pierre d’Argent le met au parfum concernant le thème et les moindres
détails du spectacle. Le canevas séduit à son tour Kabir. Il déborde
d’enthousiasme. “J’étais excité par le message à faire passer. ”
Entre deux cours, il s’attelle à son clavier. A la recherche des notes qui
colleraient au thème de l’environnement et de l’unité nationale. “Cette
musique, il fallait surtout que je la visualise…”. De son inspiration
naissent sept morceaux dont trois sont retenus par Jean-Pierre d’Argent.
Un
inconnu reconnu
Kabir n’est pas un inconnu. Mais c’est lors de sa participation à la Gamme
d’Or 2001 que son talent est officiellement reconnu. Il enlève le premier
prix dans la catégorie “Meilleure découverte”. L’année dernière, il lance
Mantra-Tat. C’est un album à sept titres, entièrement conçu et enregistré
par le jeune musicien dans son propre home studio alors qu’il était en
pleine préparation de son baccalauréat International.
“Il a tout fait tout seul”, témoigne sa mère, chanteuse durant son temps
libre. “C’est vrai, confirme Kabir, car je suis perfectionniste et j’aurais
pu faire montre d’impatience si j’avais travaillé avec d’autres personnes.”
Kabir a un penchant pour la musique fusion, comme indiqué lors de sa
participation à la Gamme D’or. Et la cérémonie de vendredi dernier, axée sur
l’unité nationale, a été l’occasion rêvée pour débrider son imagination.
Comme dans son Mantra-Tat, on se laisse envoûter par les sonorités du djembe,
du gong, de la batterie, du tabla, du piano, du violon et du mritdangam. Des
noces de l’orient et de l’occident, du traditionnel et du moderne. Et sans
fraudère mariaz… La musique de Kabir respire aussi l’influence de
Jean-Michel Jarre. En effet, ses compositions prennent corps sur
l’ordinateur et le synthétiseur. S’il avoue avoir beaucoup écouté du Jarre,
enfant et adolescent, il se défend d’en reproduire le style.. “La musique
est un voyage à travers le son, explique Kabir. S’il a un peu de ce côté
mélodieux et orchestral de Jarre, Kabir possède la touche orientale dans sa
musique ”, confie Rhevatee Gobin qui suit de près le parcours de son fils
aîné.
Un parcours musical qui ne surprend point car il est tombé dans la musique à
sa naissance. Son grand-père maternel, Ramsamy Toolseeya, dirigeait dans les
années 50 le Sharda Band, un orchestre populaire dans le sud de l’île et sa
mère, enseignante de profession, chante dans le groupe Aarohi.
Kabir joue plusieurs instruments de musique, mais le piano demeure sa
prédilection. C’est grâce à un programme d’études très ouvert au Bocage
qu’il parvient à en maîtriser les techniques de base. Il se dit redevable
aux différents directeurs qui se sont succédé et qui ont développé chez lui
cette attirance pour le piano. “Avoir un directeur qui joue du piano le
matin à l’heure de l’assemblée, quel bonheur !”
Aujourd’hui, ce sont surtout les sons et la technique d’enregistrement qui
fascinent Kabir. La musique sonne et les applaudissements du public,
vendredi dernier, résonnent encore dans sa tête. Ils l’accompagneront sur le
chemin de la fac qu’il reprend bientôt. “Les études sont ma priorité car je
veux devenir un professionnel de l’enregistrement.” C’est sur cette… note
que nous avons pris congé.
Myette AHCHOON
L'Express
Lundi 1er Septembre 2003
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