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Eglise et politique

«L'Eglise catholique a toujours dit qu'elle ne prenait pas de position quand il s'agit de politique», dit Christian Lecordier.

L'Eglise ne prend et n'a pas à prendre partie s'il s'agit de parti politique. Elle ne donne pas et n'a pas à donner de consignes de vote, ni dire que tel parti est meilleur qu'un autre. Pas de politique partisane.

Ceci dit, l'Eglise a toujours eu des relations avec le pouvoir politique. Et cela a commencé avec le peuple d'Israël ­ relations orageuses prophètes/roi ; grand-prêtre et pouvoir romain du temps de Jésus (à partir de ce jour, Caïphe devint ami de Pilate). En 313, alliance empereur latin Constantin et la toute jeune Eglise. Alliance que mon professeur de théologie qualifiait de «concubinage Eglise/Etat». En France, la loi de séparation Eglise/Etat date de 1905.

L'Eglise a acquis sa liberté en devenant indépendante par rapport aux gouvernants. Mais elle se réserve le droit d'intervenir quand elle estime que les droits humains ne sont pas respectés. Ou quand elle pense qu'un Etat décide de mesures justes par rapport aux citoyens.

«Je n'ai pas entendu une personne qui pouvait payer dire qu'elle renonce à cette subvention.» (Mgr Piat) Ce que l'évêque dit me paraît banal... Et courageux.

Vous connaissez des riches qui ont renoncé à leurs droits par solidarité avec les pauvres ? S'ils le faisaient, cela se saurait. Je parle de riches dans leur collectivité, dans leur ensemble. Etant moi-même bénéficiaire de la grande générosité d'amis mieux lotis que moi, je ne peux parler de cas individuels. Et je pense que l'évêque considère l'entité «riches» : lui aussi est bien placé pour avoir fait l'expérience de la générosité de personnes.

Aujourd'hui la reine d'Angleterre est le chef de l'Eglise anglicane ; Fidel Castro a libéré des prisonniers politiques après son entrevue avec Jean-Paul II. Quel a été le rôle de ce pape dans la chute du régime communiste ? Si un évêque trouve que le gouvernement de son pays prend des mesures justes, pourquoi ne le lui dirait-il pas ?

Une association qui lutte pour un autre objectif peut prendre cela comme un désaveu. Mais pourquoi faut-il qu'il y ait unanimité d'opinion ? Il est possible qu'il faille repenser la formule, revoir les modalités. Mais, dans son principe, la mesure peut être juste.

Une comparaison pour plus de clarté : il y a des ouvriers et des patrons. Intérêts divergents ­ ce qu'on appelle la lutte des classes. Tout ce que les ouvriers ont obtenu - horaires décents, salaires justes, congés payés (en France en 1936)... - l'a été par revendications et grèves. Le 1er-Mai commémore une grève sanglante : les policiers tiraient sur les grévistes. Des patrons humains et généreux ? Ils existent : j'en connais. C'est le collectif «patrons» qui est sourd aux problèmes que vivent les ouvriers.

De cette victoire des ouvriers pour se faire entendre, on a institué le Fête du travail, célébrée le 1er mai. La hiérarchie de l'Eglise en a fait la douce fête de saint Joseph ouvrier. Je ne suis pas sûre que l'initiative tienne assez compte de ce que vivent les ouvriers.

Solange Jauffret


il a été écrit : le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour, et on prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Pour vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez, d'en haut, revêtus de puissance». Le Christ propose ici une troisième approche : Pas seulement devenir disciple, mais aussi devenir son témoin. Il s'agit de faire résonner l'Evangile comme bonne nouvelle en plein cœur du monde où nous vivons. Les jeunes, eux aussi, sont appelés à assumer leur part de cette mission. Il ne faut pas les sous-estimer. Ils sont capables d'un don de soi et d'une générosité. Mais dans le monde où nous vivons, cela demande du courage, car il s'agira souvent de nager à contre-courant. C'est pourquoi être berger auprès des jeunes, cela veut dire aussi les accompagner, les soutenir dans leur engagement chrétien en plein cœur de leur vie d'étudiant, de jeunes travailleurs ou de jeunes cadres. Ce soutien est essentiel pour que les jeunes puissent durer dans leur engagement. Il ne suffit pas de dire aux jeunes : «Engagez-vous, engagez-vous.» Les jeunes qui ont été touchés par le Christ et qui veulent vivre loyalement leur foi dans le monde des jeunes ont grand besoin d'avoir des lieux, des personnes ou des groupes où ils peuvent parler de leurs joies et de leurs difficultés, où ils peuvent se ressourcer et planifier leur engagement. Ce sont les mouvements de jeunes surtout qui aujourd'hui offrent un tel accompagnement aux jeunes : par exemple, la JOC pour les jeunes travailleurs, la JIC pour les jeunes de milieux aisés, le Mouvement eucharistique des jeunes, la Jeunesse mariale, la Légion de Marie, les Equipes du Rosaire, le Groupe Teresa Teens Group...

Cette réflexion favorisera-t-elle une complémentarité
entre les différents mouvements ?

Pour terminer, j'ai suggéré aux responsables de groupes et de mouvements des jeunes de réfléchir en profondeur sur ces 3 approches de la pastorale des jeunes. A partir de là, nous découvrirons la complémentarité qu'il y a entre les différents types de mouvements. C'est pourquoi, au début, j'avais demandé à ce que nous soyons bergers ensemble. Il faut surtout éviter toute compétition entre mouvements. Il s'agit plutôt de découvrir en profondeur ce que chaque mouvement apporte d'original dans la pastorale des jeunes et chercher les moyens concrets de se compléter.

Je souhaite de tout mon cœur qu'au-delà de ces rencontres, les responsables des mouvements de jeunes arrivent à porter ensemble la pastorale des jeunes. Nous avons des outils, des ressources et des personnes fantastiques déjà engagées dans cette pastorale. Ce qu'il nous manque, c'est de nous rencontrer davantage pour mettre en commun nos ressources afin d'être berger ensemble. Pour cela, il nous faut travailler en réseau. Chaque mouvement doit rester ce qu'il est, mais on peut réfléchir ensemble, partager la même vision, porter ensemble la même mission. Ce travail en réseau peut commencer au niveau de la paroisse, avec le CPJ.

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