Service d'écoute de Chamarel


Une main tendue vers les personnes en difficulté

Bourses d'études, encadrement psychologique, cours de théâtre, soutien aux familles en difficulté... La liste des services qu'offre le Service d'écoute de Chamarel (SEED) est bien longue. Ainsi, depuis cinq ans que le service existe, le SEED de Chamarel s'attelle à offrir de meilleures conditions de vie aux habitants de Chamarel, Case-Noyale, La Gaulette et Le Morne.

«Notre mission, c'est d'accueillir, d'écouter et d'aider les gens. Principalement les plus pauvres»: c'est ainsi que Sweety Labeauté, l'une des permanentes au SEED de Chamarel, définit la mission de ce service. Actuellement, elles sont deux à assurer une permanence au SEED de Chamarel - Sweety Labeauté et Vanessa Purmessar. Chacune est responsable de deux villages. Le Morne et La Gaulette pour Sweety ; et, Chamarel et Case-Noyale pour Vanessa. Le travail est divisé en des temps au bureau (situé à l'église N-D-de-la-Pêche-Miraculeuse, à La Gaulette) chaque lundi, et des visites sur le terrain. Chaque mois, une rencontre est organisée avec le prêtre, les permanentes et les groupes de volontaires. L'occasion de faire le point sur les événements passés et les projets à venir.

«Pour l'heure, nous n'avons pas beaucoup de personnes qui viennent nous voir au bureau. Nous agissons plus à travers les volontaires», explique Sweety. Ces derniers sont des habitants des localités avoisinantes et ont aussi la grande responsabilité de faire le pont entre le SEED et la population.

Sur le terrain

Quand Sweety et Vanessa vont sur le terrain, c'est bien souvent pour porter des provisions aux familles nécessiteuses, pour aller à la rencontre de celles qui ont des problèmes de logement ou pour aider des personnes âgées dans leurs démarches administratives. Rien que pour le début de cette année, le SEED ait pu aider une famille en difficulté financière à acheter des livres scolaires pour ses enfants et permettre la scolarisation d'un enfant qui avait eu du mal à trouver une école. «Au Morne, raconte Sweety, nous avons beaucoup de familles en difficulté. Il y a un certain nombre de mères célibataires et d'enfants handicapés. Nous avons pu envoyer quelques-uns à l'école Rêve et espoir de Rivière-Noire.»

Si plusieurs familles de ces régions font face à des problèmes de logement, d'autres ont pu bénéficier du soutien du Trust Fund For The Integration of Vulnerable Groups pour reconstruire leur maison. L'organisme leur offrant tout le matériel nécessaire. «Cependant, il n'y a que les familles qui sont propriétaire de leur terrain qui ont pu bénéficier de cette offre», fait ressortir Sweety. «Nous avons des familles qui vivent dans des maisonnettes déplorables à Case-Noyale, Coteau-Raffin et au Morne, mais comme elles sont squatters, elles ne bénéficient pas de l'aide du Trust Fund.» Bientôt une quinzaine de familles vont bénéficier de cette aide.

Aide scolaire

Beaucoup de choses sont initiées pour aider les enfants de la localité à avoir une scolarité des plus normales. Ainsi, depuis 2002, la paroisse, via le SEED, a mis en place un système de bourses d'études pour venir en aide aussi bien aux enfants du préscolaire que ceux du primaire, du secondaire ou pour que ceux désirant suivre des cours professionnels ou supérieurs. «Nous avons aidé des jeunes à suivre des cours de coiffure, de secrétariat...», raconte Karine Lamarque, une ancienne permanente du SEED de Chamarel. Radnish Bhahoo, de Case-Noyale, a quant à lui pu s'envoler pour l'Australie pour poursuivre des études (voir encadré). «Nous aidons aussi pour l'achat de matériel scolaire ou pour le paiement des écoles maternelles, quand les familles ont du mal à le faire.» Au mois de mars, plusieurs familles recevront également du matériel scolaire (sacs, chaussures, cahiers) du Trust Fund.

Toujours dans le souci de promouvoir l'éducation, la paroisse se prépare à lancer des cours d'alphabétisation pour adultes. Quelques paroissiens sont actuellement en formation chez Caritas et une trentaine de personnes ont déjà signifié leur intention de profiter de ce cours.

Ecole de théâtre et de sculpture

Afin de promouvoir l'épanouissement des enfants de la localité, le SEED a également lancé une école de sculpture et une école de théâtre. Gérée par le sculpteur Lewis Dick, l'école a passé toute l'année dernière au Morne. Outre la sculpture, les enfants ont aussi été initiés à l'art temporaire, exercice constituant à créer des choses à partir de matériels récupérés dans l'environnement immédiat. L'année a pris fin par une exposition. «Cette année, l'école va commencer à La Gaulette et après trois mois, bougera à Case-Noyale», explique Sweety.

Depuis l'année dernière, les enfants de 7 à 11 ans ont également une école de théâtre. Placée sous la responsabilité de Delphine Lagesse, l'école de théâtre offre aux enfants la possibilité de pratiquer de la danse, des jeux de scènes et le chant. L'école reprendra en mars. «Les enfants prennent beaucoup de plaisir à venir à l'école de théâtre. C'est chaque samedi la fête.»

Soutien

Si le SEED de Chamarel arrive à poursuivre ses activités, c'est sans nul doute grâce au soutien des paroissiens de Ste-Anne. «Par exemple, nous avons un panier à provisions dans le fond des églises. Les fidèles sont invités à y déposer leurs dons», raconte Sweety. «Nous avons aussi des sponsors, par exemple des hôtels de la région. Et nous bénéficions de l'aide venant de généreux donateurs.» Le SEED organise également des activités de levée de fonds.

Martine Théodore

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