Marche des sans-logis


Encore une lueur d'espoir ?

Las de voir leurs sollicitations pour une rencontre rejetées, les sans-logis de Camp-Levieux, Chebel et Pointe-aux-Sables n'ont eu d'autre recours que de descendre dans la rue pour une manifestation pacifique le lundi 19 février devant le bureau du ministère du Logement. Pancartes en main, leur principale revendication était que le gouvernement «rekonet nou pou seki nou ete et non pa pou saki nou reprezante».

L'entrevue tant attendue a pu avoir lieu, ce qui n'a pas manqué d'irriter le ministre Asraf Dulull, qui a rencontrés les sans-logis devant son bureau à la rue Sir William Newton. Après avoir parlementé avec les représentants des ONG les accompagnateurs et des familles des sans-logis, le ministre a quitté les lieux en voiture en donnant des instructions pour qu'ils n'obstruent pas la circulation et qu'ils quittent les lieux au plus vite.

Le ministre a aussi déploré l'attitude des marcheurs et leur a reproché d'avoir eu recours à une manifestation pour se faire entendre et de se faire accompagner de leurs enfants qui se sont absentés de l'école alors que, selon lui, des procédures ont été enclenchées pour leur relogement. Une attitude qu'il ne va pas tolérer, leur a-t-il fait comprendre.

Autres terrains

N'en démordant pas, les représentants des ONG ont expliqué leur démarche et lui ont fait comprendre qu'ils n'avaient d'autre choix et

qu'il avait été prévenu de la tenue de la marche et que celle-ci n'aurait pas eu lieu s'il avait daigné accepter de les recevoir avant.

Patrice Uppiah, du Comité catholique pour la justice, a confié à La Vie Catholique qu'il est satisfait de la rencontre qu'ils ont eue avec le ministre et son PS, M. Ozeer.

Asraf Dulull leur a annoncé que d'autres terrains ont été identifiés à Camp-de-Masque, La Tour-Koenig et Malherbes, Curepipe, pour leur relogement, après que le ministère eut constaté que le terrain initialement destiné à la construction des maisons à Bambous n'était pas propice à cela pour diverses raisons. Une nouvelle que les manifestants ont pris connaissance en même temps hier.

Le Steering committee - constitué de représentants du ministère du Logement, du ministère de la Sécurité sociale et des ONG - accompagnatrices vont enclencher une étude pour évaluer le coût des travaux et les infrastructures à mettre en place et voir si toutes les familles pourront être logées sur un seul terrain ou réparties sur les trois.

Les ONG qui accompagnent les sans-logis - le Mouvement social Débarcadère, Caritas Ile Maurice, le Comité catholique pour la justice, le Mouvement social de la jeunesse mauricienne, le Service d'écoute de Pointe-aux-Sables et l'association Terre-Nouvelle - ont pour objectif de soutenir les 76 familles qui se sont retrouvées sans logement depuis juillet 2005. Les ONG visent leur intégration sociale. Avoir un logement décent est une des étapes.

Jean-Marie St-Cyr

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