-«Pas étonnant quand ou connaît ki so fami sa et cot zot pe vive !»

-«Nou, nou ban intellectuel nou ! »

Un regard éclairé par le regard de Jésus

Quelle est la qualité du regard de Jésus ? Ce qui est frappant en lisant l'Évangile c'est que Jésus porte un regard de grande bonté sur les personnes qu'il rencontre. Un regard qui traduit une grande disponibilité et une capacité extraordinaire d'accueil : «Laissez les enfants venir à moi» (Luc 18, vs 16), dit Jésus dans une société où l'enfant était très peu pris en compte. Comme nous l'avions vu l'an dernier, Jésus est capable de s'émerveiller, d'applaudir les autres et particulièrement les petits : «Père je te rends grâce, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu le révèles aux tout petits.» (Luc 10vs 21) Il ne porte pas de jugement envers les personnes de «mauvaise réputation». Pas d'étiquettes. Tout au contraire, il porte un regard capable de reconnaître ce qu'il y a de bon en elles : «Je te déclare que ses péchés si nombreux ont été pardonnés, c'est parce qu'elle a montré beaucoup d'amour.» (Luc 7, vs 47) Jésus croit en la capacité des personnes à changer. Ainsi, alors que beaucoup de personnes condamnent Zachée, Jésus s'invite chez lui et à partir de cette rencontre, Zachée transforme sa manière de vivre et d'exercer son métier de collecteur d'impôts. (Luc 19, vs 1-10) Jésus croit en l'homme. En toute situation il espère en nous. Ainsi, malgré la trahison de Pierre et sa lâcheté, il porte sur lui un regard bouleversant d'amitié. Il lui renouvelle sa confiance et il le choisit pour être le «premier pape» : «Sois le berger de mes agneaux.» (Jean 21, vs 15-19). Je vous invite à rechercher d'autres exemples de cette qualité du regard de Jésus en méditant plus particulièrement cette année l'évangile de Luc

b) Ce qui est plus étonnant, c'est que dans ce regard de Jésus, nous découvrons le regard même de Dieu notre Père pour chacun d'entre nous. Un regard plein de tendresse, d'amitié et de compréhension. Un regard qui nous encourage, qui nous donne de croire en nous. En ce temps de carême, par la prière, la méditation de la Parole de Dieu, la participation à l'eucharistie, la relecture croyante de nos vies au sein de petites équipes, laissons nous regarder par notre Seigneur. Que ce regard de Jésus éclaire notre propre regard. Comme le psalmiste, demandons au Seigneur de «clarifier notre regard». (Psaume 118) Alors, avec «les yeux de Dieu», regardons-nous les uns les autres. En ce centenaire de l'éducation catholique à Rodrigues, regardons particulièrement les enfants et les jeunes avec un regard purifié par le regard de Jésus.

Un projet éducatif inspiré par Jésus

A l'occasion de cet anniversaire, je vous invite à réfléchir sur le vrai sens de l'éducation dans une perspective chrétienne. Il est bien entendu que l'éducation ne concerne pas uniquement l'enseignement scolaire. Notre projet d'éducation catholique est directement inspiré, d'une part, des valeurs de l'Évangile et, d'autre part, de la sagesse accumulée par l'Église au long de sa longue histoire au service de l'éducation à travers le monde. Davantage encore, nous pensons que c'est Jésus lui-même qui est l'éducateur par excellence.

a) «Jésus, l'éducateur par excellence»

En méditant l'Évangile, nous découvrons tout d'abord que si Jésus a enseigné durant trois ans, il a pris trente ans pour se mettre à l'écoute des humains, écoute de leurs questions, de leurs aspirations ! N'est-ce pas là une indication intéressante pour nous faire découvrir que toute éducation commence d'abord par une écoute ! Jésus, nous dit l'Évangile, a enseigné longuement, sans ménager sa peine. (Marc 6, vs 34) Il enseignait avec beaucoup de créativité en partant toujours des réalités des personnes : le semeur qui est sorti pour semer ; le bon berger qui conduit son troupeau ; l'ouvrier qui calcule avant de commencer une construction. Jésus invitait les personnes à réfléchir par elles-mêmes. Nous voyons cela particulièrement à travers l'enseignement des paraboles. Jésus savait se montrer exigeant parce qu'il croyait en nos capacités. (Mt 7, vs 13-14) Il n'hésitait pas à nous bousculer mais pour nous faire avancer (Luc 6, vs 46). Nous voyons toute la pédagogie de Jésus à l'œuvre sur la route d'Emmaüs (Luc 24, vs 13-35) : sa capacité de rejoindre et de cheminer avec les deux pèlerins désorientés. En tenant compte de leur histoire personnelle et celle de leur peuple, de leurs questions, Jésus, avec beaucoup de patience et de respect, réveille leur espérance et les aide à reprendre confiance en eux mêmes. Ainsi, Jésus les aide à se remettre debout et à reprendre la route pour aller plus loin. Oui, Jésus est l'éducateur par excellence, car il avait aussi un profond amour de la vérité et même ses adversaires le reconnaissent. (Marc 12, vs 14) Plus fondamentalement, il n'y avait pas de décalage entre ce qu'il enseignait et sa manière de vivre, entre ce qu'il disait et ce qu'il faisait, entre prières et actions. Il enseignait et il agissait. (Luc 6, vs 6-11) C'est la raison pour laquelle 2000 ans après, Jésus est si crédible, si fascinant et si inspirant.

b) «Éduquer signifie faire grandir»

C'est pourquoi, à la suite de Jésus et en lien avec toute la tradition chrétienne, nous affirmons qu'éduquer c'est faire grandir. Toute personne humaine est en devenir. Elle se construit tout au long d'une histoire, à travers des réussites et des échecs. Ainsi, éduquer un enfant, un jeune, consiste à l'aider à grandir, à se construire, en développant toutes les dimensions de sa personne. Tout système d'éducation dépend donc d'une vision explicite ou implicite de l'homme, de la vie en société. Nous pouvons nous interroger : quelles sont les valeurs véhiculées par l'école, nos familles, les médias. ?

c) «Éduquer, c'est se mettre au service du développement intégral de la personne»

Toute éducation doit se mettre au service du développement intégral des enfants, de chaque enfant. Développement de son intelligence à travers la transmission du savoir (apprendre à lire, écrire, compter) mais aussi par des activités manuelles et par le jeu. Développement de sa volonté en faisant découvrir le sens et la valeur de l'effort et de la discipline (un devoir bien fait, un cahier propre, le respect de son professeur et des autres, le respect du mobilier et de l'environnement). Développement de sa personnalité par la prise de conscience de soi et ceci en lui apprenant à s'exprimer, à réfléchir et à vivre avec les autres dans des relations vraies et le respect des différences. Développement de sa liberté en lui permettant, dans le respect des autres, à prendre des initiatives. Développement de son cœur, de son sens de la responsabilité, en développant le sens du service, (pas zis zenfant faible dans faire devoir qui besoin rendre service dans l'école !) et de la solidarité en lui apprenant à partager les connaissances et les biens matériels.

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