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Mgr Maurice E. Piat


Etre solidaire
dans l'effort

Tribune


Marcher avec le Christ

Parler des «14 églises» aujourd'hui me fait penser à une remarque que j'avais faite à ma mère quand j'étais adolescent. Elle partait pour un pèlerinage «14 églises», et moi je me moquais d'elle : «Kifer to bizin al bat lakot Moris ? To pa ti kapav al 14 fwa legliz Pamplemousses la-mem ?» Aujourd'hui, je comprends qu'aller à 14 églises différentes correspond à un autre besoin : celui de faire un pèlerinage.

Faire un pèlerinage est une expérience, une démarche, une recherche... C'est sortir de là où l'on est pour aller à la rencontre de Dieu. Et rencontrer Dieu est un acte fondateur, un rite initiatique. Il n'est donc pas étonnant que toutes les grandes religions connaissent une forme de pèlerinage. Le judaïsme est même fondé sur un grand pèlerinage : l'Exode.

A Maurice cela fait partie de notre façon inculturée de vivre le Carême que de faire un pèlerinage de «14 Eglises» ou d'aller aux XL-Heures. Certes, ce n'est pas une «obligation» à mettre sur le même plan que le jeûne et l'abstinence ; mais c'est une démarche populaire que les gens aiment pratiquer et qui a toute sa valeur. Bien que ce soit aussi possible de faire un pèlerinage à n'importe quel moment de l'année, le Carême est un moment favorable. N'est-il pas le cheminement vers Pâques, le moment où nous renouvelons notre baptême et notre engagement envers le Christ?

Pour nous, chrétiens, même si nous savons que c'est Dieu lui-même qui vient vers nous, il nous paraît tout aussi naturel de faire la démarche vers Lui. Faire un pèlerinage traduit aussi notre désir de marcher avec le Christ Jésus. Et c'est important pour nous de le faire en groupe, de vivre notre Foi de manière communautaire. Le Carême se vit avec d'autres. Se mettre en route avec d'autres, en Eglise, est important. Notre recherche personnelle est en même temps contribution à la construction du corps du Christ. Nous sommes des humains et nous avons besoin de signes et de gestes concrets pour vivre notre foi. Faire un pèlerinage ensemble correspond à ce besoin.

Cet aspect communautaire est davantage souligné quand le pèlerinage est organisé et proposé comme une démarche paroissiale. Quand j'étais à la paroisse de Notre-Dame-de-La-Visitation, Vacoas, nous préparions et animions les pèlerinages avec les responsables de différents quartiers. Et la messe d'envoi, avec bénédiction des pèlerins constituait un temps fort.

Bien sûr que les dérives sont possibles. Il faut veiller que le pèlerinage ne devienne pas un pique-nique déguisé ! Et que les temps de prière soient plus une vraie liturgie plutôt que l'accomplissement de certains rites «magiques». D'où l'importance de bien préparer et animer le pèlerinage. L'équipe d'animation prendra soin de planifier l'itinéraire pour permettre aux pèlerins de participer à une messe entière et de ne pas débarquer dans une église où une célébration est en cours. Un contact préalable avec le curé ou le sacristain de la paroisse peut arranger beaucoup de choses.

Sylvio Lodoïska, prêtre


Face aux difficultés que connaît le pays, notamment sur le plan économique, et les problèmes que doit faire face l'Eglise catholique, Mgr Maurice E. Piat adresse ce message à tous : «Ayez le courage d'espérer.» C'est ce que dit l'évêque dans sa lettre pastorale de carême 2007, qu'il a présentée lundi et qui est disponible à Rs 40 dans toutes les paroisses. Le livret est accompagné d'un CD du texte, lu en kreol par l'évêque lui-même, afin que le message soit accessible à un plus grand nombre.

Dans sa lettre, Mgr Piat fait part de son état d'âme face à ce que vivent tous les Mauriciens dans le cadre des réformes économiques et de leur impact dans la vie des gens. Il parle aussi du départ de plusieurs jeunes prêtres du diocèse, ce qui a bouleversé de nombreux catholiques.

Face aux transformations profondes que connaît le pays, dues à la mondialisation et à la disparition des protections internationales, l'évêque invite chacun à la solidarité - source d'espérance - envers ceux qui sont les plus vulnérables. Il lance aussi un appel à ceux qui n'ont pas besoin de subventions. Qu'ils y renoncent afin que ceux qui en ont le plus besoin puissent en profiter.

Mgr Piat fait aussi un plaidoyer sur la situation de l'Eglise d'aujourd'hui, qui doit évoluer pour son avenir. Pour lui, une Eglise qui a de l'avenir est une Eglise qui sait transmettre la foi ; qui croit que son rayonnement dépend des témoignages qu'elle porte de l'évangile ; et où il y a la coresponsabilité entre prêtres/religieux/religieuses/laïcs pour porter ensemble la mission.

Contrairement à ses précédentes lettres, Mgr Piat invite tous les fidèles à lui rendre une réponse en se regroupant dans les services et mouvements ou dans les paroisses. Un condensé des réponses sera présenté en première partie de la Marche de charité prévue le dimanche 17 juin au Thabor. Pour cette 25e édition de la marche, la formule va changer et ce rendez-vous annuel pour la collecte de fonds pour financer les études des séminaristes portera le nom Marcher pour appeler. Nous y reviendrons.

Jean-Marie St-Cyr

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