Allégement de la pauvreté


Préparation d'un plan
de trois ans pour le Trust Fund

Après plus de 10 ans de présence dans le paysage rodriguais, le Trust Fund pour l'intégration des groupes vulnérables intensifie son action sur le terrain. Depuis sa création en mars 1999, cet organisme a financé plus de 600 projets de développement à Rodrigues et ce dans différents secteurs : éducation, social, formation et logement. Ces financements ont permis à différentes ONG de réaliser leurs projets allant dans le sens de l'allégement de la pauvreté. Les projets les plus remarquables restent la construction de maisonnettes, la construction des track roads et la construction de certains centres communautaires. Le projet de logement, en partenariat avec les communautés villageoises, a permis à 1 098 familles de bénéficier d'un abri décent. Plus de 15 km de chemin bétonné facilitent l'accès aux différents coins de l'île. Le Trust Fund a aussi financé les études de 48 étudiants qui poursuivent des études supérieures à travers le prêt universitaire. 188 entrepreneurs ont emprunté du fonds de microcrédits, qui finance des projets allant jusqu'à Rs 50 000. Total déboursé : plus de Rs 148 M.

Après ce grand exercice d'évaluation, le Trust Fund prépare son plan pour trois ans. Des consultations sont effectuées sur le terrain avec les différents partenaires tels les présidents de villages et les différentes ONG. Ces rencontres ont pour but de rassembler des données afin de cibler les demandes en projets et les poches de pauvreté. Les présidents des communautés villageoises ont à présenter leurs différents projets pour améliorer la vie des villageois et diminuer la pauvreté. Le travail se fait par région et chaque région présentera une liste de projets prioritaires lors d'une grande assemblée. Ce travail sera présenté en mars prochain, lors de la prochaine visite du Conseil d'administration du Trust Fund à Rodrigues.

Jean Teddy Labour


Abolition de l'esclavage


Ki nou ti été ? Kot nou été ?

Ki nou anvi devini ?

Le 4 juin 1839, la petite population d'esclaves de Rodrigues est affranchie. Ces ex-esclaves se retrouvent libres sur une petite île, après avoir été déracinés des côtes d'Afrique et de Madagascar. Beaucoup s'installent dans les hauteurs et deviennent des agriculteurs et des éleveurs alors que d'autres s'installent sur la côte et deviennent des pêcheurs. L'histoire nous rappelle que certains n'étaient point heureux par cette annonce, car cela équivalait à l'application de certaines lois et règlements. Le Rodriguais a toujours aimé sa liberté, même limitée. Une culture et un peuple se développent paisiblement sur une petite île, éloignée de leur terre natale. Ils reproduisent certains rituels qu'ils ont emportés dans leurs mémoires et dans leurs cœurs. Les terrains aux flancs de collines sont exploités pour subvenir aux besoins des nouvelles familles, les premiers Rodriguais.

172 ans après, ces mêmes fils et filles d'esclaves se sont retrouvés au Centre Carrefour pour fêter dignement et pour réfléchir sur la place de cet évènement aujourd'hui. C'est à l'initiative du Groupe socioculturel que cette rencontre a eu lieu. La réunion a débuté avec beaucoup d'émotion, tout le monde s'est donné l'accolade pour se souhaiter bonne fête. Une façon originale pour s'approprier cette fête. Des mots sortaient spontanément : fierté, solidarité, liberté, autonomie... Le thème était très parlant et empreint de dynamisme :
Ki nou ti été ? Ki nou été ? Ki nou anvi devini ?

C'est en carrefour que les deux équipes ont partagé sur les répercussions de ces questions pour eux aujourd'hui. Voici quelques points partagés : les participants ont souligné que nos ancêtres sont partis de rien pour créer une culture et une langue propre à nous. Nous avons passé d'une culture de la peur vers la confiance et une plus grande estime de soi. Un peuple, une langue, une musique et une manière de vivre se sont développés à partir de différents apports. Quant au deuxième carrefour, les points forts exprimés sont le chemin parcouru pour arriver à l'autonomie, une plus grande estime de soi et notre affirmation en temps que peuple. Le Rodriguais est aujourd'hui plus éduqué et ouvert sur le monde. Pour la troisième question, les participants se sont exprimés sous forme de rêves et d'engagement pour Rodrigues.

Quatre points forts ont retenu l'attention des participants :

1. Il faut faire un effort pour connaître notre histoire et pour la faire connaître.

2. Un effort spécial doit être fait dans le domaine économique afin d'encourager la production.

3. S'approprier des fêtes qui touchent le peuple. Ne pas dépendre uniquement de ce que les autorités organisent pour les célébrations.

4. Avoir toujours le souci de valoriser le Rodriguais .

Une prochaine rencontre est fixée en de juillet pour voir comment dans les différents lieux d'engagements de chacun ces quatre points ont été vécus.

Jean Teddy Labour


Line
retour