p.11foto1

Post-9 février

OPR : le président de l'Assemblée doit démissionner

Les élus de l'Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) ont réuni la presse dans les locaux de l'Assemblée régionale après la séance du vendredi 9 février pour commenter l'actualité politique. Le leader, Serge Clair, a déclaré que l'OPR avait déposé une motion de blâme contre le président de la Chambre, Joseph Chen Lye Lamvohee, parce que, selon son parti, ce dernier s'était comporté comme un politicien en accompagnant le Chef-commissaire au poste de police de Port-Mathurin. L'OPR lui reproche également sa participation à un défilé politique alors qu'il habitait un bâtiment du gouvernement. «Par son comportement, il dégrade la valeur de cette Assemblée», a déclaré Serge Clair.

Arlette Perrine Begué a estimé que «c'est un jour sombre pour l'Assemblée régionale». Elle considère que les élus de l'OPR ont été interdits de parole par la présidente de séance accusée de ne pas maîtriser les Standing Orders. Elle estime qu'une motion de la majorité n'a pas automatiquement préséance sur une motion de l'opposition. «Il n'est pas normal que ce soit les huit membres de la minorité qui convoquent l'Assemblée pour débattre d'une motion de la majorité. La pratique parlementaire veut que l'on passe au vote pour savoir quelle motion débattre en priorité», a-t-elle déclaré.

Elle s'est élevée contre «l'arrogance de la majorité» et a déploré que la minorité ne puisse faire entendre sa voix à l'Assemblée. Elle a affirmé que nulle séparation de pouvoir existait entre l'Assemblée régionale et l'exécutif. «C'est horrible et c'est contraire à la démocratie.»

Par ailleurs, l'OPR s'est également élevée contre le transfert de fonctionnaires de l'Assemblée régionale ainsi que l'utilisation d'un véhicule par le président de l'Assemblée régionale, alors que «ce véhicule doit être utilisé dans le cadre d'un projet financé par l'UNDP».

L'OPR a conclu sa conférence de presse en réclamant la démission du président de l'Assemblée régionale.

Benoit Jolicoeur

Line

Politique


Séance houleuse

à l'Assemblée régionale

L'Assemblée régionale de Rodrigues a vécu une séance houleuse le vendredi 9 février dernier. La Chambre régionale avait été convoquée en séance spéciale suite à une motion de blâme contre la présidence déposée par Arlette Perrine-Bégué, de l'Organisation du peuple de Rodrigues (OPR). Présidée par Lordana Meunier, vice-présidente de l'Assemblée, cette session a vu, au contraire, être débattue une motion de confiance déposée par Johnson Roussety, le Chef-commissaire. Ce qui a provoqué un walk-out des huit élus de la minorité.

A l'ouverture de la session, Lordana Meunier a informé la Chambre que la motion déposée par le Chef-commissaire en faveur de la présidence avait préséance sur tout autre point à l'ordre du jour. Arlette Perrine-Bégué et Nicholson Lisette ont alors tenté de soulever plusieurs points d'ordre (Points of Order) avant que Johnson Roussety ne présente sa motion. Les deux élus de la minorité n'ont pu développer leurs arguments, vu qu'ils étaient systématiquement interrompus par des points d'ordre venant d'élus de la majorité.

Selon Johnson Roussety, la pratique à Westminster veut qu'une motion de confiance déposée par un membre du gouvernement ait préséance sur une motion de blâme déposée par un membre de l'opposition. Accusant la minorité de ne pas connaître les pratiques parlementaires, le Chef-commissaire a attaqué la minorité, raillant le dépôt d'une motion de blâme alors que les travaux parlementaires n'ont pas encore débuté. Il a rappelé que la minorité n'avait pas présenté de candidat au moment de l'élection de l'actuel président de l'Assemblé régionale en décembre dernier. Il a accusé l'opposition de comploter afin de déstabiliser son gouvernement. Le Chef-commissaire a cité l'exemple de la contestation du siège de Louis Ange Perrine et des nombreux courriers envoyés régulièrement dans les ministères mauriciens pour blâmer son gouvernement. Il a réitéré sa confiance en la présidence de Joseph Chen Lye Lamvohee.

Déposition consignée

Intervenant après le Chef-commissaire, Arlette Perrine-Begué a précisé que sa motion de blâme n'est pas une action personnelle contre le président de la Chambre. La minorité avait accepté son élection en décembre dernier, mais lui reproche son comportement partisan lors d'un incident à Port-Mathurin le 14 janvier dernier. L'élue Perrine-Bégué a estimé que le président de l'Assemblée régionale n'aurait pas dû accompagner le Chef-commissaire au poste de police de Port-Mathurin suite à l'agression dont a été victime un fonctionnaire.

Invitée à venir étayer ses accusations, l'intervenante a déposé une copie de la déposition faite à la police ce jour-là. Des Points of Order ont été soulevés des deux côtés de la Chambre alors que la présidence a rappelé à l'ordre en de nombreuses occasions l'élue Perrine-Bégué, accusée de contester l'autorité de la Chairperson. Ce qui a provoqué le walk-out des élus de l'OPR.

La commissaire Marie-Thérèse Meunier, de la majorité, est alors intervenue devant des travées vides de la minorité. Elle a réitéré la confiance du gouvernement régional dans les compétences et l'impartialité du président de l'Assemblé régionale.

Résumant les débats, Johnson Roussety a affirmé qu'il ne trouvait rien de mal à ce que le citoyen Joseph Chen Lye Lamvoye accompagne le président de son village au poste de police. Il s'est également demandé comment une copie d'une déclaration faite à la police pouvait se trouver entre les mains d'autres personnes. Il a déclaré que cette situation portait atteinte à la liberté des citoyens et a mis en cause la confiance dans la police. «Le Premier ministre sera informé de cette affaire,» a-t-il annoncé.

Passé au vote, la motion de confiance au président de l'Assemblée régionale a été adoptée par la majorité régionale.

Benoît Jolicœur

retour aller