Lindsay Furlong

50 ans de sacerdoce

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Voilà une nouvelle qui réjouira du fond du coeur ceux et celles ayant eu le bonheur et le privilège de bénéficier des services, pleins de fraternité évangélique, de l'abbé Lindsay Furlong, pendant le demi-siècle écoulé. Il célèbrera, en effet, le samedi 24 février prochain, son jubilé d'or sacerdotal. La paroisse Sainte-Thérèse d'Avila, Curepipe, sa paroisse natale et dont il est le vicaire dominical, se prépare à célébrer dignement cet événement considérable dans la vie d'un prêtre, donnant lieu aux plus émouvantes des actions de grâces à Dieu, pour tout le bien qu'Il peut faire autour de nous à travers des moyens humains si disproportionnés par rapport aux grâces abondantes qu'Il répand autour de nous par ses humbles serviteurs.

Humanisme

Humilité illimitée du dévoué serviteur de Dieu. On ne peut mieux résumer Lindsay Furlong, sa vie, ses pensées les plus profondes, son humanisme (également sans borne), son sens de l'amitié irréprochable, son ministère sacerdotal également consacré à Dieu, son Père Miséricordieux, et à ses frères et sœurs en Jésus-Christ. Il se sait possible point de rencontre. Cela suffit en plénitude à sa soif inextinguible de partager les grâces reçues d'en haut.

De l'Evangile de son Christ, Lindsay privilégie Son amour pour les humbles, pour ceux ne cherchant pas à briller mais trouvant le bonheur à occuper les dernières places, celles des serviteurs de Dieu et des hommes. Il est à l'aise lorsqu'il passe inaperçu, tout heureux de pouvoir offrir ses services, quand tous les beaux parleurs et autres Rambos spirituels s'éclipsent prestement après avoir fait étalage de leur bagout. C'est alors que des âmes en détresse sont heureuses de découvrir son généreux sens du service, de le savoir toujours prêt à se multiplier pour venir en aide à ceux qui s'adressent à lui, parfois même pour les missions les plus délicates et exigeantes. Il ne se dérobe jamais quand le devoir sacerdotal l'ordonne, quand l'amitié l'exige. Son sens de service lui procure alors des énergies insoupçonnées. Il possède un sens du service et de l'entraide à soulever les montagnes.

Obéissance assumée

L'effacement chez lui n'est surtout pas un quelconque masochisme. Il sait ce qu'il veut et sait tenir tête. Il n'a jamais peur de dire ce qu'il pense, à qui de droit, au risque même de déplaire. Cela dit, les pendules ainsi remises à l'heure, il retrouve sereinement son sens de l'obéissance et de la discipline qui fait aussi la force des armées célestes. Il se soumet d'autant volontiers que sa soumission n'est pas capitulation mais obéissance assumée, transcendée, au point d'ébranler le commandeur. Mgr Jean Margéot savait ce qu'il faisait quand il le nomme secrétaire de son conseil diocésain, autrement dit son Conseil des ministres de Dieu.

Il y a, bien sûr, sa solide formation ecclésiastique, sans ostentation mais pleine de bon sens et de simple sagesse. Il y a aussi la formation scoute, vécue en plénitude aux côtés des abbés

Henri van Kesteren, Guy Mamet, Jean Margéot, de Paul Jean Gellé, d'Amédée Nagapen, de Gérard Nulliah. Il y apprend le sens du devoir, de la responsabilité, du sacrifice, de la B.A. de chaque jour, pardon ! de chaque heure. Et ce ne sont pas paroles en l'air. S'il les dit c'est qu'il se sait prêt à les vivre jusqu'au bout des exigences évangéliques. En plein cyclone Carol (janvier/mars 1960), alors que la cour de l'église de la Visitation et du presbytère paroissial n'est plus qu'un torrent impétueux, il se souvient de l'exhortation évangélique : «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime». Il n'hésite pas à risquer la sienne pour secourir les membres d'une famille, craignant à tout moment d'être emportés et jetés dans les eaux en furie d'une rivière voisine. Ce sauvetage lui vaut de recevoir la médaille de la Silver Scout Cross. Il peut minimiser son geste tant qu'il veut. Nous, ses amis, savons qu'il a risqué, ce jour-là, son présent jubilé d'or sacerdotal. Nous ne l'oublierons jamais.

Amitié

Lindsay Furlong a toujours placé son fructueux apostolat sous le signe de l'amitié. Amitié d'abord avec Dieu. A l'entendre parler de Celui-ci avec un tel naturel, une telle simplicité, nul ne peut douter de la sincérité de ses propos et de ses sentiments. Sa force est de savoir, sans l'ombre d'un doute, qu'un Dieu-Ami chemine à ses côtés, prêt à venir à la rescousse quand il sent ses forces défaillir. Amitié ensuite avec le presbyterium et son chef, l'évêque de Port-Louis, Mgr Jean Margéot et Mgr Maurice Piat. Amitié profonde et durable ensuite avec ceux et celles que son Seigneur et Ami place sur sa route. Il ne s'agit jamais d'une camaraderie superficielle. C'est plus qu'une amitié. Cela devient un pacte de fraternité. Il pousse même l'amitié à se faire adopter par ses amis pour être mieux adopté par eux et ne former plus qu'un en Jésus Christ. Un demi-siècle de sacerdoce, mais autant de demi-siècles d'amitié, nouée dès ses premières années de sacerdoce. Ses paroissiens de Vacoas en savent quelque chose et lui en savent toujours gré. Nous ne pouvons oublier les lumineuses années de son fructueux vicariat à la Visitation.

Ceux et celles, ayant eu le bonheur et le privilège de bénéficier de la féconde amitié de Lindsay Furlong, se feront un devoir mais surtout un plaisir d'être à ses côtés pour rendre grâces à Dieu de ce demi-siècle de sacerdoce fraternel. Et nous nous ferons un devoir mais aussi une joie de lui offrir les moyens de continuer à répandre le bien autour de lui.

Yvan Martial

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