Paul Lam Kwoh Hing : «Retraite :
la tendance va aujourd'hui
vers des plans contributifs»

p.5foto1

A l'heure où les syndicats craignent que le Pay Research Bureau (PRB) ne démantèle la pension non contributive des fonctionnaires, Repères proposent de faire le point avec Paul Lam Kwoh Hing, Senior Manager de la Pensions Departement de l'Anglo-Mauritius.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne un plan de retraite ?

Il y a deux types de plans de pension de retraite : le Defined Benefit Scheme et le Defined Contribution Scheme.

Le Defined Benefit Scheme définit au départ la formule pour calculer le montant de la pension, qui est basée sur le salaire et les années de service de l'employé. Ainsi, l'employé peut connaître, dès le début, le pourcentage de son dernier salaire payable comme pension au moment de sa retraite.

Dans ce cas, l'actuaire détermine le taux de cotisation adéquat pour financer le plan en prenant aussi en considération les facteurs tels que les futures augmentations de salaires, le taux de rémunérations, etc. Les cotisations de l'employeur et des employés, si le fonds est contributif, sont ensuite versées dans des fonds d'investissements gérés par des Fund Managers. Quand l'employé atteint l'âge de la retraite, sa pension, calculée d'après la formule agréée, est payée de ces fonds. Il a l'option de prendre jusqu'à 25% de sa pension en forme de lump sum et sa pension est réduite à 75% du montant initial.

Le Defined Contribution Scheme, par contre, fixe dès le départ le montant de cotisations, versé dans des fonds d'investissements. Donc, la pension dépendra du montant accumulé par l'employé durant sa carrière et n'est pas connue d'avance. Le montant de cotisations fixé et payé par l'employeur est basé sur un pourcentage du salaire de l'employé. Dans certains cas, l'employé est aussi appelé à y contribuer.

Tout comme sous le Defined Benefit Scheme, le Defined Contribution Scheme permet aussi à l'employé de prendre jusqu'à 25% de sa pension sous forme de lump sum et sa pension est réduite à 75% du montant initial.

La presse fait état depuis peu d'une éventuelle contribution des fonctionnaires au fonds de pensions. Cette proposition a tout de suite suscité un tollé chez les syndicalistes avec un discours très précis : celui des «droits acquis». Comment réagissez-vous ?

C'est une question délicate. C'est vrai que les fonctionnaires ont toujours considéré une pension non contributive comme un droit acquis. Mais c'est aussi vrai que les pensions non contributives pèsent de plus en plus lourd sur les finances gouvernementales.

Il faudra trouver une solution pour satisfaire toutes les parties concernées.

Qu'en est-il du secteur privé ? Comment son personnel finance-t-il sa retraite ?

Dans le secteur privé, de nombreuses sociétés ont un plan de retraite pour leur personnel. Auparavant, la majorité des plans de pension était non contributive mais aujourd'hui, la tendance va plutôt vers des plans contributifs, et ce, surtout avec l'avènement du règlement sur la «Portabilité» en vigueur depuis juillet 2000. Sous ce règlement, un employé ayant complété cinq années de service ou plus, a droit automatiquement à sa cotisation et à celle de son employeur aussi.

D'autre part, ils sont nombreux les employés qui ont contracté un plan de pension personnel avec une compagnie d'assurance afin de top-up leur pension.

Quelles pourraient être les propositions des maisons d'assurance en cas de démantèlement de la pension de retraite des fonctionnaires ?

La plupart des plans de retraite des compagnies du secteur privé à Maurice sont déjà administrés par des compagnies d'assurance qui sont parfaitement équipées pour faire face à toute situation qui se présenterait.

retour