Messe du 1er Février


Jacques-Henri David :
«Faire d'un peuple une Nation solide»

La messe marquant l'abolition de l'esclavage, le 1er février 1835, s'est déroulée, cette année, à l'église Saint-Matthieu, à La Tour-Kœnig. Lors de son homélie, le père Jacques-Henri David s'est appesanti sur l'importance de divers événements de notre histoire, même s'ils sont douloureux : ces événements, il nous faut, tous, nous les approprier pour construire une Nation solide et solidaire.

Le père David a tenu à rappeler que l'île était vierge de tout être humain avant la colonisation hollandaise. «C'est de cette forêt vierge qu'un peuple est né», a-t-il avancé. Faisant le parallèle entre la végétation indigène et les esclaves, il a affirmé que «le peuple des esclaves a passé par le marronnage pour connaître la liberté».

Cet aspect est en lien avec notre foi, a ajouté le prédicateur. «Laissons le regard de Jésus se poser sur notre histoire.» Et cette relecture de notre histoire nous permet, a-t-il signifié, d'apprécier l'histoire d'un peuple qui «plonge ses racines dans la résistance et qui évolue, avec le temps. Graduellement, ce peuple affirme ses qualités».

«Souvenons-nous de ces quatre hommes et du paralytique de l'Evangile. Ils ne peuvent rejoindre Jésus. Ils sont totalement exclus. Alors, zott bizin tracé, organisé, fair zott prop semin pou capav arriv akott Jesus. Pour cela, ils ont eu besoin de persévérance, de jouer des coudes.»

Les efforts de ces quatre hommes et du paralytique émeuvent Jésus, qui porte un regard positif sur leur démarche. Puis, Jésus parle de la foi et du pardon des péchés. Il signifie ainsi sa solidarité avec ces cinq hommes. Enfin, après sa guérison, c'est l'ancien paralytique qui porte le brancard. «Il y a inversion des rôles», rappelle le père David, avant de souligner toute la solidarité vécue par les esclaves marrons et de leur désir de vivre une vraie liberté.

«Poser le regard du Christ sur le marronnage, c'est rappeler ces valeurs transmises par ce désir de liberté. C'est également nous dire qu'il reste encore un long chemin à parcourir pour que cette solidarité se manifeste aujourd'hui pour que, de notre peuple nous fassions une vraie Nation», a conclu le père Jacques-Henri David.

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