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VIH/Sida


Intensification des diverses campagnes

La situation du VIH/sida devient de plus en plus alarmante et divers partenaires (ministères, ONG, chefs religieux et Nations unies) comptent se serrer les coudes pour un meilleur partenariat en cette année 2007. Certains prônent l'abstinence et la fidélité comme moyen de prévention le plus sûr. D'autres ajoutent que l'échange de seringues et le port du préservatif sont tout aussi importants.

Faire entendre leur voix au niveau mondial. Telle est la résolution de Youth Alive. Suite à la rencontre de Durban en janvier 2005, les membres se sont rendu compte qu'il n'y a «pas assez de force». D'où une conférence interafricaine à l'île Maurice du 6 au 11 août prochain, séminaire qui regroupera deux représentants de quinze pays d'Afrique où Youth Alive est présent. Le thème de la conférence sera Youth Alive, a net-work for an on-going positive and healthy lifestyle. Danielle Laville, responsable de cet organisme, met l'accent sur l'abstinence avant le mariage, la fidélité pendant le mariage et le character-building.

Force spirituelle

Comment parvenir à vivre cela ? A cette question, Danielle Laville répond qu'une force spirituelle (toute religion confondue) est nécessaire. «A travers laquelle la personne pourra build son caractère et dire non à toute forme de drogue et de comportements malsains.» Elle déplore que trop souvent le sida est lié à la drogue. «On néglige l'aspect relation sexuelle avec une personne déjà infectée.»

La même chose pour le Groupe A de Cassis, qui prône également l'abstinence et la fidélité. «La character-building et la capacity-building sont importantes», explique son porte-parole, Cadress Runghen. «Les jeunes doivent être conscients qu'ils ont une capacité de construire leur personnalité et qu'ils ont du potentiel.» Ainsi, la campagne anti-Davis redémarrera dans un proche avenir afin de continuer à sensibiliser les gens. Un calendrier d'activités pour l'an 2007 sera discuté autour de tous les partenaires le 2 février.

Par ailleurs, avec l'ouverture de Lacaz A en décembre dernier, beaucoup d'accent sera mis cette année sur l'accueil et l'accompagnement. L'objectif du Groupe A de Cassis est d'y mettre une permanence. Un appel est ainsi lancé à tous ceux et celles qui désirent donner un peu de leur temps aux victimes du sida et de la drogue.

Programme d'échanges de seringues

«On veut faire la promotion de l'abstinence sans peut-être se rendre compte que nos auditeurs ont besoin avant tout d'explications, de repères et d'outils pour y arriver» : constat du Dr Joy Backory, point focal de l'Onusida à Maurice.«On est là pour soutenir l'action du pays et de la société civile.» Une des mesures immédiates est un traitement de substitution afin de lutter contre le VIH/sida.

Comme ce traitement de substitution prendra cinq ans afin de toucher toutes les victimes, un premier programme d'échanges de seringues, qui touchera tout le monde, sera lancé très prochainement, explique le Dr Backory. «Ce programme d'échange de seringues devient donc un programme important, transitoire et

intégrant de la politique de réduction de drogués à Maurice», fait ressortir le point focal de l'Onusida. C'est un programme qui vise à collecter les seringues potentiellement contaminées, à les détruire et à permettre aux drogués de se procurer de seringues stériles dans l'attente d'une prise médicale.

Par ailleurs, l'Onusida aidera le gouvernement à élaborer une stratégie de communication sur le VIH/sida. Un bureau de secrétariat national afin de lutter contre la maladie à Maurice sera bientôt institué.

Sensibilisation, formation et surveillance

La Commission de l'océan Indien (COI) est aussi là pour soutenir les programmes nationaux. Son projet consiste à donner son appui à l'initiative régionale de prévention du VIH/sida et les IST (infections sexuellement transmissibles) dans les pays membres de la COI. «Son plan comportera trois axes : sensibilisation, formation et surveillance», souligne le Dr Renaud Ng Man Sun, administrateur de cette cellule à la COI.

En ce début d'année, diverses campagnes de communication sont en cours afin de sensibiliser les populations de la région. D'autre part, une série de formation vont démarrer en avril prochain et touchera enseignants, gens de la mer, journalistes et «écoutants» des numéros verts. Des membres du corps médical et paramédical vont aussi être formées tant au niveau théorique que pratique à l'île de La Réunion et à Madagascar. La surveillance de l'épidémie est aussi prévue. Une antenne, dans chaque pays de l'océan Indien, observera l'évolution du VIH/sida et alimentera, à travers des données, l'observatoire régional.

Pragmatique et structuré

«Le problème des usagers de la drogue s'aggrave», s'exclame Nicolas Ritter, de l'association Prévention, information et lutte contre le sida (Pils). D'où l'importance pour Pils de renforcer son équipe de volontaires, qui compte déjà 150 à 200 réguliers. Pour l'an 2007, Pils se veut être plus «professionnel, pragmatique et structuré» afin de pouvoir lutter contre le VIH/sida, qui se propage à très grande vitesse, lance Nicolas Ritter. Son équipe travaille avec divers partenaires nationaux et internationaux. Toute une campagne de prévention, d'information et de communication est prévue cette année. D'une part, au niveau de diverses entreprises où Pils est sollicité ; et, d'autre part, dans des collèges. Pour ce qui est de la communication, Pils travaille de pair avec le gouvernement sur une stratégie. Il organisera aussi des rencontres avec les familles de diverses zones rurales. La campagne se prénommera sidaware. Ce sera l'occasion de discuter avec des outils visuels, explique Nicolas Ritter, qui précise que «50% des contaminées sont des femmes au foyer».

De plus, une campagne sida-info démarrera bientôt avec un numéro hotline dans toute la zone de l'océan Indien. Dans quelques semaines, Pils aura son site Web. Sans oublier la candlelight, qui revient encore une fois le 3e dimanche du mois de mai.

Sandra Potié

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