En avant pour les 160 ans
du diocèse

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Ceux, qui ont milité en faveur de la célébration des 150 ans du diocèse de Port-Louis, quelque peu hypothéquée par l'organisation grandiose et absorbante du récent colloque de notre catholicité, ne peuvent que se réjouir de l'enthousiasme, manifesté en hauts lieux, pour la célébration mobilisante des 160 ans de notre diocèse, encore que, passé un certain âge, l'usage veut qu'on s'en tienne aux anniversaires de quarts de siècle.

Les 160 ans de notre diocèse nous interpellent à plus d'un titre d'ailleurs. Avant d'être diocèse, il fut vicariat apostolique et même de près de la moitié de l'hémisphère Sud (Amérique du Sud, Asie du Sud-Est et Océanie non comprises). Les Mauriciens attendirent certes que leur vicariat apostolique, bien vite démembré, devienne diocèse, en 1847, pour commencer à parler de cathédrale Saint-Louis au lieu d'église paroissiale. Ils n'attendirent toutefois pas la création du vicariat apostolique de Rodrigues pour parler de la «cathédrale de Saint-Gabriel». De même les «vicaires apostoliques» de notre cathédrale des Pauvres, aux Cassis, furent longtemps tributaires du curé de l'Immaculée-Conception avant de devenir curés autonomes et détachés.

Les travaux de réparation en cours, à la cathédrale Saint-Louis, nous renvoient, bien sûr, aux nombreux déboires de ses constructions, rénovations et autres lézardes successives, dues probablement à un glissement de terrain chronique, causé sans doute par l'affaissement graduel de la Petite-Montagne-de-la- Découverte, aussi connue comme la Citadelle et que couronne un Fort-Adélaïde en quête d'utilité publique. Reste à savoir comment cette tendance historique à l'affaissement et au glissement de terrain se conjuguera à l'avenir avec le projet de parking souterrain en aval du bâtiment cathédral inauguré en 1933.

Patrimoine architectural

On frémit à l'idée que d'aucuns et non des moindres peuvent agiter l'idée d'un financement d'Etat dans la rénovation de la cathédrale Saint-Louis, sous prétexte que ce monument, chargé d'histoire et pas seulement religieuse, fait partie du patrimoine architectural national. Nous savons, surtout depuis certaines velléités de mainmise sur nos écoles et collèges catholiques et leur valeur pas seulement foncière, sous prétexte de prétendus subsides publics, qu'il faut craindre le gouvernement et la classe politico-syndicale même quand ils nous font des offrandes. Dans cette brèche, ils glissent d'abord un doigt, puis un bras, le corps tout entier, et les voilà voulant s'installer majoritairement au sein de nos conseils d'administration et vouloir jusqu'à nous imposer les cantiques à chanter au cours de nos cérémonies, contrôler les prix de nos cierges, médailles et chapelets.

Le projet d'une mobilisation diocésaine, pour la célébration grandiose des 160 ans de notre cathédrale Saint-Louis, est d'autant excellent et prometteur que le public ciblé se trouve être nos jeunes. On peut y entrevoir, en effet, les prémices d'une meilleure prise de conscience de notre appartenance à une histoire religieuse longue de trois siècles. Tant mieux si cela fortifie en nous le sentiment de fierté d'appartenir à une communauté religieuse n'ayant guère l'occasion de rougir de son glorieux passé. C'est aussi l'occasion de témoigner notre gratitude à l'égard de tous ceux qui ont moissonné avant nous, à Maurice et ses îles lointaines, pour le compte du Seigneur et Sauveur. Que cette célébration proactive renforce donc en nous l'envie de transmettre un héritage historique encore plus vivant et actif, un flambeau spirituel encore plus lumineux et éclairant, des balises encore plus nettes et visibles, aux générations futures.

Temps de carême

Il faut surtout espérer que les efforts manifestés pour renforcer le prestige de notre cathédrale au sein de notre catholicité, incite chacune de nos églises, chapelles et pas seulement paroissiales, communautés religieuses, établissements scolaires, à écrire davantage leur si belle et si édifiante histoire sur leurs murs, mais aussi sous formes de livrets, de pamphlets, de dépliants, de cartes postales, de cartes de vœux, de bandes dessinées. Que des tableaux d'honneur rappellent ceux qui y ont œuvré à plusieurs titres, comme curés, vicaires, directeurs, collaborateurs, bienfaiteurs, responsables de l'entretien et de leur embellissement. Que les statues, qui ornent nos églises et chapelles, s'accompagnent d'une brève notice biographique mettant en relief les plus belles vertus de ces élus, nous incitant à mettre nos pas dans les leurs.

S'approche le temps pénitentiel et préparatoire du carême et, avec lui, celui des pèlerinages aux sept ou aux quatorze églises. Pourquoi laisser tant de pèlerins bien disposés dans l'ignorance de la geste de Dieu à Maurice par l'intermédiaire des catholiques les plus militants des différentes générations de chrétiens qui s'y sont succédé depuis la prise de possession de notre île par la France ?

Et puisque la commémoration est à l'honneur, cette année, en notre catholicité, cette chronique présentera bientôt, une liste d'événements chrétiens pouvant être fructueusement commémorés, en cette année de grâce.

Yvan Martial

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