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Mgr Maurice E. Piat :


Que la fidélité créatrice
irrigue tous les recoins de l'Eglise !

«Le dynamisme fondateur qui nous a fait naître comme diocèse de Port-Louis, il y a 160 ans,
peut encore nous habiter aujourd'hui. » Propos de Mgr Maurice E. Piat en marge du 160eme anniversaire
du Diocèse de Port-Louis et de l'accession de l'église Saint-Louis au rang de cathédrale.
Et de poursuivre : «Dans les circonstances actuelles, nous aussi sommes appelés à transmettre la foi
en Jésus-Christ, à transmettre l'Evangile que nous avons reçu et à transmettre cette tradition de service.»

Quel est le sentiment qui vous habite alors que le Diocèse s'apprête à commémorer son 160eme anniversaire ?

Je me sens dépositaire, avec les prêtres, religieux (ses), les laïcs du diocèse, d'un riche héritage. Etre érigé en diocèse est une mesure administrative par laquelle le Saint-Siège reconnaissait que la communauté catholique de l'Ile Maurice avait atteint un stade adulte et autonome.

Cette mesure administrative prise par le Pape Pie IX en 1847, intervient au moment où le Père Laval venait d'arriver à l'Ile Maurice six ans plus tôt. C'était aussi le moment où ses premiers compagnons missionnaires arrivaient de France. Deux ans plus tôt, les religieuses de Lorette arrivaient à Maurice, venues d'Irlande.

Ainsi, l'anniversaire du diocèse commémore non seulement une mesure administrative, mais il nous renvoie à ce grand courant prophétique, à ce grand élan de générosité missionnaire, à ce début d'ouverture de l'Eglise aux esclaves récemment libérés et aux premiers pas de l'apostolat des laïcs issus des anciens esclaves comme de la bourgeoisie.

Devenir un diocèse n'a pas été pour l'Eglise de l'île Maurice un simple changement de statut, une simple «promotion». Cela a été comme un moment fondateur : une église nouvelle commençait à naître. Le Père Laval fondait autour des petites chapelles en paille des communautés chrétiennes vivantes dont plusieurs sont devenues plus tard des paroisses ; les religieuses de Lorette, les Frères des écoles chrétiennes, les Sœurs du Bon et Perpétuel Secours, les Filles de Marie, fondaient des écoles pour des enfants pauvres ; les Sœurs du Bon et Perpétuel Secours fondaient des hospices pour lépreux, des orphelinats. Pour moi, c'est ce grand moment de fondation qu'évoque ce 160e anniversaire de notre diocèse.

Dans quel état d'esprit souhaiteriez-vous que les diocésains prennent cet anniversaire ?

Je sens que notre Eglise aujourd'hui, en commémorant ce grand moment de fondation, a la grande responsabilité de devenir fondatrice à son tour. Les paroisses sont appelées aujourd'hui à se refonder sur la base de coresponsabilité vécue dans la fraternité entre prêtres, religieux/(ses) et laïcs et sur la base d'un dynamisme missionnaire retrouvé. Les paroisses ont aussi la responsabilité de fonder des petites communautés de base dans les quartiers, comme les chapelles du Père Laval autrefois. Chaque service, chaque équipe de mouvement a la responsabilité de partager l'héritage reçu en fondant de nouvelles équipes. Les collèges et les écoles catholiques sont appelés à retrouver la source missionnaire qui les a fait naître et à reconstruire un projet éducatif plus inclusif des faibles et des pauvres, et axé sur le développement de chaque personne plutôt que sur le succès académique.

Le dynamisme fondateur qui nous a fait naître comme diocèse de Port-Louis il y a 160 ans peut encore nous habiter aujourd'hui. Dans les circonstances actuelles, nous aussi sommes appelés à transmettre la foi en Jésus-Christ, à transmettre l'Evangile que nous avons reçu et à trans

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