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pour ouvrir davantage les conditions d'accès. Soit alors, entrer dans la continuité de la filière prévocationnelle pour mener la scolarité de chaque enfant jusqu'en Form V c`est-à-dire le mener à achever un cursus normal d'éducation secondaire c'est-à-dire cinq années de scolarisation postprimaire.

Cette inclusion dans le main stream est conforme au principe de l'Education gratuite, telle que conçue pour 1976 par le Père de la nation, Sir Seewoosagur Ramgoolam ; c'est-à-dire une éducation pour tous, selon le principe de la gratuité, la pluralité et l'égalité. Le temps est venu d'insérer ces centres techniques dans le cadre des discussions en cours sur la fermeture ou la réorientation des collèges secondaires dits substandard dans la consolidation et la continuité du prevocationnel pour tous.

Le début de cette décennie marquée par la décision du Privy Council et le déni de l'Etat des critères propres de l'Église pour l'admission dans ses collèges a donné, a contrario, une impulsion à une nouvelle démarche de démocratisation et d'ouverture à l'intérieur du main stream des collèges catholiques. Il s'agit des modalités d'admission selon le critère de mixité de niveau.

Plus de monopole

Aujourd'hui les admissions en Form I se font selon les critères de mixité contrairement à l'admission par ranking compétitif. Ce qui veut dire que les places ne sont pas le monopole des premiers cracks classés. Tous ceux d'aggregate 15 à 20 ont aussi une chance. Les enfants de zones diverses ­ urbaines, rurales, côtières - peuvent aussi y prétendre avec des chances d'admission, réduites en nombre, certes, mais réelles. Face à la situation antérieure, où seuls ceux, généralement de milieu social aisé, en région urbaine, étaient favorisés. C'est un système ouvert qui donne à tous les enfants une chance d'être admis.

Ce mécanisme d'admission a permis de sortir de la crise judiciaire des 50% et a introduit des éléments d'équité qui offrent à tous les enfants une possibilité d'admission. Il est certain que cette modalité d'admission introduit une dimension sociale nouvelle dans les collèges avec des défis nouveaux. Des impératifs académiques nouveaux aussi qui appellent des renouvellements de l'encadrement humain et d'accompagnement des performances.

En marche avec son temps

Ces défis-là sont graduellement pris en compte à travers l'actuelle mise en place de motivantes initiatives, en complément des programmes officiels. C'est une école catholique, congréganiste et diocésaine, en ordre de marche avec son temps. Une école qui colle de plus en plus aux attentes et besoins de familles. A des nouveaux appels de service aussi.

L'école catholique, à ce niveau, se dégage de plus en plus d'une étroite gaine éducative conventionnelle dont elle était prisonnière et soumise à des pressions dont même, aujourd'hui encore, elle ne s'en est pas tout à fait défaite. Elle entame depuis le début de la décennie une démarche sans doute plus proche des signes de l'Evangile en brassant le plus grand nombre.

Il est manifeste que face aux défis multiples qui se posent à l'École catholique, elle s'est résolument inscrite dans une mouvance d'ouverture avec ses doutes et ses tâtons, nombreux ! mais avec une conviction forte de service et un sens d'objectif qui donne, à chaque enfant de la République, comme aimait à le dire, le cardinal Jean Margéot, «sa chance, si petite soit-elle, mais toute sa chance.»

Serge Ng Tat Chung

L'éducation catholique est présente dans trois secteurs éducatifs : le primaire, le secondaire et les centres de développement et technique. Le primaire comprend 46 écoles répartis sur trois îles du territoire mauricien : Maurice, Rodrigues et Agalega, englobant quelque 20 % de la population estudiantine primaire de Maurice, soit environ 22 000 élèves.

Le primaire catholique est sous la responsabilité du secrétaire de la RCEA, Alain Doolub. Ce dernier est encadré de quatre conseillers pédagogiques à Maurice (Jocelyne Nombro, Jacques Lafitte, Dantès Goder et Nicole Rohan) et d'une à Rodrigues (Marie-Thérèse Agathe). Chaque conseiller pédagogique est responsable d'une zone (le pays est divisé en plusieurs zones), regroupant au total 1035 membres du personnel (enseignant et non-enseignant).

Le secondaire catholique représente 16 collèges : onze collèges de Form I-VI, deux de Form I-V et quatre collèges régionaux. Chacun de ces établissements comprend un département du prévocationnel.

Le secondaire catholique c'est environ 10 000 élèves et 800 membres du personnel répartis dans des établissements coordonnés par des congrégations religieuses, à l'exemple des Soeurs de Lorette et des Filles de Marie, par le diocèse ou encore, à l'exemple du collège Ste-Marie (premier collège catholique payant) par un comité constitué de parents et pédagogues. Au total, l'éducation catholique a la charge de 8% des élèves du secondaire.

Le pays compte deux centres et un collège technique gérés par le Bureau de l'éducation catholique, via le Service diocésain d'éducation technique dont le responsable est le père Vittorio Costanzo.

Ces centres accueillent au total environ 280 élèves. Les formations dispensées s'étendent de la mécanique, à la soudure en passant par la menuiserie et l'électricité.

Les Centres de développement sont des établissements accueillant particulièrement des jeunes adolescents en difficulté scolaire. Les religieuses de Lorette gèrent quatre de ces institutions et six sont gérées par le diocèse. Tous font partis du réseau Adolescent Non Formal Education Network (ANFEN).

Le Bureau de l'Education Catholique reçoit un financement de l'État pour le fonctionnement de ses établissements. Au primaire, ce sont des subventions du gouvernement payées à la RCEA alors qu'au secondaire ce sont des 'grants' de la PSSA, payés directement aux mana-gers des établissements, en tenant compte, entre autres du nombre d'élèves dans chacun de ces établissements.

Quant au technique, ce secteur ne reçoit pas de subventions et coûte environ
Rs 2 M par an, somme contribuée par les

parents, les donateurs et l'Evêché. Il en est de même pour les centres de développement ou d'éducation non-formelle.

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