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La collaboration entre les diocèses de l'océan Indien


La communion et la
co responsabilité en action

Quand on vit dans une petite île, un rocher, au cœur de l'océan Indien, il y a toujours un risque de penser qu'on est le centre du monde, qu'on peut se suffire à soi-même. Tous les problèmes, même les plus petits, prennent une dimension anormale. On peut facilement dramatiser. L'île Maurice prend de plus en plus conscience de cela et veut s'ouvrir pour rejoindre beaucoup d'autres pays qui font face aux grands défis posés en ce troisième millénaire.

Au niveau de l'Eglise, la tentation est aussi grande. Nous pouvons facilement nous fermer sur notre pastorale diocésaine, en oubliant que nous faisons partie de la grande famille de baptisés à travers le monde. Nous pouvons oublier que nous sommes catholiques, en d'autres mots, que nous sommes universels. C'est pourquoi, le Concile Vatican II nous a donné un grand cadeau, en instituant les Conférences épiscopales pour permettre aux diocèses d'une même région de vivre en communion. Permettre aux évêques de porter ensemble la responsabilité pastorale qui leur est confiée.

Il faut souligner, en faisant un peu d'histoire, que des liens très étroits existaient entre les îles : Maurice/Rodrigues/Seychelles /Réunion/Madagascar, parfois, l'Afrique du Sud, à partir des mouvements d'Action Catholique.

Rencontres multiples

De nombreuses rencontres depuis 1965 avaient lieu: Rencontre Interîles entre mouvements JOC/JOCF, dans l'une des îles, puis l'ACI, puis l'ACE/MIDADE/JIC, puis l'Apostolat de la Mer....

Une région se constituant petit à petit, avec des permanents qui assuraient les liaisons entre les mouvements internationaux et les mouvements nationaux. C'est donc en premier lieu, les laïcs qui ont senti le besoin de se rencontrer et de travailler ensemble. Depuis, de nombreux mouvements ont ressenti le même besoin ­ Rosaire, MEJ... A remarquer aussi qu'il y a certaines congrégations religieuses qui se retrouvent dans toutes les îles.

Premier essai

Un premier essai entre évêques a été fait par Mgr Jean Margéot. Il a participé à deux reprises à la Conférence épiscopale malgache 1970-71. Mais il y a eu des problèmes de langue (le malgache). Les réalités pastorales aussi ont été bien différentes. Il y a eu ensuite des réunions inter îles des évêques du sud-ouest de l'océan Indien (sans Madagascar) en 73-74 et 75, périodes qui

ont consisté à faire une plus grande connaissance de chaque diocèse.

En 1976 reconnaissance d'une zone pastorale de l'océan Indien. Mgr Margéot a été vraiment le protagoniste de ces rencontres d'Evêques du sud-ouest de l'océan Indien. Les Comores se rejoignent aux autres îles. Rodrigues aussi participe à ces rencontres.

Le 2 mai 1985 : La Sacrée Congrégation pour l'évangélisation des peuples érige concrètement la Conférence épiscopale d'océan Indien (CEDOI). Mgr Margéot en est le premier président.

Aujourd'hui, la CEDOI continue sa mission de faire la communion entre nos Eglises. Elle est composée de La Réunion/Maurice/les Seychelles/les Comores et de Rodrigues. Les rencontres de la CEDOI ont lieu tous les ans dans une île différente. La rencontre des évêques est toujours précédée par une Avant-CEDOI regroupant des laïcs, des religieux et des prêtres qui étudient un thème proposé par les évêques.

Le thème de la rencontre à la Réunion, cette année, était : Pour une liturgie dominicale missionnaire. Ce thème s'inscrit lui-même dans un long cheminement commencé à la CEDOI depuis 2003. En 2003, aux Seychelles, la réflexion sur l'exercice de l'Autorité dans l'Eglise nous a amenés à prendre conscience que l'autorité a pour but de développer la co-responsabilité dans l'Eglise. Ce fut le thème de 2004 à la Réunion.

En 2005, les participants de l'Avant-CEDOI à Maurice ont poursuivi leur réflexion sur la paroisse missionnaire insérée en pleine pâte humaine. Aux Seychelles en 2006, la relation paroisse/mouvements, mouvements/paroisse au service de la mission a été approfondie. Ces rencontres permettent à nos diocèses de vivre une vraie fraternité évangélique malgré les problèmes propres à chaque île.

Je ne peux terminer ce mot sur la collaboration inter diocèses sans mentionner la réalisation du séminaire interdiocésain, Notre-Dame-de-la-Trinité, à Beau-Bassin, qui accueille les séminaristes des différentes îles pour leurs deux premières années.

Un souhait : que nous tous, laïcs religieux/ses, prêtres et évêques nous grandissions toujours plus dans ce souci d'une collaboration fraternelle pour que l'Evangile soit vécu concrètement sur ces terrains si différents. Une manière d'exprimer de façon concrète que nous sommes catholiques, que nous voulons être universels.

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