Groupement des handicapés de Maurice


«Que nos droits soient respectés»

Fondé vers le début des années 80, le groupement des handicapés de Maurice (GHIM) milite pour la reconnaissance des droits des personnes porteuses d'un handicap en vue d'une meilleure intégration sociale.

Pour l'actuel président, Radakrishna Katherasapillay, toute personne porteuse d'un handicap souffre de la même façon. D'où le souci de l'organisation de regrouper sous une même entité les handicapés physiques, mentaux, les malvoyants, les non-voyants et les sourds-muets.

«C'est dans l'unité que nous pourrons mieux faire entendre notre voix», dit-il, convaincu qu'il est primordial pour tous les handicapes de faire partie d'une association quelconque afin d'être mieux informés de leurs droits et des facilités mises à leur disposition par la Sécurité sociale.

Cheval de bataille

L'un des objectifs du GHIM est la lutte pour la reconnaissance des droits des handicapés, fait ressortir le président, qui en a fait d'ailleurs son cheval de bataille. Il se dit prêt à mener une lutte sans relâche pour y parvenir ; il n'est pas question qu'un handicapé soit lésé ou voit ses droits bafoués, affirme-t-il.

Radakrishna Katherasapillay considère, en effet, que chaque personne porteuse d'un handicap représente une force non négligeable et participe très souvent à l'économie du pays. D'ailleurs, bon nombre, selon leurs capacités et aptitudes, travaillent dans différents domaines.

Pour lui, «ce qu'un handicapé peut faire, un bien portant ne peut pas faire et vice versa». Aussi, laisse-t-il entendre, «il ne faudrait pas éprouver de la pitié pour un handicapé même si on peut être triste pour la personne, car chacun agit selon ses capacités».

Meilleur regard

Il déplore que, dans certains milieux, c'est une honte pour la famille d'avoir un de ses membres handicapés ; ce qui fait que, dans le concret, l'enfant ou l'adulte est

caché, cloîtré dans la maison et se voit ainsi privé des facilités mises à sa disposition.

Il note aussi que certaines familles ne se fréquentent plus parce que l'une d'elles compte un handicapé dans ses rangs. Et plaide pour que les mentalités évoluent et que la société ait un meilleur regard sur les handicapés.

«N'importe qui, à la suite d'un accident de la route ou d'une amputation, par exemple, peut se retrouver handicapé. C'est une situation encore plus dure à vivre que d'être né avec un handicap», laisse-t-il entendre. Aussi lance-t-il un appel pour plus de considérations envers les invalides.

Il souhaite aussi que chaque personne handicapée, particulièrement les candidats à l'amputation, soient informés de leurs droits et bénéficient d'un accompagnement pour mieux vivre cette étape de leur vie.

Difficulté de déplacement

Malgré ses 24 ans d'existence, le GHIM ne compte qu'une cinquantaine de membres actifs. L'explication : beaucoup ne peuvent se déplacer pour participer aux rencontres et activités de l'organisation qui ont lieu chaque dimanche, à la St Andrews School, Rose-Hill. Les membres de l'organisation, venant de différents coins du pays, n'ayant malheureusement pas de moyen de transport à leur disposition.

Selon Radakrishna Katherasapillay, «un handicapé ne devrait pas être mis à
l'écart ou se replier sur lui-même, s'apitoyer sur son sort, mais sortir de sa léthargie pour avancer. Nul ne pourra l'aider s'il croise les bras et ne fait aucun effort
».

Les membres du GHIM peuvent participer à des activités telles que tennis en fauteuil roulant, pétanque ou jeux de société tels dominos ou caroms. Certains membres ont eu la possibilité de participer à des compétitions sportives sur les plan local et régional et de ramener plusieurs médailles.

Jean-Marie St-Cyr

retour