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Face à un enfant malade et qui doit subir une intervention à l'eetranger, quelles démarches faire dans de telles situations ? Qu'en est-il de l'aide gouvernementale ? Au départ, il faut qu'un médecin du privé ou du service public certifie que le malade ne peut être traité localement. Ce dernier passe ensuite devant un comité médical. Si le cas est approuvé, une enquête de la Sécurité sociale certifie que le malade, ou les parents dans le cas des mineurs, ne touchent pas plus de Rs 50 000 par mois.

Après deux semaines, l'État verse l'argent directement à l'hôpital où l'intervention doit être effectuée Soit, une aide de Rs 200 000.

L'Etat n'ayant des accords qu'avec des hôpitaux indiens, le ministère de la Santé se charge de toutes les formalités pour les traitements, y compris l'hébergement et le transfert à l'aéroport.

Pour ceux optant pour d'autres hôpitaux et dont le montant des interventions dépasse les Rs 200 000, les parents doivent trouver la somme supplémentaire et s'occuper eux-mêmes des démarches.

Le recours à une quête publique est une des solutions. Une demande doit être faite au Commissaire de Police pour un permis, délivré dans un délai de 15 jours.

Notons que la quête publique ne sera accordée que si le ministère de la Santé certifie que le traitement ne peut se faire à Maurice et que l'aide de l'État n'est pas
suffisante. Le nom de la personne autorisée à faire la collecte, la durée de la quête et le but sont mentionnés sur le permis. Ce document doit impérativement porter le tampon Office of the Commissioner of Police, en rouge.

Des photocopies de ce permis ne sont pas permises. Seules les personnes autorisées ­ 5 au maximum ­ peuvent faire des collectes sur une période de trois mois.

Par ailleurs, la Society for Aid to Children Inoperable in Mauritius (Sacim) encadre les parents dans cette démarche depuis 1968. Au fil des années, le nombre de cas référés a considérablement baissé. Mais depuis quelques mois, la Sacim s'est redynamisée.

Dr Amrit Rajkomar, président de la Sacim


Plus de 700 enfants mauriciens
ont pu se faire opérer à l'étranger

La Society for Aid to Children Inoperable in Mauritius (Sacim) - grâce à qui plus de 700 enfants mauriciens ont pu se faire opérer à l'étranger - relance ses activités après 40 ans d'existence. Le Dr Amrit Rajkomar, pédiatre d'une trentaine d'années d'expérience, et président de la Sacim depuis ces cinq dernières années nous en dit plus long.

Quels sont les objectifs de la Sacim ? Quand est-elle née et pourquoi ?

L'objectif de la Sacim est de venir en aide aux parents d'enfants inopérables à Maurice. L'association a été créée peu après l'indépendance de l'ile, soit en 1968, par Patsy Rowntree, active au sein de la Croix Rouge et la pédiatre Julia Maigrot, qui avaient du mal à trouver des moyens pour opérer des enfants à Maurice. Depuis, plus de 700 enfants mauriciens ont été envoyés à l'étranger pour se faire opérer. Au départ, ils partaient en Australie, Afrique du Sud et la Suisse avec l'aide de Terre des Hommes, organisation philanthropique basée a Genève qui accueillait les enfants du tiers-monde. C'était surtout des enfants souffrant de complications cardiaques et neurochirurgicales. Quarante ans de cela, faute de compétences locales, notre aide était très sollicitée.

Au début de cette année la question de cesser vos activités était sérieusement envisagée ?
Quelles en ont été les raisons ?

Depuis vingt ans déjà, le gouvernement mauricien dispose davantage de facilités dans ce domaine. Et avec l'arrivée de la technologie moderne, la spécialisation des médecins mauriciens et la solidarité des médecins étrangers pour opérer gratuitement les enfants sur place, les cas ont nettement diminué. D'une part, depuis ces quatre dernières années, le nombre de parents d'enfants, sollicitant l'aide de la Sacim pour se faire soigner à l'étranger, a considérablement diminué. Seul les cas les plus difficiles nous étaient refilés : quatre l'an dernier, et, trois cette année-ci.

A noter aussi qu'une bonne partie de nos membres, la plupart aujourd'hui âgés, sont partis. D'autre part, l'image de l'existence de la Sacim n'ayant pas été promue auprès d'un corps médical mauricien renouvelé, les médecins qui arrivent dans la profession ne connaissent pas notre association. Ainsi, on ne pouvait penser autrement que de cesser nos activités.

Qu'est-ce qui vous a donc poussé à relancer l'association ?

Aujourd'hui, quand on voi,t dans les journaux, le nombre d'enfants malades et leurs parents cherchant de l'aide, on ne peut rester indifférents devant ces cris de souffrance. C'est la raison qui nous a poussés à relancer notre association. Le comité exécutif a été reconstitué. Cassam Uteem est à nouveau le patron de la Sacim. De plu,s ceux et celles qui ont bénéficié d'une aide de la Sacim n'ont pas voulu que l'association cesse ses activités. Ils nous ont apporté leur grande aide.

La Sacim assure la prise en charge financière d'interventions chirurgicales d'enfants dont les parents
sont en situation précaire. Jusqu'où s'étend son action ?

Grâce à des partenariats établis avec d'éminents chirurgiens et des hôpitaux très connus en Inde (cardiaque) et les deux villes australiennes ­ Melbourne (orthopédie) et Perth (ophtalmologie) -, l'intervention chirurgicale est totalement prise en charge par l'établissement hospitalier. Un Social Worker de la Sacim visite d'abord les parents et l'enfant dans sa demeure pour un encadrement.

La Sacim se charge ensuite de toutes les démarches admi
nistratives. Tout est pris en charge : frais des billets d'avion du patient et de la mère, ainsi que la nourriture. Le transport aéroport/hôpital est pris en charge gratuitement par l'hôpital où l'enfant va se faire opérer. De plus, les médecins informent quotidiennement la Sacim de l'état de santé de l'enfant et la progression du traitement à travers des courriels. Ce qui fait que les parents à Maurice, souvent le papa, sont au courant de tout ce qui se passe.

Le gouvernement a un protocole d'accord qu'avec l'Inde pour les cas difficiles ­ Chennai, Delhi et Bombay.

Y a-t-il des accords avec les hôpitaux étrangers
en faveur d'un prix forfaitaire ?

Grâce à des accords et notre réseau, la SACIM bénéficie de tarifs forfaitaires dans plusieurs établissements hospitaliers d'Australie et de l'Inde. Les coûts médicaux sont aussi réduits. L'Inde, par exemple, nous offre un prix forfaitaire à $ 2600, tout pris en charge. Il arrive parfois que des chirurgiens étrangers fassent le déplacement pour opérer gratuitement des patients. Par exemple, après l'intervention de la Sacim, le prof Paddy Dewan, une Australienne, vient, depuis sept ans, opérer gratuitement à Maurice les enfants mauriciens souffrant de probleme génito-urinaire ou alimentaire. Elle le fait une ou deux fois par an. Les médecins mauriciens assurent par la suite le suivi des patients.

Y a-t-il des critères de sélection ?

Nous accueillons des parents d'enfants touchant moins de Rs 20 000 par mois. Le patient ne doit pas être âgé de plus devingt ans.

Y a-t-il des traitements que la SACIM ne peut prendre en charge et pourquoi ?

Notre aide ne s'étend pas aux cas de cancer parce que le traitement médical est de longue durée et est, en plus, onéreux.

Et l'organisation de votre levée de fonds ?

Elle provient des dons que nous recevons des firmes privées et autres sponsors, aux anciens patients qui se sont fait soigner avec la solidarité de la Sacim. Nous comptons aussi beaucoup sur le Flag Day.

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