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Enfants inopérables à Maurice


Parcours de combattant pour les familles

Avoir sur les bras un enfant souffrant d'une maladie grave, inopérable à Maurice, est un véritable drame pour les parents. On ne sait plus à quelle porte frapper... à quel saint se vouer? Pourtant le nombre de cas sollicitant de l'aide pour des soins à l'étranger augmente de jour en jour. A quand la mise sur place d'une structure pour encadrer ces parents ?

En ce moment, chaque jour, Deva, Christelle et Ricardo essaient de faire des miracles pour retrouver la santé de leur enfant. Pour s'en sortir, ils comptent surtout sur la solidarité mauricienne et aussi celle de la famille et parfois de l'entreprise.

Les cris des parents dont les enfants souffrent sont poignants. Les levées de fonds pour trouver la somme nécessaire ainsi que les démarches administratives constituent une tension supplémentaire à leur souffrance.

C'est avec beaucoup de courage, de foi et d'espérance que Christelle mène au quotidien sa lutte. Cette mère de 30 ans milite depuis bientôt deux ans pour retrouver la santé de sa petite Angelina, 3 ans.

«Le pire est derrière nous», dit-elle après avoir retrouvé sa sérénité d'esprit. «On essaie aujourd'hui de mettre dans la tête de notre enfant que ce n'est plus une maladie, mais bien plus un traitement

Tout commence en février 2006. Le verdict du médecin : Angelina a contracté la maladie du Syndrome néphrétique, une maladie affectant les reins. Ne pouvant se faire soigner à Maurice, la petite, accompagnée de sa mère, a dû prendre l'avion d'urgence pour la Réunion.

Se serrer les coudes

Depuis, la vie a pris une autre tournure pour cette petite famille de Camp-Levieux. Trouver Rs 1.5 million n'était pas chose facile. «Nous devons tous nous serrer les coudes et surtout avoir la tête sur les épaules pour s'occuper de notre enfant».

Nécessitant des soins de longue durée, Christelle doit jusqu'à ce jour se déplacer chaque trois mois à l'île sœur pour les soins de santé de sa fille. «Je préfère le faire moi-même car il faut être très prudent sur le dosage et l'intervalle de la prise des médicaments. De plus, Angelina doit prendre un repas sans sel et sans huile

Solidarité dans les épreuves

Pour pouvoir répondre a ces exigences, Christelle a préféré démissionner du secteur informatique ou elle travaillait afin d'accorder tout son temps à Angelina, ainsi qu'à sœur aînée de 4 ans.

Aujourd'hui elle n'a pas un salaire, mais elle est riche du regard de sa petite Angelina. Elle s'est même engagée à aider les parents qui ont besoin d'aide pour mijoter un repas sain pour leur enfant malade ou convalescent.

Pour ce faire, Christelle s'adresse à des associations caritatives qui font des levées de fonds pour ces enfants. «Par exemple, je montre aux parents comment faire des chips sains pour leurs enfants à base de chouchou et cuits à la vapeur. Je les sensibilise aussi sur les méfaits des colorants».

Kovishen, 12 ans, élève en Form I au collège du Saint-Esprit, est atteint, depuis plus d'une année, d'un cancer des os. Souffrant de fortes douleurs aux jambes, il a dû interrompre ses études pour commencer ses traitements à l'hôpital Victoria, Candos.

Peu après, les médecins traitant ont constaté que l'intervention ne pouvait se faire à Maurice. Pour trouver une place à l'hôpital Trousseau à Paris, les parents de Kovishen ont dû d'abord verser une somme de Rs 580 000. Et accompagné de sa mère, Kovishen s'est récemment envolé pour la capitale française pour des traitements qui viennent tout juste de démarrer.

Maigre soutien

L'État ne leur ayant accordé qu'un soutien de Rs 200 000, la seule solution est donc de faire appel à la générosité mauricienne. Ce qui fait qu'entre-temps, Deva, son père, se démène pour pouvoir trouver la somme supplémentaire, somme qui, dit-il, dépassera plus la barre d'un million de roupies.

A ce sujet, une quête publique a démarré depuis le 19 octobre dernier et ce jusqu'au 18 janvier 2008. Deva se reconnaissant de la solidarité de ses collègues à la mairie de Vacoas/Phoenix.

Le cas de Dimitri, 6 ans, brûlé au 2e degré, a provoqué une grande solidarité au niveau de la famille ­ même celles de l'étranger, précise son père Ricardo. Aujourd'hui, il se dit heureux que son fils soit sur la bonne voie, son état s'améliorant petit à petit.

Ricardo évoque ses graves inquiétudes quand l'accident s'est produit. Son fils n'avait alors que quatre ans. «Comme il n'y a pas de centre de rééducation pour brûlés à l'hôpital, j'ai commencé le traitement dans une clinique privée et après il s'est envolé à l'île sœur. Le coût total du traitement avoisinait Rs1.2 million

Démarches multiples

Ricardo déplore cependant n'avoir pas reçu la somme de Rs 200 000 sous prétexte que Dimitri pouvait se faire soigner dans un hôpital à Maurice. Ce qui fait que Ricardo a dû multiplier des démarches pour rassembler la dite somme. Et il n'est pas encore au bout de ses peines. Car Dimitri doit porter des vêtements spécifiques qui sont, hélas, onéreux. Un complet - pantalon, cagoule, t-shirt et gants - tourne autour de Rs 25 000.

Dans leur extrême dénuement, ces familles se tournent aussi vers des associations qui organisent des levées de fonds à travers des soirées dansantes, bingo party ou autre dîner dansant.

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