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Serge Ng Tat Chung :

«On a le sentiment d'un désespérant immobilisme »

Une nouvelle fois, il y a de l'eau dans le gaz entre les managers des collèges privés et le ministère de l'Education. Du coup la rentrée scolaire 2008 risque d'être perturbée. Le point avec Serge Ng Tat Chung, président de la Fédération de managers des collèges privés.

La rentrée scolaire 2008 s'annonce houleuse.

Que reprochez-vous aux autorités ?

Dès l'entrée en fonction du nouveau ministre de l'Education, un Standing commitee sur demande de la Fédération des managers, présidée par le Permanent Secretary, M. Ragen, et a été nommé pour examiner les nombreuses doléances du secteur privé. Ces doléances touchent, entre autres, la disparité de traitement entre élèves des collèges d'Etat et ceux du privé, le fonctionnement de la PSSA, l'entitlement du non-teaching staff, la fermeture des collèges substandard, l'absentéisme et l'indiscipline, le prévocationnel et la modernisation du staffing des collèges avec la nécessité d'embauche de professionnels en psychologie, sociologie, musique, animateurs de loisirs et de culture etc.

Depuis, deux ans déjà, il ne s'est rien passé. Au contraire nous avions eu droit à des négociations plus qu'ardues avec le Management Audit Bureau (MAB), qui voulait totalement changer le système du financement des collèges, ramenant le tout à une question de subsides en lien avec les performances à l'examen et le nombre d'élèves dans les classes. Toute autre subvention est bifée. Un financement qui assurerait à coup sûr la paralysie de gestion des collèges.

Cette semaine deux gouttes d'eau sont venues faire déborder la vase : la question de Books for needy students qui crée des contraintes inutiles aux collèges, avec obligation d'acheter les livres, d'en assurer la préservation et le bon état pour collection en fin d'année par la PSSA, alors que dans les collèges d'Etat, le système est différent ; les élèves traitent directement aux stores du gouvernement sans contraintes inutiles aux collèges. Nous demandons la même égalité de traitement. Pourquoi en serait-il différent ? Tous les enfants de la République sont égaux en droit !

Puis est venue celle de Student bus fare pour les élèves. La National Transport Authority (NTA) nous a sorti un ultimatum pour la soumission au 30 novembre de la liste complète de nos élèves pour 2008. Or, il est un fait connu que cette liste, valeur du jour, ne peut pas être établie car les collèges préparent les bulletins et les promotions se font. Ils enre

gistrent des transferts, finalisent les classes, préparent les bulletins. De plus les résultats de Form I et pour les prévocationels ne seront disponibles qu'en début de décembre. Tout le monde sait ça ! Comment soumettre les listes! De plus avec l'arrivée des résultats de Form V, il va encore y avoir des changements.

Vous ne souhaitez plus négocier avec la NTA
pour les Student bus pass. Comment pensez-vous trouver une solution à ce problème ?

Imposer un ultimatum par rapport à cette situation témoigne d'une méconnaissance de la réalité des collèges et de leur fonctionnement en cette période de l'année scolaire. C'est pourquoi la Fédération a demandé que cette question de Bus Fare, qui est une question de politique scolaire nationale, devrait relever par excellence de l'autorité du ministère de l'Education, de qui, bien entendu, nous sommes redevables. Par ailleurs à une des réunions du Standing Committee, présidée par le ministre de l'Education en personne le 5 septembre 2007, il avait été décidé, en présence de la PSSA, de ne demander que la liste de nouveaux admis en Form I à la rentrée, fin janvier, avec des amendements ici ou là dans d'autres classes. La NTA, par son ultimatum, introduit la confusion.

Que préparez-vous pour la rentrée 2008 ?

Pour la rentrée, nous restons mobilisés et attentifs. S'il y a une action forte à prendre, notre assemblée générale nous indiquera dans quel sens aller. Et nous le ferons. La situation devient de plus en plus difficile. Il y va d'une question d'égalité, de justice, d'équité. Des droits de tous les enfants dans quelque secteur qu'ils appartiennent.

Que dire de vos relations avec les autorités à ce jour ?

Elles sont malheureusement difficiles à comprendre. D'une part on nous parle de World Class Education, d'autre part, on ne fait pas grand-chose pour indiquer la direction à prendre. Pire, on a le sentiment d'un désespérant immobilisme où rien ne se passe. A force d'immobilisme, en éducation, il n'y a pas plus grand drame que de basculer dans la médiocrité. C'est ce qu'on essaie d'éviter avec d'autres, puisque la Fédération comprend quatre composantes syndicales couvrant l'ensemble du secteur ­ confessionnel, autrement confessionnel et privé non-confessionnel.

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