Brigade des mineurs


Prévention, protection et répression

Children, our future. Telle est la devise de la Brigade des mineurs. Le point avec l'inspecteur Viren Budree.

Peut-on faire une évaluation sur les cas de maltraitance ou de violence à l'égard des mineurs ?

La maltraitance et la violence à l'égard des enfants ont toujours existé et continueront, hélas, d'exister. Il est difficile d'en faire une évaluation exacte dans la mesure où, à la Brigade des mineurs, nous nous occupons des cas d'abus qui sont rapportés ; les chiffres que nous pourrions avancer ne reflèteront pas la réalité.

Depuis la mise en place de cette unité en 2004, nous œuvrons à la protection des enfants et la prévention d'abus. Nous adoptons aujourd'hui une approche plus personnalisée suite à une formation. Nous travaillons aussi en collaboration avec d'autres structures, dont la Family Protection Unit ou l'Ombudsperson pour les enfants.

Depuis le renforcement de cette unité, en septembre dernier, nous sommes davantage présents sur le terrain : 35 personnes sont réparties dans 7 postes de police. Et ce
service décentralisé a apporté une plus grande proximité.

Quel est le rôle de cette unité ?

Nous agissons comme chien de garde pour prévenir les cas d'abus et de maltraitance à l'égard des enfants. Notre objectif est de les protéger et nos actions sont menées dans leur intérêt supérieur. Il faut se dire que chaque cas d'abus, de violence ou de maltraitance mène vers un traumatisme et qu'il est de notre devoir d'apporter tout notre soutien et l'encadrement aux victimes. Nous protégeons aussi les enfants afin qu'ils ne tombent dans la délinquance. Notre stratégie est la prévention, la protection et la répression.

Comment faites-vous justement pour prévenir les cas d'abus ?

Il faut se dire qu'à la suite d'un cas de maltraitance ou de violence, nous ne pouvons que colmater les blessures ; la souffrance étant déjà bel et bien là. Nos campagnes de prévention visent justement à éviter, à prévenir cette souffrance tant pour l'enfant que pour la famille. D'autant plus qu'une famille qui souffre, c'est la société, par extension, qui souffre et que cela va se refléter de différentes manières : la délinquance, par exemple.

Depuis la création de cette unité nous n'attendons pas que le public vienne vers nous pour nous rapporter des cas. Nous allons vers lui. Avec la formation reçue, nous ne nous arrêtons pas qu'au problème, mais nous le prenons dans son ensemble, en allant souvent à la source pour y trouver une solution. En cas de besoin, nous référons les personnes concernées aux structures qui oeuvrent pour le bien-être des enfants ou des professionnels de la psychologie si cela s'avère nécessaire.

Par ailleurs, dans le cadre du 18e anniversaire de la déclaration de la Convention relative aux droits de l'enfant, nous avons participé aux activités organisées par le

bureau de l'Ombudsperson pour les enfants et le ministère de la Femme, convaincus que la conscientisation et la prévention sont des éléments incontournables et que l'éducation de la masse est la meilleure aide qu'on puisse apporter aux enfants.

Mais que faites-vous pour éduquer les enfants sur leurs droits ?

Pendant la période scolaire, nous animons des causeries dans les écoles. Nous expliquons aux enfants non seulement leurs droits, mais aussi leurs devoirs vis-à-vis de leurs parents et de la société, comme, par exemple, le respect des autres. Nous les valorisons car nous sommes d'avis que pareille démarche responsabilise. C'est quand on explique aux enfants le pourquoi de tout ce qui est fait pour leur épanouissement et qu'on leur dise ce qu'on attend d'eux qu'ils agissent en citoyens responsables.

On leur explique aussi à quel point ils sont vulnérables et comment ils peuvent se protéger des situations délicates, notamment en évitant des comportements à risque, comme faire l'école buissonnière qui, souvent, se solde par un drame. On leur explique aussi les effets des substances illicites qui peuvent les mettre davantage en danger.

Dans quelles circonstances avez-vous recours à la répression ?

Surtout contre ceux qui vendent de l'alcool ou la cigarette aux mineurs, qui leur ouvrent l'accès des établissements de jeux ou autres pendant les heures de classe. Nous prenons aussi des sanctions contre ceux qui exploitent sexuellement des mineurs et/ou les poussent à la mendicité.

retour