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Droits des enfants


Le droit rime avec devoir

Des enfants enfermés dans leur maison par les parents et livrés à eux-mêmes, d'autres privés de nourriture, en l'absence de ces derniers, et qui doivent mendier pour pouvoir se remplir l'estomac...

Ces situations ne relèvent pas de la fiction. Fleuriot Flore, travailleur social et président de l'association des parents d'élèves de l'école du gouvernement de Camp-Levieux, dit avoir rencontré plusieurs cas où les droits des enfants ont été bafoués. Des solutions ont pu être trouvées dans certains cas et d'autres n'ont donné aucun résultat probant, sans que, pour autant, Fleuriot Flore baisse les bras.

Partenariat efficace

Très au fait des difficultés que vivent certains enfants et de la violence qui régnait au sein de l'institution primaire, il explique qu'une structure a été mise en place avec la collaboration de l'Atelier du savoir de Terre de Paix, et avec le soutien de la MCB et de Gamma qui ont financé le projet, lancé il y a deux ans. Depuis, note Fleuriot Flore, il n'y a plus de violence à l'école et les enfants les plus difficiles ont été pris en charge par les animateurs de Terre de Paix ou placés dans l'institution d'Albion.

A l'école de Camp-Levieux, une quinzaine d'enfants sont concernés par ce programme, mais, c'est tout l'établissement qui en a bénéficie avec le changement d'attitude chez ceux dont le comportement gênait l'épanouissement des autres. Et le résultat académiquement parlant est déjà visible avec le net progrès depuis, note notre interlocuteur.

Aimer et encadrer

Le projet en question consiste à encadrer les enfants et leur montrer qu'ils sont aimés. Un accompagnement est aussi proposé aux parents. «Nous faisons un travail de proximité et cela a apporté des résultats des plus positifs». Diverses activités ont ainsi été organisées pour, non seulement, inculquer aux enfants leurs droits, mais aussi les amener à connaître leurs devoirs vis-à-vis de la société et à être respectueux des autres. Le programme vise aussi à les rendre plus responsables. «Nous ne constatons plus de cas de maltraitance des enfants et de violence conjugale dans certaines familles, des situations dont souffraient, il y a peu, ces enfants», explique notre interlocuteur.

Il fait ressortir aussi qu'en inculquant aux enfants leurs droits, il ne s'agit pas de leur donner des «armes» pour «faire fi à leurs parents ou leurs enseignants. On insiste sur le fait que leurs droits s'accompagnent aussi de devoirs. Et je suis optimiste que grâce à ce pro

gramme, les bénéficiaires seront de meilleurs citoyens demain».

Pour l'Action catholique des enfants (ACE), montrer aux enfants quels sont leurs droits est une bonne chose.

Droits et devoirs

«Les enfants vivent beaucoup de choses que ce soit au sein de leur famille ou ailleurs. Ils sont conscients qu'il existe des formes de maltraitance ici et là. A travers le thème d'année ou d'autres activités, nous les amenons à parler de ce qu'ils vivent, et, en réponse à ce qu'ils voient et/ou entendent, ils passent des messages aux adultes, leur parents ou la société en général», dit Annick Lararaudeuse, une responsable de ce mouvement diocésain, qui est d'avis que, de nos jours, les enfants sont assez au courant de leurs droits.

«A l'ACE nous leur expliquons dans un langage approprié, adapté à leur âge et à leur degré de maturité. Nous leur rappelons constamment leurs devoirs et insistons que ce n'est pas juste d'accuser leurs parents à tort et à travers tout simplement parce qu'ils ont été réprimandés. Nous leur faisons aussi prendre conscience de leur part de responsabilité dans ce qui a suscité l'action de leurs parents», explique-t-elle.

Annick Lararaudeuse estime que le dialogue est important également et que, selon la structure mise en place dans l'ACE, les enfants ont la possibilité de s'exprimer, de se confier à un des animateurs dans un climat de confiance.

Dialogue

Avis que partage Rosy, âgée de 14 ans, pour qui le dialogue est primordial. Bien que consciente qu'elle ait des droits, elle dit ne pas tous les connaître. Ce qu'elle retient surtout, c'est qu'elle ne doit pas accepter d'être maltraitée et que la punition corporelle est interdite, à l'école comme à la maison.

Cependant elle dit connaître des situations où, même passé l'âge de 18 ans, certains sont frappés par leurs parents et ne jouissent pas de liberté. «Je peux comprendre que les parents le font pour le 'bien-être' de leur enfant, mais c'est quand même exagéré parfois et navrant», déplore-t-elle. Et avec toute sa maturité enfantine, Rosy concède que la correction corporelle n'est pas une solution et qu'au contraire elle est traumatisante, pouvant amener l'enfant à être violent à son tour.

Jean-Marie St-Cyr

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