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Proactifs et acteurs

Constat de la situation dans le pays à la mi-novembre 2007 : perte du pouvoir d'achat et inflation galopante ; pauvreté accrue : à la fois parmi ceux qui vivent dans la misère de génération en génération, au sein de la classe moyenne que parmi ceux qui cachent leur misère pour préserver leur dignité ; communalisme puant; système éducatif à deux vitesses et qui, dans quelque trois semaines avec la publication des résultats de la CPE, rejettera, la énième fois, un certain nombre d'enfants de 11/12 ans sur le pavé ; fragilisation des familles ; licenciements surtout dans le secteur sucrier ; bras de fer quasi constant entre l'État et le secteur privé ; montée de la violence...

Sans compter ces passe-droits, ces cas de favoritisme et de corruption qui pointent du nez chaque jour et qui, dans les faits, privent les plus démunis et les moins avertis d'opportunités... A cette liste de maux, de cris qui résonnent régulièrement, chacun pourrait en ajouter d'autres...jusqu'à la désespérance... Et, dégoûtés, de ne voir d'autres portes de sortie que l'immigration...

Mais est-ce raisonnable, pour nous chrétiens, en cette fête du Christ Roi ? Ce Christ Roi qui «nous met au service de sa Seigneurie, lui qui a été le 'témoin fidèle' et [qui] fait de nous les témoins de la vérité, de l'amour de Dieu pour le monde.»

Une injonction, une mission qui doivent faire de nous des proactifs, des engagés, des acteurs. Non des passifs subissant les cours des événements, des courants idéologiques, des problèmes sans pouvoir y apporter notre touche.

Est-ce raisonnable de se laisser gagner par l'ambiance décourageant alors qu'ils seront plus de 200, ce samedi 23 au Collège Lorette de Curepipe, à échanger en vue de dégager des voies pour être davantage des «communautés missionnaires» ?

Un sujet abordé depuis 2005 et qui se poursuit depuis deux années, sous un autre angle, au vu de l'importance de la Mission, à la fois pour l'Église et pour la société mauricienne, et ce, avec la ferme volonté d'en cerner les différentes facettes.

En pleine pâte au cœur du monde, le chrétien ­ confronté aux réalités sociales difficiles ­ se doit, avec lucidité, sans cesse de se retrousser les manches, se remettre au travail avec une énergie renouvelée. Pour la transformation de ce monde et animés, entre autres, du sens de la justice, de la vérité, de la solidarité, de l'ouverture et du bien commun. Rude tâche certes, mais ô combien essentielle !

Danièle Babooram


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