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Rencontre des animateurs et des apprenants des centres d'alphabétisation fonctionnelle


L'alphabétisation :
l'abc de l'empowerment

Nouvel espace résidentiel

pour l'APEIM

Une Respite Unit est désormais disponible pour les enfants en difficulté à Bonne-Mère, Flacq. Elle est proposée par l'Association des parents d'enfants inadaptés de l'île Maurice (APEIM), qui œuvre pour les enfants porteurs d'une déficience intellectuelle grave. L'inauguration a été faite, le 7 novembre, par Sheila Bappoo, ministre de la Sécurité sociale, et une fête animée par les adhérents de l'association.

La Respite Unit de Bonne-Mère est une petite structure entièrement aménagée pour un court séjour résidentiel. Et dans le cadre du suivi proposé par l'APEIM, celle-ci permettra désormais aux enfants d'avoir une certaine autonomie, loin du cadre familier de la maison, et surtout, loin de leurs parents.

Dans son message, Sheila Bappoo a insisté sur l'urgence d'un changement de menta-lité afin de tendre vers une «société inclusive». Elle a de plus souligné que le gouvernement ne peut assurer la prise en charge de toutes les personnes vulnérables et qu'il lui faut le soutien des ONG.

La ministre a salué le travail abattu par les ONG, en particulier l'APEIM, dont «l'expérience et l'expertise » ont été avérées. Elle a, en outre, annoncé le lancement prochain d'un nouveau National Disability Plan of Action, document sur lequel a travaillé déjà un steering committee au sein duquel se trouve Irène Alessandri, présidente d'Inclusion Mauritius.

Elle a aussi rappelé que pour la première fois cette année, à la demande du ministère de la Sécurité sociale, du Bien-être des Personnes âgées et des Institutions réformatrices, le budget gouvernemental comporte un item spécialement consacré au Respite Care.

L'école spécialisée de l'APEIM, située à l'entrée du village de Bonne-Mère, est gérée par Paulo Veerasamy. La Respite Unit, à l'étage, a été financée par plusieurs organismes privés et publics. Aménagée selon les normes ergonomiques, elle est accessible par un ascenseur et comprend, outre deux dortoirs, des salles de bains, des chambres, une buanderie, une cuisine bien équipée et un salon avec des coins jeux lecture.

A noter que cette nouvelle unité est ouverte aux autres ONG ­ une réservation a d'ores et déjà été faite par une ONG de l'océan indien ­ et aux groupes qui souhaitent y tenir des formations résidentielles.

Sylvio Sundanum


«Aujourd'hui, nous pouvons croire en un avenir meilleur.» Propos fermes de Geneviève, une apprenante du centre d'alphabétisation fonctionnelle de Saint-Luc, Les Casernes, samedi le 17 novembre, lors de la remise de certificats du projet 'Alphabétisation fonctionnelle' de Caritas île Maurice.

Certes, le certificat remis ce jour-là pourrait être, aux yeux de certains, «qu'un bout de papier», mais que de valeurs derrière ! Une profonde volonté de sortir de sa situation d'analphabète pour acquérir le savoir-lire, le savoir-écrire et le savoir-parler. La capacité de retourner sur les bancs pour reprendre les études, d'affronter les préjugées, la peur, de persévérer, de croire et d'affirmer ses talents pour prendre en main sa destinée.

Et la joie, l'enthousiasme, la fierté qui se lisaient dans les yeux des apprenants des centres Telfair (Moka), Beau-Bassin, Saint-Matthieu (Pointe-aux-Sables) et Saint-Luc (Curepipe), après un parcours de deux années, sont des plus légitimes. «Mo ti touzour reve apran lire, confiait l'une d'elles, Mo rev inn vinn realite», alors qu'une autre ne cessait d'insister sur l'importance de l'éducation, incitant les jeunes à en tirer profit.

«L'alphabétisation est l'abc de l'empowerment, expliquait Josian Labonté responsable du projet 'Alphabétisation fonctionnelle', en partageant sa joie à l'effet que, cette année, 98 apprenants ont reçu leur certificat. Heureux aussi que cinq animateurs-formateurs aient reçu, ce samedi-là, leur attestation à l'issue d'une formation initiale, et, quatre autres, pour la formation continue.

D'une durée d'une année la formation initiale ­ reconnue par la Mauritius Qualification Authority (MQA) Awards ­ comprend 80 heures de théorie à Caritas, Port-Louis, et 40 heures de stage, réparties en 25 journées pleines, dans un centre. Avec comme finalité la création d'un centre d'alpha-bétisation fonctionnelle dans la région du formateur, avec le suivi, l'accompagnement et l'évaluation de Caritas île Maurice. Quant à la formation continue, elle est un stage de perfectionnement de deux ans, va-lorisant la pratique et permettant au formateur de passer professionnel dans son domaine.

«Nous souhaitons en 2008, avec la mise en place d'un National Certificate in Literacy rechercher la reconnaissance nationale pour les apprenants qui sont passes par nos centres d'alphabétisation fonctionnelle et ce, à travers le projet de Recongnition of Prior Learning», confiait Josian Labonté. Un objectif dons le droit fil de l'empowerment.

Danièle Babooram


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