160e anniversaire du diocèse de P-Louis


Père Labour : «Tournons notre regard vers le père Laval pour nous inspirer de ses choix»

Leritaz per Laval pou nou azordi»

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Le 9 décembre prochain, à 9h30, le Diocèse de Port-Louis célèbrera son 160ème anniversaire et l'église Saint-Louis, le 160ème anniversaire de son accession au statut de cathédrale. Le point avec le père Jean-Maurice Labour, autour de ce double événement dont le thème est «Leritaz per Laval pou nou azordi».

Dans quel esprit la communauté paroissiale de la cathédrale célèbre-t-elle le 160ème anniversaire du diocèse ?

Avec le noyau paroissial et le père Durhône, nous avons pensé que fêter dignement cet anniversaire c'est aider les chrétiens à se plonger dans l'histoire de la fondation de notre diocèse. Je suis étonné du manque de connaissances de cette histoire par nos chrétiens

Que la fête du 160ème anniversaire du diocèse ne se contente pas de quelques célébrations de messes. Qu'elle soit une occasion de nous plonger dans l'histoire des débuts du diocèse et nous baigner, en même temps, dans les racines de nos origines pour trouver une inspiration afin de relever les défis d'aujourd'hui et de demain. J'aimerai surtout que cette fête nous donne l'occasion de tourner notre regard vers le père Laval et de nous plonger dans son histoire pour nous inspirer de ses choix afin qu'à notre tour nous répondions à notre mission.

Pourquoi qualifiez-vous le père Laval d'absent' ?

Le père Laval a vécu toute sa période missionnaire de Maurice dans la Cathédrale Saint-Louis et c'est à partir d'ici que sa mission rayonnera sur tout le diocèse. Or, il n'y a rien aujourd'hui dans notre église-cathédrale, qui nous rappelle ce grand saint : pas un vitrail, pas une statue. C'est sûr que le Père Laval n'est pas absent dans le coeur de tous les Mauriciens. Mais il faut pro-fiter de cet anniversaire pour tenter d'intéresser les chrétiens à ce qu'ils s'inspirent du souffle missionnaire du Père Laval, en connaissant un peu mieux son histoire, ses choix, sa spiritualité. En même temps on voudrait que son empreinte soit laissée d'une manière ou d'une autre dans un vitrail ou une statue.

Que doit-on retenir du père Laval pour construire

notre communauté d'aujourd'hui ?

Durant sa pastorale, le choix du père Laval était de donner priorité aux esclaves affranchis. Il les accueillait dans une petite bicoque construite non loin de la Cathédrale. Il y célébrait la messe pour eux les dimanches après-midi, ces derniers travaillant pendant toute la semaine et la journée du dimanche. Il les préparait aux sacrements, leur donnait des cours de catéchèse, il les enseignait et les confessait. Le père Laval leur traduisait même un catéchisme en créole.

Déjà à cette époque, le père Laval faisait la part belle aux laïcs. Cela démontre qu'il avait une grande avance sur le concile Vatican II tenu en 1962. Il prenait le temps de les former. Ces derniers étaient reconnus comme les auxiliaires laïcs du père Laval. Les prisonniers n'étaient pas des oubliés du père Laval. Il prenait du temps à les visiter. Le père Laval ne s'enfermait pas que dans la pastorale des Noirs. Tout en faisant des choses pas toujours comprises par les colons au tout début, il a fini par les «séduire». Plusieurs venaient le voir en cachette.

Quelles sont les questions que nous devons nous poser aujourd'hui ?

Dans le cadre anniversaire, nous encourageons les jeunes, les enfants et les adultes à se demander, en s'inspirant du Père Laval, qui sont les pauvres de notre société d'aujourd'hui, quelles approches devrions-nous avoir, comment bâtir nos communautés chrétiennes, quelle catéchèse pour le monde d'aujourd'hui ?

Vous avez dit au début que rien ne nous rappelle le père Laval en cette Cathédrale. Que pensez-vous faire dans ce sens ?

Je pense, par exemple, inviter les enfants et les jeunes à réaliser des dessins sur la vie du père Laval. Si le Père Laval venait aujourd'hui, vers qui se tournerait-il ? Peut-être à partir des dessins d'enfants et de jeunes, demander à des artistes d'en faire des vitraux pour compléter la restauration de la Cathédrale.

Propos recueillis par Sandra Potié


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