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Monique Malié


La joie d'aider simplement

Une force intérieure la pousse à se donner aux autres. Force qu'elle puise en Jésus-Christ pour en donner aux enfants inopérables à Maurice. Elle, c'est Monique Malié, 65 ans, qui accueille à bras ouverts les gosses mauriciens, accompagnés de leur mère, pour se faire opérer à Perth par le biais de l'association Society for Aid to Children Inoperable in Mauritius (Sacim). Plus qu'une action, cette œuvre est pour elle une nouvelle vie.

Installée à Perth depuis 1980, la plus grande satisfaction de Monique est d'aider les enfants malades. «L'aide d'une personne est primordiale quand on est dans un pays étranger pour se faire soigner». Tout a commencé en 1991 quand elle approche le Dr Serge Toussaint, un lauréat mauricien habitant Perth, très intéressé aux causes des enfants mauriciens. Ce dernier avait pour but de rassembler quelques personnes en vue de démarrer une association pour tendre les mains aux enfants inopérables à Maurice.

C'est ainsi que l'Association 'Commssa-Sacim, Perth' voit le jour pour une action humanitaire au profit des enfants malades. L'association, comptant 250 membres, accueille quatre à cinq enfants par an, toute communauté confondue, pour se faire opérer dans cette ville australienne. A ce jour, Monique, qui a été tour a tour, présidente, vice-présidente et actuellement, secrétaire, a accompagné de nombreux enfants et accueilli neuf enfants sous son toit.

Accueil chaleureux à l'aéroport

C'est toujours avec une joie débordante et une grande énergie que Monique prend le volant de sa voiture pour aller accueillir le petit Mauricien et sa mère à l'aéroport. Ne réalise-t-elle pas qu'elle aura en face d'elle des étrangers ? A cette question, Monique répond qu'elle ne pense même pas au côté contraignant. Son amour de rendre service à ceux dans le besoin est tellement éminent qu'elle accepte les gens comme ils sont.

Quand un enfant arrive en Australie avec sa mère, il est accueilli chez Monique. «La première semaine, j'assure le training chez moi, parlant des divers rouages. J'essaie surtout de les mettre à l'aise et de les faire intégrer la vie assez facilement

Ensuite, c'est la première visite chez le médecin. Monique les introduit ensuite chez la famille d'accueil. C'est avec beaucoup d'attention et d'intérêt que Mo-nique accompagne la petite fa-mille à l'hôpital. «Je reste avec la mère pendant l'opération et je les visite pendant la semaine qu'ilsauront à séjourné à l'hôpital

Tous les médecins se familiarisent avec nos petits enfants mauriciens. De plus, un grand lien se tisse avec l'anesthésiste, les infirmiers et infirmières. Pour oublier leur triste réalité, Starlight Foundation vient égayer ces enfants par le biais des clowns, Père Noël ou autres personnages qui apportent un peu de joie dans leur vie. Apres l'opération souvent ils viennent séjourner pour une semaine chez Monique avant de regagner la famille d'accueil.

Visites assurées

Cette femme, qui se qualifie de foncièrement mauricienne, insiste que le petit opéré ne doit pas se sentir enfermé durant sa convalescence. Elle ne ratera pas de leur rendre visite chez la famille d'accueil afin de s'assurer que tout se passe bien et d'en informer par courriel le papa à Maurice. «On participe tous au bien-être de l'enfant.» Monique, son époux Jack, aussi bien que son fils Michael et son petit-fils Jordyn, âgé de 16 ans, se donnent à cœur joie à l'association. Idem pour toutes les autres familles d'accueil.

Trois mois après l'opération, ces enfants sont joyeux et manifestent une tendresse attachante à tous ceux qui les ont entourés durant son séjour. De solides liens se tissent. Les enfants sont comblés de cadeaux. Ils sont gâtés de jouets et de vêtements à leur départ. Souvent ils viennent avec une valise pour repartir avec deux.

De plus, des enfants commencent à parler ou chanter en anglais durant leur séjour qui dure entre six semaines et trois mois. Un enri-chissement pour eux aussi bien que pour leurs mamans. Mais, la plus grande joie demeure la solidarité et l'amitié dans le temps. «En grandissant, la plupart des enfants continuent toujours à garder des liens et ce, durant de longues années

Rappelons que les enfants inopérables à Maurice se présentent d'abord devant un comité à Maurice. Un médecin étudie le cas et à partir de là, un centre est contacté. A l'exemple de Perth-/Australie ou le Dr Serge Toussaint est contacté. Ce dernier, ayant déjà un accord avec un hôpital privé pour enfants, contacte un chirurgien concerné et envoie un rapport, un constat à Maurice.

Le médecin contacté offre souvent ses services gratuitement ou à prix réduit. L'enfant se déplace ensuite avec la maman ou une personne proche. L'association s'assure surtout que leur nourriture et la tradition soient respectées. Mo-nique va une ou deux fois l'an dans son pays natal afin d'assister aux réunions de Sacim. Sinon, elle fait le lien par courriel avec Valérie Bouic, de Maurice.

Solidarité de la diaspora mauricienne

'Commssa-Sacim, Perth' organise plusieurs autres activités annuellement afin de lever des fonds. Cela crée une grande effervescence entre la diaspora mauricienne à Perth. Vente de gourmets mauriciens lors de l'assemblée générale qui se tient une fois par mois. Vente de friandises typiquement mauriciennes : gâteaux gingelis, gâteaux patates, gâteaux piments.... Danse annuelle au début de chaque année ­ la 'Tropical Night'... ou plus de 450 Mauriciens sont rassemblés. Sans compter la 'Quiz Night', la 'Karaoke Night' et un concert. La 'gourpete' est une journée sportive de pétanque pour les Mauriciens et aussi l'occasion de déguster les bons plats mauriciens entre Mauriciens. Tout ceci pour sauver nos petits enfants mauriciens.

Sandra Potié

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