Marie-Ange Mélanie :


«Choisissez votre métier
et faites-le avec amour et passion»

Marie-Ange Mélanie, née Laville, est aujourd'hui responsable du comptoir Peugeot chez Iframac après avoir passé quelque temps comme mécanicien dans un garage. Un métier qu'elle adore, elle nous fait le résumé de son parcours.

Vous étiez parmi les première filles à être inscrites à un établissement réservé au garçon pour la formation en mécanique automobile, pourquoi ce choix ?

J'étais parmi les première filles à choisir la filière Brevet d'Aptitude Professionnel en mécanique automobile au Lycée Polytechnique Guy-Forget, Flacq, de 1987 à 1989 mais il y avait certaines au Lycée qui ont préféré d'autres filières telles la fabrication mécanique, le bâtiment et l'électronique. Dès mon adolescence, j'ai toujours aimé faire les travaux qui sortent de l'ordinaire. De plus, comme je voulais apprendre à conduire un véhicule, il me fallait aussi connaître la mécanique. Et dans la famille il y avait des mécaniciens et des chauffeurs. C'est un choix tout naturel.

... la réaction des parents ?

Ils l'avaient accepté. Ils étaient très flexibles sur le choix de mes études et l'apprentissage d'un métier. Souvent ils m'encourageaient.

Comment s'est passé votre apprentissage en classe et sur le site pour les travaux pratiques et surtout les regards d'autres jeunes ?

Au départ les gens étaient curieux de voir une fille en combinaison de travail. Ils s'approchaient et ils posaient des questions par curiosité. En cours,
c'était normal que ce soit avec les élèves ou les profs. Les cours pratiques m'ont été d'une grande expérience sur le site de travail. C'est vrai que voir une fille en

combinaison de travail au milieu des hommes attire le regard. Mais jamais je n'ai reçu de remarque désobligeante : au contraire l'ambiance a toujours été bonne.

Votre première expérience sur votre lieu de travail?

J'ai débuté au garage ASAS à la rue Edith-Cavell, Port-Louis. La direction avait vu mon diplôme et a cru en moi ; sans préjugés, ils m'ont embauchée. Je tiens à les remercier de m'avoir donné la chance de prouver que j'avais la capacité et l'expérience voulue pour faire ce travail qui autrefois n'était réservé qu'aux hommes. J'ai travaillé avec des collègues formidables. Ils étaient nombreux à m'encourager au garage : les amis mécaniciens, électriciens, ingénieurs, tôliers et peintres automobiles.

Est-il difficile de faire un tel métier ?

Quand on est dans le monde du travail en tant que femme, il faut nous affirmer, montrer de quoi on est capable et relever les défis qui s'offrent à nous. Bien sûr qu'il y a des moments de découragement, mais il faut de la persévérance et beaucoup de courage. Je dis aux filles qu'il faut son métier avec amour et passion. Aujourd'hui, il y a beaucoup de possibilité, une panoplie de métiers. Mais il faut faire le bon choix. Notre récompense, notre avancement, notre promotion se font dans le travail bien fait. Et le tout rejaillit sur le couple et les enfants ou dans notre vie.

Aurons-nous la chance un jour de voir une femme chef d'Etat à Maurice ?

Bien sûr je crois q'une femme pourrait être un bon chef d'Etat à Maurice et je suis sûre qu'elle le ferait aussi bien qu'un homme. Une femme prend des décisions avec sa tête et son coeur et je suis certaine qu'elle prendra des décisions très réfléchies. Ce sera une bonne chose pour l'avenir du pays.

Sylvio Sundanum

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