Suite au licenciement à La Voirie Ltd


Menace de grève

de la faim

Les ex-employés de La Voirie Ltd regroupés au sein de la Rodrigues' Private Sectors Workers Association (RPSWA), ont rencontré la presse la semaine dernière pour faire état de la précarité de leur situation, surtout en cette fin d'année. Ils ont exprimé leur tristesse, découragement, frustration et colère face à leur licenciement. Pour eux, la nouvelle compagnie Rod Clean aurait du les recruter automatiquement, car ils ont de l'expérience dans ce domaine.

Ces ex-employés font actuellement face à de graves problèmes financiers : trouver un nouvel emploi est quasiment impossible d'autant plus que tous les chantiers sont fermés. Pour ces ex-employés de La Voirie, le recrutement n'a pas été fait dans la transparence et la méritocratie. Ils demandent leur redéploiement dans la nouvelle compagnie ou, à défaut, d'être recrutés sous le «reskilling of umemployed persons» de la Commission de l'Agriculture. Et sollicitent, dans ce sens, une rencontre avec les autorités pour exposer leurs doléances.

Ces nouveaux chômeurs sont fermes dans leur intention de faire une grève de la faim si une solution n'est pas trouvée avant le 1er décembre prochain, démarche soutenue par le syndicat RPSWA. Un ultimatum est lancé au Chef Commissaire et au commissaire du Travail. Cette démarche sera soutenue par le syndicat RPSWA.

Le président du RPSWA, John Milazar, a brossé un tableau sombre de la situation économique et sociale à Rodrigues. Il déplore la pénurie de riz de ration et demande la fermeture du bureau de l'emploi pour incompétence et manque de transparence dans le recrutement de certains employés. Il demande aussi la révocation du Conseil exécutif du RRA à cause de l'affaire de diesel payé aux commissaires.

Jean Teddy labour.


Line

Mon regard

La disparition d'Erick Brelu-Brelu a plongé beaucoup de monde dans la stupeur. Un homme avec un tel parcours, animé par le sens de la justice, la lutte pour une société meilleure dans laquelle il a essayé de promouvoir les valeurs comme la solidarité, l'unité et la fraternité....

A travers son éditorial de dimanche dernier, faisant un plaidoyer pour que le créole soit respecté et valorisé dans son travail, il nous a démontré son sens de l'ouverture et son refus du ghetto. A temps et à contre-temps, il a pris position contre le communalisme ambiant. Il a refusé de se laisser porter uniquement par le mouvement de foule pour garder son objectivité. Au risque d'être incompris !

La question qu'on se pose aujourd'hui : qu'est ce qui peut pousser un homme de cette trempe à ne plus avoir foi dans la vie, dans sa vie ? Personne ne saura avec certitude la réponse. Il est parti avec son secret.

Il s'est peut-être senti dévalorisé, n'ayant plus rien à faire pour son propre bonheur et celui de sa famille. N'ayant plus rien à apporter dans la construction de ce monde meilleur dont il rêve depuis sa tendre jeunesse.

Ma première pensée en ce moment va à son épouse, ses enfants et ses proches. Ils ont besoin de notre soutien et de notre solidarité. Ensuite, il nous faut continuer ce qu'Erick avait commencé, en nous interrogeant constamment sur le regard qu'on peut porter sur nous-mêmes et sur les autres. Dans n'importe quelle circonstance, est-ce que mon regard suscite la valorisation de l'autre ou sa dégradation ?

Benoit Jolicoeur


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