Messe marquant la Journée de la culture et de la langue créoles


L'expression de sa foi dans la culture créole engendre de grandes merveilles

La Journée de la culture et de la langue créoles a été célébrée par une messe en l'église Ste-Odile, Camp-Levieux, Rose-Hill, le dimanche 4 novembre dernier. Une célébration qui a permis à tous les fidèles présents ­ venus des quatre coins de l'île ­ de vivre leur foi dans la culture créole. Cette messe a été présidée par le vicaire-général, le père Jean-Maurice Labour, et concélébrée par les pères Alain Romaine et Maria Pasqual, curé de la paroisse.

Cantiques créoles, prières créoles, homélie en créole, décorations de l'autel avec des symboles rappelant la vie quotidienne d'un Créole, instruments de musique créole offerts à l'offertoire : le ton de cette messe revêtant une liturgie entièrement créole était donné. Tout ceci dans le but de permettre aux fidèles d'exprimer leur foi dans leur culture ­ c'est-à-dire, la culture créole.

«La rupture entre l'Evangile et les cultures peut être d'un grand danger», a souligné dans son homélie le père Jean-Maurice Labour. Avant d'ajouter que quand l'Eglise épouse la culture de ses fidèles, de grandes merveilles sont possibles. «Se lerla ki Jésus transform li de linterier...» Il existe une culture derrière notre foi, a-t-il précisé. «Et pourquoi ne pas mettre des éléments qui font notre vie de tous les jours dans notre liturgie ?», s'est-il demandé.

Cette messe, qui avait pour thème Desann vit, to ena valer, a aussi fait référence à l'évangile du jour, qui parle de la grande soif de Zachée de rencontrer Jésus. Rencontre qui l'a transformé jusqu'à porter des fruits pour toute la communauté. «A l'exemple de Zachée, faisons ressortir des choses qui nous habitent au plus profond de nous-mêmes et qui peuvent être d'une grande richesse pour l'Eglise mauricienne», a fait ressortir le père Labour. Il a ensuite cité en exemple la naissance des Negro Spirituals songs en Amérique du Nord et qui invitent encore des milliers de gens de par le monde à vivre des grands moments de prière.

Rappelons que l'Eglise a célébré la première messe pour marquer la Journée de la culture et de la langue créoles l'an dernier au collège St-Mary's, Rose-Hill. Organisée par le Komite Diosezin 1er-Fevrier, cette messe sera célébrée désormais chaque année dans une

paroisse de l'île.

Pour faire le lien avec la proclamation de la foi en créole, cette messe était suivie par le lancement d'un CD Kantik pour enn litirzi kreol dans la salle d'œuvre de Sainte-Odile.

Sandra Potié


«Un CD reflet des sentiments libérés
quand on est en lien avec Jésus-Christ»

Kantik pou litirizi kreol : titre du CD lancé dans la salle-d'œuvres de l'église Sainte-Odile, Rose-Hill, par le vicaire-général, Jean-Maurice Labour, et son équipe du Komite Diosezin 1er-Fevrier, producteur de cet ouvrage, le dimanche 4 novembre dernier. Sant grander nou Bondie... Sant nou lafoi dan langaz ek lamisik kreol ki enn lamisik nou kiltir. C'est dans cet esprit qu'une compilation de seize cantiques des chorales venant des quatre coins de l'île a été constituée.

«Litirzi kreol avek so kantik ek so sinbol akonpagn nou lamars dan lalit kreol morisien pou so rekonesans», a fait ressortir le père Labour. La diversité des chorales représente pour le vicaire-général l'expression des sentiments que Jésus a réalisée dans la vie de chacun. Il a félicité les diverses chorales présentes pour l'occasion. D'abord, pour le reflet des sentiments libérés quand on est en lien avec Jésus-Christ et aussi pour la variété de rythmes, la créativité et la grande imagination autour de ce CD.

C'était aussi l'occasion pour Danielle Florigny, théologienne et membre du Komite Diosezin 1er-Fevrier, de faire part de son ouvrage intitulé Culture créole et la foi chrétienne, ouvrage qu'elle présentera très bientôt.

Ce CD, accompagné d'un livret, est en vente à Rs 150 au Centre de Documentation religieuses et au Centre Père Laval.

S.P.


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