Rodrigues ki position ? (2e partie)

Dans le cadre du cinquième anniversaire de l'autonomie de Rodrigues, le centre Carrefour avait lancé, à l'intention des groupes, mouvements et individus, un questionnaire pour réfléchir sur les avancées et reculs de l'autonomie. Des centaines de bulletins ont été distribués à au moins 50 groupes. Ce travail a suscité débats, discussions et réflexions dans les villages. Le centre Carrefour décrit l'autonomie comme une corbeille qu'il faut au fur et à mesure remplir. Chaque Rodriguais doit apporter sa contribution.

Aujourd'hui, certaines choses nous permettent de remplir le panier et d'autres aussi le vider, a ajouté Christian Raboude, directeur du centre. Florence François a pour sa part affirmé que nous devons tous lutter contre les obstacles qui nous empêchent de remplir la corbeille.

Lors de la remontée des échanges, différentes avancées ont été notées, mais nous avons à faire face à divers défis: l'environnement, la question des terres et la protection de l'environnement marin. Face à ces préoccupations, la société rodriguaise peut s'appuyer sur le tissu associatif pour relever les défis : associations, groupes, mouvements et communautés villageoises sont très présentes. Les cinq ans de l'autonomie permettent d'évaluer les actions passées et nous projettent dans l'avenir. Un temps pour se regarder dans un miroir.

Ces préoccupations majeures peuvent entraver l'avancée de l'autonomie. Le VHS/sida, le chômage, l'exode massif des Rodriguais vers Maurice, la cherté de la vie, l'environnement et la santé sont les principales préoccupations qui guettent notre société aujourd'hui. C'est autant de champs d'action où nous devons nous engager afin de transformer notre île en une société plus juste, plus vraie et meilleure.

En carrefours, les participants ont établi une liste de priorités : d'abord, sur la question des terres et de l'environnement, la création d'emplois, la santé et l'eau. Puis, différentes pistes d'action ont été identifiées par les groupes et mouvements. Certains groupes ont, par ailleurs, entamé un travail qui demandera à être vulgarisé et soutenu.

Concluant les débats, Mgr Alain Harel, évêque de Rodrigues, a situé cette démarche dans un cadre chrétien. La réussite de l'autonomie est une question de vie ou de mort, a-t-il ajouté. L'autonomie permet au peuple rodriguais d'exister en tant que peuple, un peuple créé pour participer à son avenir. Il souligne aussi que la perte du Rodrigues Local Council a été un recul quant à la démocratie participative. Une nouvelle page de l'histoire de Rodrigues se construit aujourd'hui, a-t-il conclu.

Combattre la pauvreté

Journée de réflexion à Citron-Donis

Pour marquer la Journée mondiale contre la pauvreté, le Trust Fund pour l'intégration sociale des groupes vulnérables a convié le public et les partenaires dans la lutte contre la pauvreté pour une journée au Centre communautaire de Citron-Donis. Le thème de cette journée était L'éducation, meyer zouti pou combat la pauvrété. Le Trust Fund initie un projet intégré dans les régions de Petit-Gabriel, Citron-Donis, Remir, Eau-Vannée et Pavillon. Le projet consiste à intégrer les différents partenaires et à créer une atmosphère adéquate à l'éradication de la pauvreté. La sensibilisation, l'aide aux écoles maternelles et le soutien aux associations féminines, l'aide à travers les microcrédits sont autant de champs d'action qui intéressent le Trust Fund. L'approche intégrée permettra une meilleure prise en charge des bénéficiaires par la communauté et par eux-mêmes. Ce travail se fera en lien avec les différents partenaires présents dans la région. L'activité a permis au public de mieux connaître les secteurs d'intervention du Trust Fund. La projection du film Le cri de la pauvreté, de Laval Plaiche, a brossé un tableau général sur la situation de la pauvreté à Rodrigues. L'animation était assurée par des jeunes et des enfants de la région.

Jean Teddy Labour

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Quelle démocratie parlementaire ?

En février 2003, nous avions fait écho dans ces mêmes colonnes de l'ambiance cordiale régnant alors à l'Assemblée régionale suite à l'accession de Serge Clair au poste de Chef commissaire après son élection dans la région de Grande-Montagne. Serge Clair avait prononcé cette phrase à l'intention de la minorité d'alors : «Let us be friendly !» Nous entrevoyions dans cette attitude un assainissement dans le fonctionnement de notre Assemblée régionale.

Aujourd'hui, il faut se rendre à l'évidence : la relation est très loin d'être amicale entre les élus des deux bords. A tel point qu'il leur est impossible de s'asseoir autour d'une même table pour constituer un comité parlementaire pour réfléchir sur une question aussi importante que la gestion des terres de l'Etat. Les instances officielles sont privées du point de vue et des arguments de personnes qui ont à cœur le bien de Rodrigues, mais qui ne partagent pas la position du gouvernement actuel sur cette question.

Nous avons encore en mémoire la prise de position publique de Johnson Roussety après le dernier budget. Il a exprimé son mécontentement que le ministre des Finances n'avait pas respecté le vote de l'Assemblée régionale à propos de la somme d'argent nécessaire au développement de Rodrigues pour l'année budgétaire 2007/08.

Suite à cette prise de position, nous n'avons pas entendu la voix des parlementaires locaux (tant de la majorité que de la minorité) pour soutenir la demande du Chef commissaire. Au contraire, Nicolas Von Mally, leader et parlementaire du Mouvement rodriguais (MR), n'a rien trouvé de mieux que de se désolidariser de Johnson Roussety.

Lutter pour avoir plus de fonds afin d'améliorer la qualité de la vie de la population et pour faire respecter le vote de l'Assemblée régionale devrait être la priorité des priorités de nos parlementaires et cela au-delà des clivages et des stratégies politiques.

Comme nous le disions en février 2003, une bonne démocratie parlementaire va de pair avec la pratique de la morale politique en dehors du Parlement. Posons-nous quelques questions. Les organes de presse des différents partis ne doivent-ils servir qu'à dénigrer les opposants ? L'objectif premier du gouvernement est-il de proteger nou dimounn et de boycotter banne l'autre coté, même quand il s'agit d'un projet qui va dans le sens du bien commun ? Le langage et les arguments employés dans les meetings et réunions privées sont-ils guides par la vérité et l'objectivité ?

Après cinq ans d'autonomie, nous avons le devoir de placer la barre plus haut, en nous donnant comme objectif premier le service du pays et le respect de la dignité des personnes qui ne sont pas du même bord politique que nous.

BenoitJolicoeur


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