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Théologie et théologie...

Il serait malséant de faire la sourde oreille à l'article de Madame Catherine Sarah, dans La Vie Catholique du 19 ­ 25 octobre. J'en emprunte volontiers le titre pour y faire écho puisque, en effet, il y a théologie et théologie. En ce qui me concerne, prêtre de l'Église catholique, il va de soi que je dois m'en tenir à l'enseignement de l'Église catholique, qui prend sa source, comme on sait, dans l'Écriture sainte et la Tradition apostolique.

J'ai écrit qu'il «est clair que l'esprit, qui est d'un ordre absolument supérieur à la matière, même vivante, ne peut provenir des cellules corporelles (biologiques) héritées de nos parents». C'est là une question de bon sens : le moins ne peut pas, de lui-même, produire le plus. Mais Madame Sarah affirme qu'aujourd'hui, «on ne trouve pas de théologien pour défendre cette thèse»... Oh, que si, on en trouve ! Il suffit de se reporter au Catéchisme de l'Église catholique, dont un abrégé a été préparé, à la requête du Congrès catéchétique international qui s'est tenu en octobre 2002, par une commission que présidait le cardinal Josef Ratzinger. Le texte fut ensuite soumis aux cardinaux et aux présidents des conférences épiscopales. Ils l'ont approuvé moyennant quelques retouches, et le pape Benoît XVI l'a promulgué le 28 juin 2005. De ce fait, c'est ce qu'il a de plus récent dans ce que Madame Sarah appelle «l'enseignement officiel du Vatican».

Je me contente donc de traduire, du texte original italien de cet Abrégé (celui dont je dispose), les réponses aux questions que soulève Madame Sarah :

1. «Tous les hommes forment l'unité du genre humain, en raison de l'origine commune qu'ils ont reçue de Dieu. De plus, Dieu a créé "d'un seul sang toutes les nations de l'humanité" (Actes 17, 26). Par conséquent, tous ont un unique Sauveur et sont appelés à participer au bonheur éternel de Dieu.» (No 68).

2. «La personne humaine est un être à la fois corporel et spirituel. En l'homme, l'esprit et la matière forment une unique nature. Cette unité est si profonde que, grâce au principe spirituel qui est l'âme, le corps, qui est matériel, devient un corps humain et vivant, et revêt la dignité d'image de Dieu.» (No 69). -- Note personnelle : dans la Constitution Gaudium et Spes du concile Vatican II, au no 14, on peut lire que l'homme est «corps et âme, mais vraiment un».

3. «L'âme spirituelle ne provient pas des parents, mais elle est créée directement par Dieu, et elle est immortelle. Lorsqu'elle est séparée du corps au moment de la mort, elle ne périt pas ; elle sera de nouveau unie au corps, au moment de la résurrection finale.» (No 70).

J'ai cité ces textes du Magistère authentique de l'Eglise pour éclairer les lecteurs de La Vie Catholique. Ils auront compris, du même coup, que je n'ai pas terni la crédibilité de leur journal. J'ajoute qu'il est regrettable que la version française de l'Abrégé du Catéchisme de l'Église Catholique, précieuse référence en la matière, ne soit pas davantage diffusée chez nous «pour raviver la foi du peuple chrétien», selon la mémorable expression du pape Jean-Paul II.

Jean-Claude Alleaume

«Je crois au Saint-Esprit,
à la Sainte Eglise Catholique,
à la communion des saints...»

Dieu seul est tout puisant. Lui seul est l'auteur de la grâce et le dispensateur de tout bien. Le Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes. Cependant, sur les chemins de la vie, nous pouvons nous aider les uns les autres à avancer. C'est ce que nous fait découvrir la Communion des saints : une solidarité nous unit au-delà des frontières du visible avec tous ces êtres de lumière qui ne demandent qu'à nous aider.

Lorsque notre Père s'adresse à un saint, ce n'est pas le saint invoqué qui donne la grâce, mais c'est Dieu. Dieu agit par l'unique médiation du Christ (1 Tm 2,5), mais cette unique médiation peut passer par de multiples canaux : elle n'exclut pas d'autres médiations subordonnées, mais ces dernières s'exercent à l'intérieur et en référence à la médiation du Christ. La médiation des saints fait partie de ces «dérivations secondaires» que Dieu n'hésite pas à multiplier pour mieux nous rejoindre.

Les saints sont les premiers bénéficiaires du salut réalisé en Jésus-Christ ? En eux, il a atteint sa pleine efficacité. La sainteté de Dieu les habite pleinement. Le don du Salut, obtenu par le sacrifice du Christ et communiqué par l'effusion de l'Esprit, a vaincu en eux tous les obstacles. A ce titre, on peut les considérer comme des experts sur le chemin souvent rude de la sanctification. Une expertise que l'Eglise met largement à notre disposition : Jean-Paul II a multiplié à plaisir les béatifications et canonisations pour nous dire sur tous les tons: «La sainteté est possible ; elle est pour tous ! Vous avez d'innombrables experts à votre service ; servez-vous-en ! »

Bonté divine

Loin de faire écran entre Dieu et les hommes, les saints manifestent l'étonnante richesse de la bonté divine. Ils sont comme des relais. Ils nous font comprendre la bonté de Dieu à travers leur propre bonté, la charité qu'ils ont exercée pendant leur vie terrestre, leur manière d'aimer leurs frères. C'est un peu comme un unique rayon de lumière passant à travers un prisme et explosant en de multiples couleurs. Lorsque nous nous adressons à eux, nous demandons par leur intermédiaire ce qu'ils ont eux-mêmes reçu de Dieu. Ainsi, nous posons un acte de foi en Dieu Père qui exauce toujours ses enfants et trouve pour cela mille chemins pour les rejoindre. Ses amis sont nos amis qui nous veulent du bien.

Nous pouvons prier les saints comme des guides qui nous poussent à la confiance totale en Dieu. Le concile Vatican II dit que «leur exemple nous stimule; leur piété fraternelle nous aide; leur enseignement nous éclaire». (Lumen gentium).

Les saints ont passé leur vie à faire du bien sur la terre, à l'exemple du Christ. On ne comprendrait pas qu'une fois au Ciel, ils perdent leur charité active et bienfaisante. Au contraire, celle-ci s'intensifie et s'universalisme, car tous les hommes peuvent se confier à eux.

Selon le catéchisme de l'Eglise, les saints «contemplent Dieu, ils le louent et ne cessent pas de prendre soin de ceux qu'ils ont laissés sur terre. En entrant dans la joie de leur maître, ils ont été établis sur beaucoup. Leurs intercessions est le plus haut service du dessein de Dieu. Nous pouvons et devons les prier d'intercéder pour nous et pour le monde entier». (N° 2683)

Père Kud, Cssp.

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