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Leçons de séduction

La récente sanction de lev pake, ale contre Dinesh Ramjuttun vient nous rappeler, si nécessaire, à quel point, pour nos politiques, la fin justifie les moyens. Pour remporter les élections, nos hommes politiques n'hésitent pas à contracter toutes sortes d'alliances hétéroclites et souvent contre-nature. Malgré tous les discours et promesses d'une alliance qui tiendra la route, un fait demeure : le cocu de l'histoire, c'est l'électeur. Car, pour lui, voter, c'est accomplir son devoir civique et placer sa confiance en des hommes et des femmes ayant promis d'améliorer son quotidien. Même si l'on dit souvent que le peuple a les politiciens qu'il mérite, dans notre cas, avons-nous vraiment le choix ?

Avouons-le : à force de devoir choisir entre bonnet blanc et blanc bonnet, nous devenons des électeurs frustrés et démotivés, voire cyniques. Car il est ironique qu'après chaque scrutin, l'opposition répète à satiété que son nombre d'élus ne reflète pas le «vrai» vote des électeurs. Pourtant, ni l'opposition, ni la majorité ne prennent des initiatives pour modifier notre système électoral. Paul Bérenger dit souhaiter l'introduction de la proportionnelle. N'est-il pas prioritaire pour lui d'aborder cette question au Parlement pour y susciter des débats ?

Les leçons du passé, récent ou éloigné, démontrent qu'avec l'actuel système électoral, aucun parti ne peut gagner les élections seul. Nos politiques semblent aveugles et sourds face au ras-le-bol de notre peuple, lassé de voir faire et se défaire des alliances. Ils sont les seuls à ne pas être conscients que notre paysage politique ressemble de plus en plus à ces telenovelas de série B, où, au bout du compte, tous les personnages finissent, à un moment ou à un autre, par avoir une liaison avec les autres protagonistes.

Si, comme le remarquent certains observateurs politiques, de plus en plus, partout dans le monde, il
n'existe point de frontière idéologique entre les principaux partis politiques ­ les termes droite et gauche,

socialisme ou démocratie ayant perdu de leur sens -, il n'en demeure pas moins vrai que notre classe politique devrait s'efforcer d'avoir une ligne de conduite bien
balisée et cohérente dans ses comportements et propos.

Car, inutile de se leurrer : le politicien mauricien, à quelques rares exceptions près, semble avoir perdu le respect de lui-même. Ainsi, notre classe politique
s'efforce, en théorie, de se donner comme modèles les grandes démocraties de ce monde. Mais, ne nous
apparentons-nous pas davantage à une République bananière? Croit-on pouvoir susciter le respect chez ces compatriotes quand nos politiques, qui hier encore se traitaient de tous les noms, chantent aujourd'hui les louanges de l'autre.

La presse du week-end dernier a longuement parlé de stratégies électorales. Et il nous est aisé de nous imagi-ner certains de nos hommes politiques ­ et non des moindres ! ­ à l'affût dans leurs starting-blocks. Ils ne savent pas encore sous quelle couleur, ni avec quels coéquipiers ils vont concourir ! Mais, une certitude demeure : ils sont prêts à pactiser même avec le diable «pour le bien de la Nation».

Et, pour atteindre leur but, ils se paradent dans leurs plus beaux atours, monnayant leurs charmes et faveurs. Dans toutes les langues, il existe un mot pour décrire ce genre de comportement...

Erick Brelu-Brelu


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