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Pension insuffisante, source de précarité

D'emblée, tous ceux contactés disent que l'argent qu'ils perçoivent de la pension de vieillesse est loin d'être suffisant. Les récentes augmentations n'ont pas arrangé les choses - ce qui fait que tous les jours, ils doivent se contraindre à faire des sacrifices pour arriver à joindre les deux bouts.

«La pension n'est pas suffisante, je dois jongler avec les chiffres et les dépenses pour pouvoir passer le mois. Je vis difficilement avec les différentes augmentations de ces dernières semaines.» C'est ce que déclare Noël avec peine. Avec la cherté de la vie, il dit devoir puiser régulièrement des économies mises de côté en cas de maladie pour pouvoir s'en sortir. «Je ne peux faire autrement, sinon cela aurait été encore plus dur.» Avec le loyer à payer en sus de l'eau et l'électricité, on peut comprendre aisément sa situation.

Plus chanceuse

Ivy, plus chanceuse, bénéficie de l'aide de sa fille - ce qui fait qu'elle arrive à se débrouiller comme elle peut, d'autant plus qu'elle touche aussi une pension de veuve. «Je n'ai pas à me plaindre.» Mais elle reconnaît que pour ceux qui n'ont que leur pension de vieillesse pour vivre, les choses doivent être bien difficiles, car insuffisantes. «Comme tout le monde, on aurait aimé avoir un peu plus, car l'argent n'est jamais de trop», lâche-t-elle.

Même son de cloche pour Paula, qui touche à la fois la pension de vieillesse et la pension de veuve. «J'arrive à me débrouiller. Mes enfants m'aident aussi énormément.» Comme Ivy, elle ne peut s'empêcher d'avoir une pensée pour ceux qui ne vivent que de la pension de vieillesse. «La pension sélective était, à mon avis, une bonne mesure. Cela aurait permis à ceux au bas de l'échelle de toucher un peu plus d'argent.» Une opinion qui a suscité une polémique, ses amis n'étant pas d'accord.

Travailler dur

Pour eux, il n'est pas question de couper ou de fixer le barème de la pension de ceux qui touchent une certaine somme pour pouvoir mieux donner aux autres qui touchent peu. «Ils ont travaillé dur pour le pays, cet argent ils le méritent» est l'argument utilisé.

N'en démordant pas, Paula insiste qu'il faut aider ceux qui sont dans le besoin et qui ont des difficultés à vivre avec la pension actuelle. «On ne peut être égoïste. Une pension sélective aurait permis de mieux rétribuer cet argent, ce qui aurait amélioré leur sort», soupire-t-elle. Pour Paula, les Rs 2 517 de la pension sont loin d'être suffisants.

Tout en comprenant les propos de Paula, Elsie est d'avis qu'on ne devrait pas toucher à la pension et chacun, selon sa conscience, devrait trouver un moyen pour aider ceux en difficulté. «C'est à chacun de disposer de son argent comme il l'entend», affirme-t-elle. Touchant deux pensions, Elsie déclare cependant que si le coût de la vie continue à augmenter et qu'il n'y a pas de stabilisation des prix, les choses risquent d'être difficiles pour elle.

Bien que reconnaissant que l'argent de la pension n'est pas suffisant, Lise déclare, pour sa part, qu'elle arrive à s'en sortir grâce à de petites astuces, qui sont en fait des sacrifices, pour pouvoir joindre les deux bouts. C'est ainsi qu'un repas et divisé en deux tout le temps et gardé pour être utilisé une prochaine fois, qu'elle vit presque dans la pénombre pour économiser l'électricité... «Il faut savoir gérer.»

Retraite paisible

Eu égard à leur condition, tous reconnaissent que s'ils avaient les moyens pour investir dans un plan d'assurance, cela les aurait grandement aidé aujourd'hui à mener une retraite paisible et sans soucis financiers. C'est ainsi qu'ils recommandent à leurs enfants et aux jeunes d'y songer dès maintenant afin de ne pas se retrouver dans la même situation qu'eux.

Tous sont d'avis qu'il est difficile de faire des économies face à ce genre de situation et que c'est tant bien que mal qu'ils arrivent à vivre de leur pension. Ils considèrent aussi que la marge de profits des importateurs est exagérée, ce qui fait que le prix de certains produits alimentaires est exorbitant pour eux.

Autre temps, autre mentalité - le groupe de personnes contactées dit revivre le temps de leur jeunesse, le temps où toutes les denrées n'étaient pas en abondance comme aujourd'hui - ce qui fait que leurs parents les avaient habitués à faire des sacrifices et à économiser. Ils notent qu'aujourd'hui que certains font du gaspillage sans songer que d'autres n'ont pas les mêmes chances qu'eux.

Face à toutes les augmentations du coût de la vie, le groupe de personnes se réjouit néanmoins de la gratuité du transport. Une mesure que tous apprécient grandement et qui leur permet de se déplacer allègrement, au lieu de rester à la maison. Ce qui leur donne la possibilité de participer à des activités à leur intention.

Jean-Marie St-Cyr

«Un plan d'assurance ou un plan-pension nous auraient certainement aidé à mieux vivre nos vieux jours». Conclusion de quelques pensionnaires que «La Vie Catholique» a rencontrés. Pour eux, la somme qu'ils perçoivent est juste assez pour vivre et c'est avec peine qu'ils arrivent à joindre les deux bouts, moyennant des sacrifices au quotidien.

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