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Projet d'éveil à l'école Bethléem


Adieu les caprices alimentaires

La plupart des enfants affectionnent bonbons, frites et boissons gazeuses. Les amener à développer une appréciation des aliments dotés d'une richesse nutritionnelle sans exercer de pression ou faire chantage n'est pas chose facile. A l'école Bethléem, les enseignantes ont organisé un projet d'éveil pendant tout le mois de septembre à
l'intention des tout-petits âgés de 5 ans. Une façon aussi de sensibiliser les parents à travers leurs enfants, invités à participer
à une «Food Day» organisée le jeudi 4 octobre dernier à la rue Edith-Cavell, Port-Louis.

«Je n'aime pas ça ! Je ne mange pas ceci !» Ces caprices alimentaires sont le résultat d'une mauvaise éducation, explique Ginette, enseignante de longue date dans cet établissement scolaire. «Plus on force l'enfant à manger, plus il résiste et moins il mange. Et lorsqu'il mange, il n'aime pas.» En revanche, le goût se développe. Le secret? Tout se passe à travers une bonne éducation, une bonne dose de patience, ajoute-t-elle.

Ginette et ses collègues Doris, Noëlline et Claudette n'ont pu demeurer insensibles devant l'engouement des petits bouts de chou pour les friandises. Ces aliments qui ne brillent pas en qualités nutritives, mais qui font prendre des calories feront beaucoup de tort plus tard à l'enfant, reconnaît-elle. Le devoir de l'école : éduquer l'enfant sur comment bien se nourrir ? D'où le thème: l'alimentation.

Manger en qualité

On ne peut pas aimer ce qu'on ne connaît pas. Pour qu'un enfant apprenne à aimer une variété d'aliments, il doit d'abord être en contact avec ces aliments. En revanche, si on lui donne toujours la même chose, ses goûts seront forcément limités. A l'école Bethléem, les enfants ont été initiés à choisir leurs aliments - ceux qui sont sains, ajoute Miss Noëlline. On leur apprend aussi le goût ­ pas trop salé, ni trop sucré... Tout se passe à travers des supports pédagogiques. Pour commencer, leur vocabulaire a été enrichi avec un grand répertoire de noms de fruits et légumes. Ont également été abordées : leur valeur nutritive

et leur importance dans l'alimentation. Manger en qualité pour grandir sainement, et non en quantité, insiste Miss Ginette.

Cet éveil a réclamé beaucoup d'activités. Pour mieux se familiariser avec les fruits et légumes, les enfants ont été invités à visiter le marché afin de découvrir les légumes sur les étals. Une fois dans la classe, ils ont effectué des exercices sensoriels pour le développement de leur perception. Tout était autour des jeux. Ils ont vu, touché, senti et goûté et aussi décelé les diverses formes et couleurs des aliments. Une occasion aussi pour eux de participer aux activités culinaires: râper les carottes ; éplucher les pommes de terre bouillies et les betteraves ; décoqueter les œufs, entre autres. Avec de la pâte à sel, qu'ils ont eux-mêmes préparée, ils ont fait preuve de plein de créativité. A l'exemple des carottes, courgettes et pommes de terre. Cette activité constitue une étape essentielle de leur développement psychomoteur et de leur épanouissement, renchérissent Miss Claudette et Miss Doris. Pour couronner le tout, les enfants ont été initiés à des comptines autour des aliments ainsi que des mimes et des danses.

Plus de plaisir à manger

Désormais, Collin est de ceux qui bannissent peu à peu les boissons gazeuses. Il privilégie l'eau, le yaourt, les fruits et les salades. «Les vitamines protègent contre les maladies.» Sans oublier le poisson, qui, dit-il, est bon pour le développement du cerveau. Idem pour Ryan, qui dit adorer prendre le jus d'oranges pressées. «Les vitamines nous aident à être en bonne santé.» De plus, il a pris conscience de l'importance des fibres dans les brèdes. Mëili a une préférence pour la carotte : «Pour avoir une bonne vue», précise-t-elle. Sans compter les grains secs, qui donnent du fer, ainsi que la betterave et la pomme de terre, sources d'énergie. Maëva rappelle l'importance de prendre un bon petit-déjeuner. Afin de débuter la journée en pleine forme et de demeurer concentrés. Elle dit ne pas oublier de prendre chaque matin une banane.

Résultat : les petits bouts de chou ont pris beaucoup plus de goût et de plaisir à manger. Désormais, ils apprécient mieux les petits plats de légumes. Le chantage et les supplications n'ont plus leur place à table. Et, par-dessus tout, les petits paniers de victuailles sont bien plus vitaminés. Comme quoi l'éducation des parents passe à travers les enfants !

Sandra Potié

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