Creole Consciousness

«Now is the time to let justice roll down like water and righteousness like a mighty stream.»

Dr Martin Luther King, Jr.


Créolité, reconnaissance constitutionnelle des Créoles et quota dans les instances publiques. Des mots sortant de la réflexion de la Fédération des créoles mauriciens (FCM) et qui résonnent dans beaucoup de cœurs de nos concitoyens. Lesquels ont des réactions : surprise, colère et surtout peur. Ben oui, cela fait peur parce qu'on n'a jamais entendu des Créoles demander aussi clairement des choses qui leur sont dues. La réaction des Mauriciens est compréhensible, parce que les revendications sont nouvelles. Les choses nouvelles font toujours peur. Mais il n'y a rien d'effrayant-, c'est seulement une demande de la part d'une minorité d'avoir sa place intégrale et intégrée dans la société, sans pour cela prendre la place de l'autre. Nous, les Créoles, demandons l'intégration.

Première requête : la reconnaissance constitutionnelle de notre identité ethnique. C'est-à-dire, gommer cette expression réductrice et méprisante de «population générale» et de la remplacer par le terme Créole. Mais, dites-moi, qu'est ce qu'il y a de si dangereux dedans ? Rien. Ce sera qu'un changement mineur dans les mots de la Constitution, mais un grand pas pour l'île Maurice moderne qui respecte ses minorités. Mais c'est quoi un Créole ? Prenant la pensée antillaise et martiniquaise, le créole peut être défini comme une personne métisse qui vit dans une île marquée par l'esclavage. Nous sommes le résultat des trois courants civilisateurs du monde : l'Asie, l'Europe et l'Afrique se rencontrent pour former le Créole. Nous sommes le reflet de l'autre, le miroir du monde. Cette identité créole n'est pas une généralité, comme souligne le terme «population générale», mais nous avons notre spécificité unique. La Constitution doit la reconnaître et l'affirmer.

Deuxième douche froide : quota dans la fonction publique. «Ban la pe le pran nou plas.» Ben non. On ne demande pas seulement la première place, ni la dernière, mais on demande simplement la place qui nous est due. Donc on ne veut pas 100% mais seulement 35%.Il y aura 65% qui seront encore toujours vacantes. Cette notion d'intégration positive des minorités est appliquée aux Etats-Unis. Nicolas Sarkozy pour sa part en parle en des termes de «minorité visible». Mais à Maurice, les minorités, surtout les Créoles, sont invisibles dans la fonction publique.

Communalisme institutionel

Raison avancée pour la sous représentation des Créoles dans le fonction publique est qu'ils ne sont pas qualifiés. De grâce, cette raison n'est plus plausible en 2007. Je peux vous donner de longues listes de Créoles qualifiés. Une question simple : est-ce que les nenenn dans les hôpitaux ont besoin de diplômes universitaires ? Mais où sont les Créoles dans ce secteur ? Combien de Créoles qualifiés doivent s'expatrier vers l'Australie ou le Canada, faute d'un poste dans le gouvernement ? Le communalisme institutionnel contribue à une hémorragie de l'intelligentsia créole. Il y a un brain drain au sein de notre communauté. C'est la jeune génération qui en souffre le plus.

Soyons vrais et francs : les Hindous et les Créoles, quand ils s'unissent, font le progrès de Maurice. Mettons nos apriori politiques de côté et regardons les faits historiques : Ramgoolam et Duval, Jugnauth et Bérenger sont des exemples concrets où l'unité a fait le progrès. Comme deux frères jumeaux, nous, Créoles et Hindous, avons besoin de l'un et de l'autre pour que la famille mauricienne puisse réussir. Nous mepriser, c'est mépriser la réussite socio-économique de notre pays. Est-ce cela que nous voulons ? Absolument pas.

Une nouvelle page a commencé à être écrite à Maurice. Celle d'un mouvement de Creole Conciousness. Un travail d'emporwerment pour que le Créole puisse être conscient de sa condition et pour qu'il puisse, avec ses ressources intérieures (intellectuelle, matérielle, et spirituelle), prendre sa juste place dans la société. Tout cela se fera dans la non-violence de Gandhi et de Luther King. Alors mon peuple pourra crier comme ce joli chant gospel des noirs américains : «Free at last, free at last. Thank God Almighty, we are free at last.»

Olivier Précieux

rhop2007 @yahoo.com

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