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Une grande «âme» du XXe siècle


Mahatma Gandhi, apôtre de la non-violence

L'amour est la force la plus puissante de l'univers. Cette pensée du Mahatma Gandhi, apôtre de la non-violence, une des plus grandes «âmes» qui a marqué l'histoire de l'Inde, de l'humanité entière, révèle les traits prédominants de sa personnalité.

Né le 2 octobre 1869, en Inde, Gandhi aura, grâce à sa philosophie de non-violence, été l'architecte de l'indépendance de l'Inde. Mardi 2 octobre, l'Inde moderne a fêté le 138e anniversaire de sa naissance. Un Bapu, l'homme vêtu d'un pagne, utilisant le rouet, est encore aujourd'hui un symbole de la «libération» de l'homme contre toutes les forces, telles la dictature, la discrimination, le racisme, l'injustice sociale, le castéisme, le communalisme, la violence...

Dans son combat non-violent contre les Anglais colonialistes, Gandhi a lutté pour l'éducation et l'émancipation de la masse et l'harmonie entre les différentes races, cultures et communautés.

Son amour pour les démunis de la société et sa grandeur d'âme sont encore aujourd'hui reconnus dans la Grande Péninsule. Son combat pendant environ 35 ans pour libérer son pays, de la domination, de l'exploitation colonialiste, de la misère, de la faim, de la violence interethnique lui a valu le surnom de «Mahatma», une grande âme. Il a toujours affirmé être chrétien, juif, musulman et hindou.

Ser mon sur la montagne

Hindou, il ne cachait pas son admiration profonde pour la Bible, l'Evangile, notamment pour le «Sermon sur la montagne», par Jésus. Il est originaire d'une famille aisée, dont le père était Premier ministre du Rajkot. Sa mère avait une foi inébranlable en Dieu et passait son temps à la lecture des Ecritures saintes.

Inspiré par sa mère, le jeune Mohandass consacrait son temps aux études, au jeûne, à la prière. A 13 ans, il épousa Kasturbai, une jeune fille indienne. Il avait l'ambition de devenir avocat. Son frère aîné l'aida pour qu'il puisse voyager afin de faire ses études à Londres.

En septembre 1888, il débarque à Londres. Il se consacra à ses études de droit et devint avocat en 1891. Il retourna en Inde et commença à pratiquer au barreau. Une anecdote au sujet du jeune avocat Gandhi : il se rendit un jour en Afrique du Sud. Il voulait prêter ses services à Dada Abdullah, un musulman. A cette époque, il était âgé de 23 ans. Une fois à Durban, il prit le train pour Pietermaritzburg. Arrivé à une gare, il est expulsé d'un wagon de première classe, malgré son billet en main.

Mohandass Gandhi, comme tout jeune, était en colère. Il avait à choisir entre rester tranquille et continuer son chemin pour aller à la rencontre de son client ou mener la lutte pour une amélioration du sort des Indiens dans ce pays. Il choisit cette dernière option. L'important pour le jeune Gandhi consiste à œuvrer afin d'éliminer le mal, et pour cela, il s'imposa d'énormes sacrifices. C'est la grande leçon qu'il transmit à l'humanité, inspiré des extraits de son livre My experience with truth. Mohandass mena une lutte «non-violente», mais avec courage, une ardeur, un dynamisme exceptionnel contre le régime d'apartheid. La philosophie de lutte «non-violente» n'est pas une capitulation, une abnégation, mais une provocation pour atteindre le but ultime, la Vérité. «Truth and non-violnce» furent les armes de Gandhi durant toute sa vie.

Armé de cette force «spirituelle» intérieure, Gandhi entreprit le combat pour la libération de la Grande-Péninsule. Son combat politique de la force spirituelle d'Ahimsa lui permet de mobiliser des foules monstres partout à travers l'Inde.

Certes, le Mahatma ne mena pas le combat pour la libération de l'Inde, seul. A ses cotés, il avait ses amis fidèles, le pandit Jawaharlal Nehru, fondateur du parti du Congrès ; Chandra Ghose ; Mohammed Ali Jinnah, celui qui devait plus tard fonder le Pakistan, après la partition de l'Inde.

Gandhi devait avouer, un jour, qu'il lisait et méditait sur le Coran, livre sacré des musulmans, et avait une profonde admiration pour l'Islam et les musulmans, A Ahmedabad, il fonda une maison charitable pour les intouchables en 1915. Il mena un combat impitoyable pour démanteler le système de castes, renverser les barrières sociales entre hindous et unir hindous, musulmans, chrétiens dans son combat héroïque contre l'oppresseur britannique pour la libération de l'Inde. Il déclencha, au Bihar, le premier mouvement de Satyagraha pour une réforme agraire.

Marche du sel

Une action historique : le Mahatma entreprit la fameuse marche du sel à travers l'Inde pour déclencher un mouvement de désobéissance civile contre la loi oppressive anglaise. Action civique et politique résultant en fusillades, morts, matraquages, emprisonnements, répression de l'armée britannique. Notre compatriote Alain Gordon-Gentil a écrit un merveilleux ouvrage, Les moussons intimes, sur cet épisode de la marche pacifique du sel. Un événement historique...

Le 31 mars 1930, Gandhi signa un pacte de paix avec le vice-roi, Lord Irwin, mais après les troubles de janvier 1932, il fut arrêté et condamné à trois ans de prison. En août 1942, il mena une campagne de désobéissance civile pour demander aux Anglais de quitter l'Inde. Ce fut un drame, les hindous eurent recours à la violence, hindous et musulmans s'entredéchirèrent. La violence fut réprimée par l'armée britannique de façon meurtrière. L'inde connut un bain de sang.

Gandhi fut arrêté et emprisonné. Il entreprit une grève de la faim, jeûnant jusqu'au bout de ses forces, afin que l'ordre, la paix sociale et l'unité règnent entre hindous, musulmans et chrétiens.

Son but ultime : lutter par la non-violence pour la libération de son peuple de la domination britannique. Libéré, il participa à la Conférence constitutionnelle de Londres, sur l'indépendance de l'Inde, en 1947. Jour historique, le 1er août 1947, la Grande-Péninsule, obtint son indépendance. Le Mahatma Gandhi avait réussi sa mission historique. Son peuple était enfin libéré du colonialisme...

Drame tragique, le 30 janvier 1948, Gandhi tomba sous les balles de Nathuram Godse, un fanatique brahmane de Poona. Les mains jointes, il prononça les mots : «O RAM, RAM...» avant de rendre l'âme à 15h40. Ainsi mourut l'homme qui a marqué par son combat héroïque, admirable et exemplaire, l'histoire de l'Inde et de l'humanité.

Gérard Clermont

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