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Tout dans l'intérêt de l'enfant

C'est en 2003 que le Foster Care, le département s'occupant des placements des enfants en famille d'accueil, voit le jour. Comme alternative à la surpopulation des orphelinats et des centres d'accueil pour enfants en difficulté, ce département organise les choses pour que certains enfants puissent grandir au sein d'une famille. Situation temporaire, car le département ne s'occupe nullement d'enclencher des procédures d'adoption.

Si la procédure pour être acceptée comme famille ptend trois mois, dans la plupart des cas, les démarches sont éprouvantes : questionnaires ayant trait à l'enfance des demandeurs, évaluation du dossier par un Foster Care Advisory Committee, visite au domicile du demandeur, consultation avec un psychologue (dans certains cas)...

«Tout est fait dans l'intérêt de l'enfant», explique Wendy Rose-Gujadhur, coordinatrice du Foster Care Departement. «Nos objectifs sont a) trouver des familles pour ces enfants qui sont au Shelter, b) faire le suivi des familles d'accueil, mais aussi des familles biologiques et voir les possibilités de réintégration.»

En effet, le ministère essaie autant que possible et tant que l'enfant n'est pas mis en danger, de ne pas couper définitivement le lien entre l'enfant et sa famille biologique, ceci afin qu'à l'avenir l'enfant puisse connaître ses racines.

Or, faire le suivi des parents biologiques n'est pas toujours facile, car beaucoup sont en difficulté : alcool, drogue, emprisonnement, prostitution,... Tout enfant ne peut non plus être placé dans des familles. Seuls ceux qui répondent à certains critères peuvent être choisis pour être placés en famille d'accueil. A ce jour, le département a pu trouver une famille pour une cinquantaine d'enfants. «Nous avons des enfants de tout âge, mais nous avons beaucoup plus de demande pour les enfants en bas âge. Quant à ceux âgés de 8-9 ans, leur placement est quelque peu difficile, parce que comme ils ont des souvenirs de leur passé, leur intégration dans de nouvelles familles se fait plus difficilement. D'autre part, nous ne plaçons pas des enfants qui ont, par exemple, été victimes d'abus sexuels.»

A ce jour, il n'y a pas eu de réelles études pour évaluer le bienfait des familles d'accueil. Néanmoins, affirme Wendy Rose-Gujadhur, «à voir l'épanouissement de ces enfants, la façon dont ils sont choyés, leurs progrès académiques, il est clair que ces enfants sont bien mieux au sein d'une famille que dans un orphelinat».

A noter que le placement en famille d'accueil se fait sur une base temporaire, sur ordre d'un magistrat et qu'il est renouvelable chaque année ou tous les deux ans jusqu'à ce que l'enfant atteigne ses 18 ans.

Quelques critères pour être Foster Parent

* Etre âgé de 25 à 60 ans

* Etre stable financièrement

* Etre stable émotionnellement

* Avoir un endroit sain pour accueillir l'enfant

* Adhérer au concept de la famille d'accueil

Pour plus de renseignements,
contactez Wendy Rose-Gujadhur,

Damini Soburrun ou Vimla Ramburuth

sur le 206 3751 et le 206 3754.

Rowin Naraïdoo, président de la Foster Parents Association


«Notre démarche est civile et citoyenne»

La Foster Parents Association (FPA) a été officiellement lancée le mercredi 3 octobre dernier. Explication de la mission de l'association, du pourquoi de sa création et de ses objectifs avec Rowin Naraidoo, le président.

Qu'est-ce que la Foster Parents Association et quelle est sa mission ?

Nous sommes une association regroupant des personnes enregistrées comme «familles d'accueil». Nous nous sommes regroupés il y a environ 4-5 mois et notre mission est de nous occuper du bien-être, non seulement des enfants qui nous ont été confiés, mais aussi de ceux qui sont ailleurs et qui ont besoin d'un coup de pouce. Quand on dit bien-être, il est avant tout question d'amour, d'affection, d'intégration, de santé... Par exemple, il y a eu tellement d'occasions où ces enfants ont été marginalisés. Notre priorité est aussi de protéger tous ces enfants qui sont menacés par les dangers de notre société malade : des abus, de la violence, du viol, de la pauvreté...

Nous voulons travailler aussi bien avec les actuels Foster Parents qu'avec ceux qui désirent s'y engager. Pour ces derniers, nous aurions souhaité mettre en place un système de conseil, mais aussi organiser des activités telles que des ateliers de travail ou des sessions de formation. Nous souhaiterions aussi apporter notre aide aux parents en difficulté, faire leur suivi et essayer ainsi de faire un travail de réhabilitation.

Tout ceci, nous désirons le faire en partenariat avec le ministère de la Femme, les départements responsables du bien-être des enfants et de la famille, comme la Child Development Unit (CDU), et d'autres ONG.

Malheureusement, certains auraient souhaité que nous soyons plus dociles, plus effacés. Or, nous nous sommes fixé une mission : nous occuper de tous ces enfants qui ont besoin d'aide d'une manière ou d'une autre.

Comment comptez-vous procéder ?

Nous sommes déjà sur le terrain dans plusieurs localités à travers l'île : Rivière-des-Anguilles, Batimarais, Vacoas... Par exemple, nous aidons les enfants et leurs familles à faire des démarches administratives comme déclarer les enfants ou les faire admettre à l'école. Et, nous comptons énormément sur l'aide de la CDU, du ministère de la Justice ou de la Santé. Il est clair que notre démarche est civile et citoyenne. Et l'Etat et nous avons un but commun. Nous ne voulons pas nous limiter à organiser des levées de fonds seulement.

Quelles sont quelques-unes des difficultés auxquelles font face les «Foster Parents» ?

Déjà, les formalités pour être une famille d'accueil sont longues et nous ne comprenons pas toujours les raisons de certaines questions posées dans le formulaire. Pour ceux qui désirent plus tard adopter un enfant, il faut compter au moins Rs 50 000 pour les démarches. Outre un manque d'information par rapport aux démarches liées à l'adoption, nous trouvons aussi que le coût est élevé.

En ce qu'il s'agit de l'allocation que donne le ministère aux familles d'accueil pour les aider à subvenir aux besoins des enfants (Rs 1 300 par mois), contrairement à ce qui avait été promis, cet argent est irrégulier. On nous avait laissé comprendre que l'argent allait être versé à la date de paiement des salaires des fonctionnaires. Or, aujourd'hui encore, il y a des mois où l'argent n'est même pas crédité.

D'autre part, bien souvent nous accueillons des enfants sur lesquels nous n'avons pas d'information du tout. Nous aurions souhaité qu'une fiche bien détaillée de l'enfant nous soit donnée au moment où l'enfant nous est confié. Pour l'heure, bien souvent les familles d'accueil font faire un check-up médical à l'enfant, à leurs frais.

Légalement, quels sont les aspects qui mériteraient d'être améliorés ?

Nous avons déjà parlé au ministre de la Justice, Rama Valayden. Nous allons d'ailleurs le rencontrer de nouveau bientôt. Nous aurions souhaité que les frais d'adoption soient éliminés. C'est un handicap considérable pour ceux qui veulent adopter les enfants qu'ils accueillent, mais qui n'ont pas de moyens. Actuellement, il n'y a toujours pas de Family Court, comme l'avait proposé le ministre Valayden. Or aller en cour, comme cela se fait pour l'instant, est une expérience traumatisante pour ces enfants.

Pourquoi, malgré tous ces déboires, continuez- vous à accueillir ces enfants ?

Nous le faisons par amour. C'est aussi notre rôle de citoyen et pour d'autres, qui comme moi croient dans une religion, une responsabilité de croyants. Et puis, ces enfants attendent que nous les aimions, que nous leur accordions l'attention.

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