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Association Maurice de Rome Onlus


Chaleur, solidarité et intégration

Fondée il y a une vingtaine d'années, l'Association Maurice de Rome Onlus (Associazione Mauriziana Roma Onlus) vient de renouveler son comité exécutif, avec Yvonnette César reconfirmée à la présidence, ainsi que des membres qui œuvrent pour sa reconnaissance sur le plan national.

Bien intégrée dans la vie italienne, l'association - qui comprend aussi des Mauriciens de Palerme et de Naples ainsi que des Italiens - s'est démenée au fil des années pour se consolider et obtenir un statut légal.

«Au départ, la majorité des migrants mauriciens en Italie était des femmes venues y chercher du travail. Elles ont trouvé un lieu d'accueil, de rencontre et de solidarité chez les religieuses du Bon et Perpétuel Secours, à via Merulana 170, congrégation internationale fondée par une Mauricienne, Caroline de Lenferna, raconte Rosemarie Modess, la secrétaire. Un lieu pour vaincre ensemble leur pesante solitude.»

Un lieu qui a su garder intacte sa vocation au fil des années. Continuer sur la voie déjà tracée, participer à la vie des migrants et s'intégrer plus profondément à la vie italienne. Sans compter cette volonté d'être un lien et un support pour chaque Mauricien dans ses besoins quotidiens.

«La messe célébrée en créole, chaque deuxième dimanche du mois, est devenue un rituel connu de tous. C'est l'occasion de se voir, de partager les dernières nouvelles», poursuit notre interlocutrice.

Porte-drapeau

L'Association se veut aussi porte-drapeau de la culture mauricienne dans ses divers aspects. D'ailleurs, elle dispose de «groupes de braves danseuses» : d'une part, le Tropical Dance, que Diana Jean-Baptiste «suit avec amour». Elle a notamment pris la responsabilité, cette année, d'enseigner cette danse typique à des enfants de 3 à 7 ans, qui ont d'ailleurs participé à la Fête de la République au grand plaisir de tous. Et, d'autre part, le groupe Nu Ki La, de Rubin Rave.

Une association d'expatriés et de troupes de séga qui participent activement aux activités organisées pour les émigrés au niveau de la commune de Rome. «Cette année, pour la sixième fois, nous avons répondu présents, en mai dernier, à la Fête du peuple

en la basilique Saint-Jean-de-Latran, souligne Rosemarie. C'est une très grande rencontre où toutes les communautés étrangères sont représentées, chacune par un stand de sa culture, cuisine nationale, spectacle de danse....» Une Fête du peuple qui inclut aussi une grand-messe célébrée par des cardinaux et où résonne le créole et les chants dans cette langue.

Cette année a été aussi riche en événements. Entre autres : la grande manifestation qu'est l'Intermundia, à Piazza Vittorio. L'association a fait montre de son savoir culinaire ; des plats appréciés de tous, sans distinction.

«Mais notre rencontre clou reste la Fête de la République, chaque 12 mars, où les Mauriciens se réunissent au-delà de leur appartenance, en compagnie d'Italiens, de dignitaires qui nous font l'honneur de leur présence et de leur amitié, dont notre consul, Denis Cangy.»

Deuxième et troisième générations

Entourées aujourd'hui de leurs familles, ces émigrées mauriciennes de la première heure ont donné naissance à une deuxième, voire une troisième génération. Des jeunes qui ont grandi en Italie, qui y ont fait toutes leurs études, qui parlent l'italien à la manière des autochtones.

«Toutefois, constate Rosemarie Modess, ils restent «coincés» entre leur double nationalité, une réalité commune à tous les enfants d'émigrés. Et la troisième génération, les enfants nés de ces jeunes, commencent à fonder famille. Mais les difficultés ne sont pas moindres. Heureusement que depuis quelque temps, les jeunes ont commencé à bouger, à s'organiser en petits groupes, mettant sur pied des bals et autres pique-niques. C'est un grand soutien pour l'association, car les premiers membres commencent à se faire un petit peu vieux. Nous avions besoin de ce renouvellement et de cette bouffée de jeunesse.»

Et Rosemarie Modess de conclure sur cette note empreinte d'émotion : «Quand chacun rentre chez soi, après ces chaleureuses retrouvailles ou après une dure journée de métro-boulot-dodo, il reste la nostalgie de nos dialsa, de nos fêtes à l'ile Maurice et de tous ceux qu'on a laissés au pays. Et la solitude se fait un peu sentir...»

Danièle Babooram

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