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Benoît Duvergé et Cinthia Bien Aimé


«Nous avons été transformés»

Désignés par le diocèse de Port-Louis, sur recommandation des pères Jean-Claude Véder et Alain Romaine, pour suivre une formation sur l'humane vitae, Cinthia Bien Aimé et Benoît Duvergé sont de retour au pays au bout de deux années d'études. «Transformés», mieux «armés» et plus aguerris dans leur foi, ils comptent bien mettre tout ce qu'ils ont reçu au service des autres en tant «qu'agents du Royaume», l'un au sein de la pastorale des jeunes et l'autre au sein de la Commission catéchèse. Les cours ont été dispensés à l'Institut international Humane Vitae, à Bruxelles, Belgique.

Impliquée depuis plusieurs années au service de l'Eglise, c'est à partir de son engagement au sein de la pastorale des jeunes que Cinthia Bien Aimé a été désignée pour suivre la formation de Gradua Majeur sur la pastorale de la communauté, axée sur la pastorale des jeunes. Actif, lui, avec la Commission catéchèse, plus particulièrement dans le parcours de Pèlerin d'espérance, c'est tout naturellement que Benoît a été dirigé vers la branche qui privilégie la catéchèse. Au final, les deux ont de nouveaux outils pour l'analyse d'une problématique basée sur la méthode de Joseph Cardijn, fondateur de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) : voir, juger et agir.

«Voir» les causes d'une situation pour faire une analyse ; «juger», avec l'apport de la théologie en cherchant un éclairage biblique ou à travers les magistères universels et locaux ; et «agir» en partant du concret vers l'abstrait pour rejaillir de nouveau sur le concret avec l'action sur le terrain. Durant ces deux ans de formation, ils ont étudié divers secteurs (modules) : l'analyse, la bible, l'histoire et les dogmes, la catéchèse, la pastorale et le développement.

A la fin de chaque année d'études, ils ont eu à présenter un mémoire basé sur leur expérience à Maurice dans leur engagement respectif. C'est ce qu'ils espèrent mettre en pratique, en consultation avec les responsables concernés. Les deux rassurent qu'ils n'ont pas de solutions miracles pour toutes les situations. Ils n'entendent pas non plus chambouler le travail qui se fait déjà, mais d'essayer de voir comment l'adapter et l'améliorer selon la manière de faire qui leur a été enseignée en prenant le train en marche et en faisant route ensemble.

Transformation

Forte de l'expérience qu'elle a vécue à l'institut, Cinthia Bien Aimé dit avoir été transformée à plusieurs niveaux. D'abord en tant que laïque, elle a pris plus conscience de sa mission de baptisée en étant témoin et agent du Royaume. «J'assume mieux mon rôle d'engagée à la suite du Christ avec une plus grande foi.» depuis sa rencontre avec des étudiants de diverses nationalités (une trentaine), elle explique qu'elle a une plus grande ouverture vers les autres cultures et à d'autres façons de vivre. «J'ai appris à découvrir les richesses de chaque personne et l'accepter tellequ'elle est.» Cinthia Bien Aimé déclare aussi qu'elle a beaucoup gagné en maturité personnelle et humaine.

Benoît Duvergé explique, pour sa part, avoir aussi pris conscience de son baptême, qu'il essaye de réactualiser dans sa vie d'adulte. Il sent aussi cette transformation pour être au cœur du Royaume avec les autres et témoigner de ce Christ mort et ressuscité en qui il croit plus fermement. La rencontre avec les autres étudiants a aussi été une formation pour lui. Leur manière de vivre leur foi l'a beaucoup interpellé. Néanmoins, il est d'avis que le parcours a été mystagogique dans la mesure où il l'a vécu comme le «sacrement de confirmation». Une confirmation dans sa foi et dans ses convictions. Le changement intérieur qui s'est opéré l'incite à aller de l'avant. «C'est comme de l'huile qu'on met dans une lampe pour lui permettre de briller.»

Le parcours leur a aussi permis de prendre conscience qu'il y a d'autres manières de faire Eglise et que d'autres réalités ecclésiales existent, mais que tous ont un même et seul objectif : œuvrer pour l'avancement du Royaume.

Jean-Marie St-Cyr

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