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Jubile d'or de la Ligue ouvrière d'action catholique (LOAC)


Mgr Amédée Nagapen invite
à une «espérance créative»

La pédagogie de l'action catholique - voir, juger, agir - était à l'honneur, dimanche dernier, en l'église N.-D.-de-La-Visitation, pour les cinquante ans de la Ligue ouvrière d'action catholique (LOAC) diocésaine. Et Mgr Amédée Nagapen s'est donné la peine de retracer les belles pages de ce mouvement d'ouvriers et de couples, tout en le projetant dans l'avenir. D'où l'invitation aux membres à faire preuve de «fidélité créatrice» afin d'incarner pleinement l'Evangile dans la vie de tous les jours.

Pour Mgr Amédée Nagapen, cet anniversaire est une aubaine pour comprendre «l'apport spécial» de la LOAC au sein de l'Eglise. Soit, une pédagogie qui «a aidé l'Eglise à trouver et à accomplir sa vocation» et largement appropriée par le document conciliaire Gaudium et Spes («L'Eglise dans le monde de son temps»).

De plus, la LOAC, à travers l'engagement de ses membres, a «éclairé l'Eglise sur le monde ouvrier, la famille ouvrière, les enfants d'ouvriers, la dignité ouvrière, sur le travail...» Bref, un éclairage sur la vie ouvrière dans ses divers aspects. Un «enrichissement pour la paroisse, la société et l'Eglise» qui, autrement, auraient pu rester coupées, imperméables à certains aspects de ce qui fait la vie des hommes et des femmes.

En retour de ce qu'elle a donné à l'Eglise, la LOAC reçoit d'elle, entre autres, la Parole, nourriture du disciple de Dieu. Une Parole qui «sert de référence à l'enseignement social de l'Eglise». Et qui font des militants de la LOAC des «ouvriers de la transformation du monde» pour que le «Royaume commence ici-bas».

«Les aînés se sont laissé éclairer par cet enseignement social de l'Eglise. Avec le temps, avec les moyens dont ils disposaient, ils ont transformé, à leur manière, le monde», a expliqué Mgr Nagapen, en citant plusieurs créneaux d'engagement : la réflexion en marge de l'accession du pays à l'indépendance, le syndicalisme, la militance pour des conditions humaines dans la zone franche, l'incitation à l'épargne par le biais de la Credit Union, la solidarité avec les réfugiés du cyclone Claudette et, plus récemment, avec les sans-logis...

Autre cadeau de la LOAC : la Révision de vie comme instrument de travail. Une méthodologie qui fait le lien entre la vie et la foi, qui place l'Evangile dans la vie de tous les jours et les actions sous l'éclairage de l'Evangile.

Quant à l'avenir, Mgr Amédée Nagapen a invité la LOAC à le vivre sous le signe de l'e

spérance, plus particulièrement une «espérance créatrice». Une espérance, sous le souffle de l'Esprit-Saint, qui fait face à l'impossibilité et qui «invente de nouveaux chemins» afin que ses membres soient des «pèlerins d'espérance». Et incitant la LOAC à «s'inspirer du dynamisme des aînés», Mgr Amédée Nagapen a dressé une liste de défis contemporains : entre autres, l'empowerment des femmes, la réflexion autour de l'Employment Relations Bill/Employment Rights Bill, la collaboration avec les ONG... Sans compter l'essentiel «travail de visibilité» de la LOAC.

Clôturant l'année jubilaire - dont le thème était «Selebre nou lavi, mars dan lesperans» - cette action de grâce était présidée par Mgr Nagapen et concélébrée par les pères Sylvio Lodoiska, aumônier national de la LOAC, Bernard Réniers et Roger Cerveaux, dont c'était d'ailleurs la dernière messe dans la paroisse vacoassienne.

L'Evangile au quotidien

Pour Eddy Moocarme, la méthodologie de la LOAC «permet le discernement sans brûler les étapes». Elle permet une foi incarnée, qui «prend en considération la vie dans son ensemble». De sorte que, par exemple, la foi et l'Evangile ne se résument pas «le temps d'une célébration eucharistique», mais se vivent au quotidien.

«La vie en marche»

La vie en marche est une publication parue pour les cinquante ans de la LOAC. Une publication qui fait la part belle aux actions qui ont marqué l'histoire du mouvement à Maurice et aux principales actions des récentes années : accompagnement des sans-logis, des familles/proches des marins pêcheurs disparus du King Fish II et IV, de la commission Femme et de l'action de l'équipe de Tranquebar à l'école primaire de la région. Dans son éditorial, Mario Jolicœur définit les objectifs de La vie en marche : «Témoigner de la vie, de l'action, des réflexions des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants du monde populaire. Redonner de la valeur à la parole des gens simples.»

Danièle Babooram

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