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Brigade des mineurs


Quand la police accompagne les jeunes

Dans un bureau au neuvième étage de la Sterling House se trouve le bureau central de la Brigade des mineurs. Ici s'affairent des hommes et des femmes dont la mission est de protéger les enfants et les adolescents. Or, malgré toutes les bonnes volontés, sans l'aide des parents et des enseignants, leur chance de succès est minime - d'où les initiatives pour les mettre dans le coup.

Information, éducation, prévention et répression : voilà les quatre champs d'action de la Brigade de mineurs, fondée le 21 mai 2004. «L'information se fait à travers des campagnes à la radio et à la télé ou la presse écrite», explique le sergent Shanan Purhooa. «Alors que pour l'éducation, nous allons vers le public, dans les écoles...» Ainsi se distingue, selon le personnel de cette unité, ces deux premiers types d'actions.

La prévention, poursuit notre interlocuteur, se fait particulièrement par un travail de terrain. «Nous sommes dans les endroits à risque, où nous assurons une patrouille.» La répression se pratique le plus souvent à l'égard des commerçants. «Il s'agit là, par exemple, de revendeurs qui vendent de la cigarette ou de l'alcool aux mineurs ; de clubs qui sont ouverts à des heures illégales et qui attirent les jeunes ; de ceux qui abusent des enfants à travers la mendicité, le trafic de drogue...»

Protéger les enfants

L'objectif de la Brigade, explique l'officier de police, est clair : protéger les enfants et les jeunes de moins de 18 ans de tous les dangers qui les guettent. Cela va de l'abus de l'alcool et de drogue à l'école buissonnière (où l'enfant est la proie de tous les dangers : agressions, vols, viols,...) en passant par l'errance et les mauvaises fréquentations... Un travail qui se fait en collaboration avec la Child Developement Unit (CDU), l'Ombudsperson for Children, de travailleurs sociaux, des ONG tels que Safire, des enseignants et parents.

La Brigade des mineurs a fort à faire, selon les dires du sergent Purhooa. «Actuellement, nous avons six cas de prostitution infantile à travers l'île, des cas de child labour nous ont aussi été rapportés. Dans ces cas précis, il s'agit là de faire une enquête approfondi pour bien déterminer si c'est de la main-d'œuvre infantile ou si c'est un enfant qui fait un petit boulot. Nous avons aussi des cas impliquant des maisons de jeux.»

Même si les meilleurs moyens sont déployés, la Brigade sait que ses projets ne remporteront pas

de grands succès sans la collaboration des parents et des enseignants ­ ces personnes qui passent le plus de temps avec les enfants et les jeunes. Ainsi, au niveau de Port-Louis, la Brigade a organisé un atelier de travail avec des jeunes fréquentant des collèges de la capitale et leurs enseignants.

Objectif : discuter de plusieurs thèmes touchant les jeunes, tels que la violence, l'indiscipline, l'abus de drogue et d'alcool. Et les informer sur ce que préconise la loi concernant ces délits ; avoir des discussion; et, enfin, commencer à établir des résolutions qui seront par la suite distribuées dans ces collèges sous forme de posters. «Nous commençons aussi à tisser des liens avec les enseignants. Ainsi, si certains cas nécessitent notre intervention, ces personnes font appel à nous et nous agissons en toute discrétion.»

Indispensable

Tact indispensable, que ce soit dans l'approche des jeunes ou de leurs parents. «Si des problèmes sont notés chez tel où tel enfant, nous allons voir ses parents un après-midi et, avec l'aide de travailleurs sociaux et de psychologues, nous essayons ensemble de résoudre le problème.» Soulignons que depuis quelques années, de plus en plus de cas liés à des problèmes comportementaux ont été signalés.

Dans le but d'arriver à établir de meilleures relations avec les parents et de les aider à avoir des relations plus harmonieuses avec leurs enfants, une école des parents a été lancée à l'école primaire de Pointe-aux-Sables le jeudi 20 septembre dernier. Ce projet pilote prévoit une rencontre mensuelle avec les parents dont les enfants fréquentent cet établissement, en présence de travailleurs sociaux, d'enseignants et de parents médiateurs. «Nous voulons ainsi responsabiliser les parents et les inciter à nous aider dans notre lutte contre la violence et l'indiscipline», explique le sergent Purhooa.

D'autre part, ce programme prévoit aussi d'encadrer les familles avec les enfants en difficulté en mettant les services appropriés à leur disposition. Les enfants non scolarisés ne sont pas en reste, la Brigade prévoit de les atteindre à travers les travailleurs sociaux. Si ce programme est un succès, il sera étendu à d'autres écoles de l'île.

Martine Théodore

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