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Gros sous et décadence...

Les pouvoirs publics viennent d'annoncer de nouvelles mesures contraignantes quant à la vente et à la consommation de cigarettes et d'alcool. Les mineurs sont les principales cibles de cette initiative, les autorités estimant que nos adolescents n'ont pas la maturité nécessaire pour faire des choix pouvant porter atteinte à leur bien-être physique. Mais qu'en est-il de leur santé morale ?

Depuis quelques années, évolue dans le paysage de la presse mauricienne un magazine spécialisé censé traiter de la sexualité. Et force est de constater que ses lecteurs sont en majorité des jeunes. Ce qui pose problème, car cette publication a opté pour le sensationnalisme, abordant des sujets délicats avec amateurisme et vulgarité.

Alors que le lecteur adulte de cette publication peut construire sa propre pensée à partir de ce qui est présenté, il est évident que nombre de jeunes peuvent se sentir complètement perdus. A l'âge où nombre d'adolescents se cherchent, n'est-il pas dangereux de les mettre de manière si grossière devant des comportements sexuels, avouons-le, hors-normes : zoophilie, échangisme... ?

Dans une société où le matraquage érotique, sinon pornographique, remet en cause nos valeurs en matière de sexualité, il y a un urgent besoin d'une éducation qui permette d'accompagner le jeune adolescent dans son développement psycho sexuel. Ainsi, au lieu de se concentrer sur des enjeux purement communaux, les organisations socioculturelles, qui ne cessent de parler de valeurs traditionnelles, devraient envisager les moyens de contrecarrer l'effet dévastateur de cette désinformation sexuelle chez nos jeunes.

De même, le pouvoir actuel, au lieu de faire du musellement de la presse son cheval de bataille, devrait s'interroger sur la pertinence de ce genre de

publication si profitable du point de vue purement commercial.

Non ! Nous ne pouvons demeurer aveugles quant aux dangers qui menacent nos enfants. Nous pouvons brandir le flambeau de la liberté quand il s'agit d'adultes. Mais, il s'agit ici de jeunes adolescents. Nos conceptions éthiques et morales sur la sexualité divergent d'individu en individu, mais personne ne saurait nier que les besoins sexuels ne sont pas les mêmes à tous les âges ­ ainsi, on ne peut donner certaines informations, souvent erronées, à quelqu'un ne possédant pas la maturité nécessaire de les assimiler. Il est plus que temps que nos décideurs ouvrent tout grands les yeux sur ce qui se passe dans notre société. Et agissent.

Ce gouvernement et nos hauts fonctionnaires en sont pleinement capables. Nous avons ainsi pu voir leur capacité à faire diligence pour «démasquer» des taupes à la Mauritius Revenue Authority (MRA) et à la Tertiary Education Commission (TEC).

Qu'on ne vienne surtout pas nous accuser de puritanisme. Nous ne leur en voulons nullement de faire un journal sur la sexualité, mais d'en faire un dans ce qu'il y a de plus bas de gamme ! La réflexion de Jean-Paul II peut nous éclairer sur le rôle des médias dans cet enjeu : «Il ne s'agit pas de cacher la réalité à nos enfants. Mais, en revanche, nous devons exiger des médias qu'ils informent sur la sexualité et qu'ils le fassent avec rigueur, et non pas uniquement en l'employant comme appât commercial.»

La cause est entendue : la place existe dans le paysage de la presse mauricienne pour une publication vraiment professionnelle, qui aborderait de manière informative et éducative toute la question de la sexualité et de l'amour. Alors, Joséphine, n'est-il pas l'heure d'aller vous rhabiller ?

Erick Brelu-Brelu


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