Rodrigues.

Toutefois, la direction de l'école déplore que l'allocation allouée par le ministère de l'Education soit loin d'être suffisante. De plus, le transport de ces enfants n'est remboursé que si l'enfant a pris l'autobus alors qu'ils doivent payer un taxi chaque matin pour venir à l'école. Nicolas déplore qu'il n'y ait aucune rampe à la chapelle Bon-Pasteur qu'il fréquente depuis une bonne dizaine d'années.

FMMH

La Fraternité mauricienne des malades et des handicapés (FMMH) a été fondée par le père Henri Souchon un matin du 4 décembre 1976 - cela suite au témoignage poignant d'un Français, Jacques Le Breton, en l'église Immaculée-Conception lors de sa visite à Maurice. Il revenait de la guerre sans mains et sans yeux. Mais tout a changé dans sa vie : avant il croyait en l'homme sans croire en Dieu. Après la Guerre, il s'est mis à croire en l'homme et en Dieu, alors qu'il avait perdu ses mains et la vue. Depuis, il fait le tour du monde pour dire aux hommes que la vie est belle et mérite d'être vécue. Phrases suffisantes pour pousser le père Souchon à rassembler autour de lui, chaque mois, handicapés et malades de toutes communautés confondues. Comme le lien fait la force, c'était une occasion pour ces handicapés de vivre la fraternité dans la solidarité, l'amour, la joie et l'amitié.

L'association a été dirigée par les handicapés eux-mêmes, cela avec l'aide des bien-portants. Elle fut enregistrée officiellement en 1979. Grâce à des dons, le premier siège social fut construit et inauguré en 1983 à Grand-Rivière-Nord-Ouest. Deux autres sièges ont vu le jour à Curepipe et à Mahébourg respectivement en 1983 et 1986. Suivront ensuite Saint-Patrick, Saint-Paul, Rose-Belle et Souillac, qui fermeront leurs portes plus tard. Aujourd'hui, la FMMH compte 230 membres, dont 80 à Grande-Rivière-Nord-Ouest.

Les handicapés clament leurs droits

Le centre de Fraternité, unité de la Fraternité mauricienne des malades et des handicapés (FMMH), se trouvant sur la route Royale, Grande-Rivière-Nord-Ouest, est un lieu d'accueil pour les handicapés. Cet espace leur donne l'occasion de s'entraider et de prendre en main leur destinée. Faire valoir leurs droits pour que la vie des personnes handicapées devienne plus autonome et bénéficient d'une meilleure insertion en société. Et leur faciliter l'accès dans la société. Tels sont leurs objectifs premiers.

Cependant, la plupart d'entre eux ont une grosse déception quant à la société dans laquelle ils vivent. Tout porte présentement à l'individualisme et à la productivité. De sorte, que les personnes handicapées se sentent exclues. Elles ne sont pas productives - du coup, elles n'ont pas leur place. «Une société qui écarte les non-productifs et les faibles», disent plusieurs d'entre eux.

«A quand une intégration adéquate comme celle décrétée par les Etats-Unis ?», s'interroge le président, Jacques Lim Kee, avant de dresser une série de doléances :

- Pas d'autobus spéciaux pour accueillir les usagers des fauteuils roulants. A l'exemple des Low Floor Buses.

- Que les places de stationnement pour personnes handicapées ne soient plus occupées par les bien-portants.

- Rampes d'accès dans les églises et autres places publiques.

- Trottoirs - non-nivelés, modifiés sauvagement.

De plus, la pension d'invalidité remplacée par la pension de vieillesse. «Où est le bon sens ?», clame Jacques Lim Kee, président de la FMMH. «C'est un illogisme incompréhensible.»

Sandra Potié

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