Campagne de sensibilisation


Des hommes disent
«Aret Vyolans Kont Fam»

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«La liste s'allonge de jour en jour. Combien de temps encore des femmes et des filles seront-elles assassinées ou subiront des violence?» Question posée par un groupe d'hommes présents au stade Sir-Gaëtan-Duval le dimanche 23 septembre dernier, pour le match de football organisé dans le cadre de la campagne internationale «Aret vyolans Kont Fam» par la section mauricienne d'Amnesty International.

Pour Benjamin S, de Stanley, Rose-Hill, c'est à «nous les hommes de décider si nous voulons arrêter cette liste de femmes et de filles assassinées ou qui subissent des violences». Pour ce père de trois enfants, «trop de personnes souffrent de cette situqtion. Qui ne connaît une mère, une sœur, une proche victime de violences quotidiennes ?»

Malgré les lois et les ordres de protection émis par les tribunaux, la violence à l'encontre des femmes se poursuit. Malgré leur côté dissuasif, les ordres des tribunaux ne font pas reculer de manière significative la violence à l'encontre des femmes. «On a l'impression que les lois ne servent à rien. Le nombre de victimes ne cesse d'augmenter. Nous sommes une société deshumanisée.»

Contacté par La Vie Catholique, Georges Legallant, écrivain et membre de LPT, a estimé que «notre société a perdu ses repères. L'amour est également en voie de disparition et les époux également n'ont plus d'amour pour leurs épouses. Il est temps de revoir les Protection Orders. Car, il est inadmissible que certaines femmes sous Protection Order puissent continuer à être victimes de violences domestiques, certaines ayant même perdu la vie». Il a critiqué la mondialisation de l'économie, cause de la perte de certaines valeurs au sein des couples, avec des pressions étant exercées au niveau économique. Il a redit sa conviction en la libération de l'accès de la femme à la parole.

Sujet tabou

«Jusqu'à peu, le violence contre les femmes demeurait un sujet tabou. 'Sa enn

zafer ant mari ek fam.' Cette violence est aujourd'hui quotidienne. Et le degré de cette violence ne cesse de croître. Il manque d'hommes pour dénoncer cette violence à l'encontre des femmes», a déclaré Juliette François, psychologue.

Selon elle, la plupart des femmes victimes d'agressions physiques sont aussi victimes d'actes multiples répartis dans le temps. «Elles gardent le silence pour sauver leur couple, leur mariage ou pour protéger leurs enfants. Il y a différents types de violences contre les femmes : coups et blessure ; violence sexuelle (harcèlement, prostitution et viol) ; violence psychologique (critiques constantes, intimidations, chantage émotionnel et humiliations) ; violence domestique ...»

Toutes les ethnies

La législation ne peut régler tous les problèmes. «Il faut une éducation plus adaptée pour les jeunes, avec plus de la responsabilités. Un partenariat entre femmes et hommes, filles et garçons fondé sur le respect mutuel.» La psychologue a rappelé que les victimes sont de tout âge, milieux et ethnies et qu'elles vivent tous les jours sous la menace de la violence. Elle a souligné que l'évolution favorable du statut des femmes dans la société ont aussi généré des incompréhensions et accru la violence de certains conjoints ou ex-conjoints.

L'élimination de la violence contre les femmes demeure l'un des défis les plus préoccupants et les plus pressants de notre époque, ont rappelé les organisateurs de cette manifestation. «Face à la violence, notre devoir à tous est d'agir. Chacun d'entre nous doit promouvoir un milieu politique et social qui exclut à tout jamais la violence contre les femmes et les filles et où amis, parents, voisins, hommes et femmes, agissent pour Aret vyolans kont fam.»

Sylvio Sundanum

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