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Roseline Casset, responsable d'Eva


«Le jeune a besoin
d'une formation continue»

Après plus de 16 ans d'existence et de formation continue dans leur centre à Rose-Hill, le centre d'Education à la vie et à l'amour (Eva) opte pour la régionalisation. Mahébourg et le Sud ont été les premiers bénéficiaires et le succès de ce mode de travail semble acquis. Le point avec la responsable d'Eva, Roseline Casset.

EVA opte pour la décentralisation de ses services.
Qu'est-ce qui a motivé cette décision ?

Nous avons réalisé que la formation que nous offrons à notre centre à Rose-Hill ne touche qu'un certain public du fait qu'il y a plusieurs contraintes : la disponibilité, parce que les cours se font le lundi matin ; le coût du déplacement et les autres frais, entre autres.

Avec la décentralisation, nous allons vers les gens et nous touchons la masse. Des gens de milieux divers, qui vivent d'ailleurs différentes réalités. Un fait que nous devons prendre en considération en concevant nos programmes régionaux : rejoindre ces personnes là où elles sont, parler leur langage afin de bien transmettre le contenu du cours. L'expérience à Mahébourg a été dans ce sens une très grande richesse.

Depuis quand avez-vous commencé

à décentraliser vos services ?

Depuis 2004, quand Danielle Merle et Rolande de St-Pern avaient formé une petite équipe dans le Sud. Riches de cette formation, ces personnes, au nombre de six, avaient commencé eux aussi à faire de la formation avec les jeunes, dans les écoles et les groupes.

Or, sentant le besoin d'approfondir leurs connaissances, elles ont cette année fait appel à nous. Nous avons proposé plusieurs conférences auxquelles ont assisté une quarantaine de personnes de Mahébourg et des localités avoisinantes. Parmi, une dizaine ont choisi d'aller plus loin dans la formation et de se joindre au petit noyau déjà existant pour se mettre au service de la com

munauté du Sud.

Donc, jusqu'à la mi-octobre, nous avons deux jours de formation. Les samedis avec les anciens, pour un approfondissement de leur savoir et les dimanches avec les nouveaux que nous formons rigoureusement à être des formateurs.

Que se passera-t-il après ces cours ?

Toutes ces personnes seront appelées à transmettre leurs connaissances aux autres. A s'engager dans leurs paroisses, dans des groupes... chacune selon ses capacités. D'ailleurs, déjà, nous sentons très fort chez elles cette motivation, cette impatience à vouloir partager ce qu'elles ont appris. Dans leur préparation à être des formateurs d'Eva, nous prenons bien le temps de les écouter quand elles jouent aux formateurs afin de détecter leurs faiblesses et les corriger. Car être formateur demande tact, précision, aisance... Il faut savoir se tenir devant les participants, savoir utiliser les mots. La sexualité est un sujet profond qui nous touche tous dans notre être et dans notre intimité. Il est essentiel de savoir comment en parler, comment aider les gens à se former. Un simple mot peut casser, peut culpabiliser une personne.

Y a-t-il un profil type de ceux qui choisissent de s'engager ?

A Mahébourg, il y a eu beaucoup plus de couples qui s'engagent et je trouve que c'est une très bonne chose, car à travers le couple, on touche la famille, les enfants. Toutefois, il est aussi important qu'il y ait des jeunes qui se mettent au service également, car il est plus facile de transmettre un message destiné à

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