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Collège Notre-Dame


Insertion réussie pour les classes prévocationnelles

Ils sont 214 élèves, qui après avoir suivi le programme Prevokbek, ont participé aux examens kreol/anglais en juillet dernier. 76% d'entre eux ont réussi, ce qui est très encourageant pour le Bureau de l'éducation catholique (BEC). Les élèves ont reçu leurs certificats lors d'une «Graduation Ceremony» le vendredi 8 septembre dernier. Occasion pour «La Vie Catholique» de faire une incursion dans une classe prévocationelle et d'aller à la rencontre des élèves.

Nous sommes au collège Notre-Dame, Curepipe. La cour de l'établissement n'est pas bruyante, même si les filles sont nombreuses à s'adonner à plusieurs activités, qui leur classe d'éducation physique, qui une pause pour se détendre avant la prochaine classe, qui un match de volley-ball. D'autres encore préfèrent se plonger dans leurs notes.

Au bout de quelques minutes d'attente, Marjorie Legentil, responsable de la section prévocationnelle, nous introduit dans une des salles où les élèves suivent des cours de mathématiques avec leur enseignante, Jocelyne Nadal. Après un bonjour chaleureux, les élèves poursuivent leur travail. Emilie est au tableau, elle s'affaire à trouver le pourcentage d'augmentation de salaires d'après les chiffres donnés. La classe est en kreol/anglais.

Tour à tour, plusieurs élèves se retrouvent au tableau pour trouver la solution au problème donné, avec les explications de «Mademoiselle» quand une élève rencontre une difficulté. La classe est aussi consultée pour aider celle qui est au tableau, ce qui démontre qu'il n'y a aucune compétition entre les élèves et que l'entraide, valeur en perdition, est présente.

Travail d'équipe

A plusieurs reprises, en effet, l'enseignante demande d'abord aux élèves d'aider celle qui est au tableau à résoudre le problème de mathématiques avant d'intervenir personnellement pour expliquer les différentes étapes menant à la solution. Même si elle a à se répéter plusieurs fois, il n'y a pas de signes d'énervement. Elle s'assure que tout le monde a compris avant de passer à l'étape suivante.

Avec une douzaine d'élèves seulement dans la classe, elle a aussi le temps de passer d'une table à l'autre pour suivre la progression de chacune des élèves. Lors de l'examen de juillet dernier, ils ont été 93% à avoir réussi en mathématiques. Ce qui est très encourageant, alors que sans les classes prévocationelles, plusieurs se seraient sûrement retrouvées à la rue, sans avenir.

Interaction

La classe est aussi interaction et il y a de nombreux échanges entre élèves/élèves et élèves/enseignante. Sibela, Francesca, Annelise et Emilie sont unanimes à reconnaître que les classes prévocationelles sont plus intéressantes. Avec l'usage du kreol comme médium d'enseignement, elles avouent qu'il leur est plus facile de comprendre les explications de l'enseignant.

Du coup, elles ont repris goût à l'éducation et ont retrouvé le sourire. Le groupe d'élèves que nous avons rencontré se prépare à participer aux examens du troisième trimestre selon le programme d'études du ministère de l'Education. La confiance est de mise - confiance que partage la responsable du département, Marjorie Legentil. «Prevokbek enn nouvo sime pou enn nouvo lavi», avait dit Mgr Maurice E. Piat lors de la Graduation Ceremony. Il n'avait pas tort.

Jean-Marie St-Cyr

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