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Syndicalisme


LA RPSWA dénonce
l'agression physique
du Chef commissaire

Le mardi 28 août dernier, les responsables de la Rodrigues Private Sector Workers Associaition (RPSWA) ont tenu une conférence de presse au centre communautaire de Mangues pour commenter la situation sociale et économique. Selon John Milazar, président de ce syndicat, la misère gagne du terrain à Rodrigues.

Le syndicaliste John Milazar a d'abord dénoncé l'agression physique sur la personne du Chef commissaire, Johnson Roussety, le 27 août dernier, par un pêcheur et a demandé la réouverture de l'enquête policière sur l'agression de l'ex-Chef commissaire, Serge Clair, toujours par un groupe de pêcheurs.

Le syndicaliste a déploré que le gouvernement régional n'a pas tenu sa promesse en ce qui concerne la vente du prix du riz ration et de la farine ­ promesse que ces articles allaient être vendus au même prix qu'à Maurice. Le syndicat a fait un pressant appel à Navin Ramgoolam, Premier ministre, et à Rama Sithanen, ministre des Finances, pour enlever le coût du fret sur le trajet Maurice/Rodrigues pour ces deux denrées alimentaires de base.

Pour l'intervenant, le commissaire du Travail et des Relations industrielles bluffe en ce qu'il s'agit de la baisse du taux de chômage dans l'île, car de nombreux jeunes partent vers Maurice à la recherche de travail. Pour la RPSWA, il faut créer des emplois durables dans le secteur privé à Rodrigues.

Dans certaines régions, l'eau est devenue une denrée rare, malgré l'assurance qu'a donnée le gouvernement régional pour la distribution de ce liquide 24 sur 24 heures. Bien que le gouvernement central a accordé une enveloppe budgétaire de Rs 274 M pour l'année financière écoulée, aucun projet de développement n'a été mis en chantier. D'où la demande renouvelée d'une commission d'enquête sur les dépenses dans le secteur public concernant les projets initiés par l'ancien gouvernement régional.

Apres un an de pouvoir de l'actuelle majorité, la RPSWA observe que le thème de ce parti, Towards economic independence, est un slogan creux. L'avenir n'est pas meilleur pour plusieurs raisons : fermeture de chantiers de construction, exode massif des jeunes à Maurice, augmentation du chômage et de prix en cascade. Le pays devient une nation zougader, sans compter l'escalade de cas de vol, l'ingérence politique dans les institutions, l'organisation de fêtes culturelles qui engendrent la délinquance juvénile . Les commerces sont en panne à cause du manque de liquidité, a-t-il affirmé.

Jean-Gérard Gaspard


Sheila Flore, receveur d'autobus :

«Tout faire pour rendre
le voyage agréable»

Dans notre société, il y a des métiers pratiqués presque essentiellement par des hommes. Et souvent, cela demande du courage et de l'audace à une femme pour se faire une place dans un tel groupe. A Rodrigues, Sheila Flore est une des pionnières dans l'industrie du transport en commun : elle est receveur. Apres deux mois en poste, elle souhaite demeurer dans ce secteur, car elle y trouve son épanouissement, surtout dans la communication avec les membres du public. Rencontre.

Comment avez-vous choisi ce métier, normalement réservé aux hommes ?

Je n'ai pas vraiment choisi ce métier : il est venu automatiquement. Au fait, une personne m'a proposé le travail. J'ai d'abord pris un temps de réflexion, car cela me paraissait difficile. Puis j'ai accepté. Je n'aime pas m'attarder face aux difficultés, j'aime bien foncer. J'ai suivi une formation et, maintenant, je dois dire que je me retrouve très bien dans mon travail. Il faut dire que mes collègues sont très compréhensifs. Ils sont toujours prêts à m'aider. J'ai également l'avantage d'être persévérante pour m'adapter aux différentes situations de la vie. J'ai encore beaucoup à apprendre, mais j'ai l'impression que j'ai franchi un grand pas.

Votre joie dans ce métier ?

Ma joie, c'est la communication avec le public. Il y a des moments plus stressants quand le bus est rempli. Mais je considère que l'approche avec le public est essentielle. Je n'hésite pas des fois à faire des plaisanteries et tout faire pour rendre le voyage agréable. Je fais tout pour que le voyageur soit à l'aise. Ma joie : quand je vois que le voyageur apprécie le trajet.

Avez-vous rencontré des problèmes particuliers ?

Au début, l'adaptation a été un peu difficile. C'était difficile de se déplacer pendant que le bus roulait : je perdais l'équilibre. J'avais peur de tomber sur un passager. Avec la pratique et l'habitude, je peux dire que maintenant ça va très bien. J'ai bien apprécié la compréhension des passagers.

Y a-t-il des passagers désagréables ?

Il y a malheureusement des fois des gens qui ont trop bu. Comme vous le savez, on n'est pas supposé transporter des personnes ivres. Parfois, on passe dessus, on les considère d'abord comme des clients, à condition qu'ils ne fassent pas du désordre et n'embêtent pas les autres passagers. Dans de tels cas, il faut être capable de maîtriser la situation. Ce n'est pas une situation qui me fait peur.

Que représente ce métier pour vous aujourd'hui ?

Pour moi, c'est un pas énorme qu'une femme accède à ce poste. Ce n'est pas très courant à Rodrigues. Une autre, qui avait débuté avant moi, est maintenant à Maurice. Je souhaite continuer dans ce secteur et je veux aller encore plus loin.

C'est-à-dire ?

Mon ambition, c'est de devenir chauffeur. Je veux d'abord me perfectionner comme receveur. Je veux réaliser un rêve d'enfant: devenir chauffeur de bus.

Propos recueillis par


Benoît Jolicœur


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