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Congrès de l'action catholique


«Une bonne nouvelle
qui transforme la vie»

À Saint-Jean en ce dimanche 26 août, se sont retrouvés deux cents délégués représentant les sept mouvements d'action catholique qui opèrent dans le diocèse : l'Action catholique des enfants (ACE), la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), la Jeunesse indépendante chrétienne (JIC), la Ligue ouvrière d'action catholique (LOAC), le Groupement féminin ouvrier (GFO), Foi et vie et le Forum des cadres chrétiens (FCC). Une première à Maurice.

Un congrès est fait pour rassembler pour un échange d'informations, d'expériences et de découvertes. Dès les premiers témoignages dans cette journée, le ton est donné. L'action catholique spécialisée n'est pas un lieu de parlotte, mais d'action. C'est d'action que nous parlent les enfants de l'ACE lorsqu'ils nous disent comment ils amènent leurs petits amis à se rencontrer dans le quartier de Bati, près de Grand-Gaube. C'est d'action que nous parlent les jeunes de la JOC, lorsqu'ils nous racontent ce qu'ils font avec ceux qui ont échoué au CPE. C'est d'action que nous parle la JIC lorsqu'ils cherchent à assainir l'atmosphère d'un bureau de la ville. C'est d'action que nous parle la LOAC dans leur effort pour reclasser les sans-logis. C'est d'action que nous parle Foi & vie dans leur initiative à propos du microcrédit pour aider les plus pauvres à emprunter décemment. C'est d'action que nous parle le GFO dans leur approche avec les mères-célibataires. C'est d'action que nous parle le FCC dans ses initiatives pour sensibiliser les cadres aux problèmes sociaux de notre milieu industriel.

Agir

Notre société, vouée à l'individualisme et à la consommation, ne se mobilise pas facilement. Il est plus facile de rester les bras croisés et de prier. Mais, sans rien négliger d'une vie de prière, l'action catholique nous fait voir que l'on peut aussi se retrousser les manches et agir. Ce congrès nous a présenté l'image d'une militance chrétienne. Le militant lutte pour changer la société. Le militant, c'est celui

qui regarde le monde autour de lui, l'analyse à la lumière du modèle que lui donne Jésus-Christ et qui décide de l'améliorer. Ce congrès nous montre à l'évidence qu'avec leur méthode commune de Voir-Réfléchir-Agir, les membres de l'action catholique ont un projet de société inspiré de l'Évangile.

Cette militance n'a nul besoin de diplômes et de formation académique. Par l'action qu'elle suscite, la militance porte en elle-même sa formation. Cela rejoint cette parole de Joseph Cardijn (fondateur de l'action catholique) : «La JOC, c'est une université dans la vie.» En effet, la méthode de l'action catholique apporte en premier lieu le désir de réfléchir, qui est le début de la sagesse.

L'engagement

Ce congrès souligne aussi le sens de l'engagement. Il met en lumière la lente progression de l'engagement dans la vie du militant. C'est parce qu'un jour un militant a demandé un petit service à un copain, que ce dernier a commencé à prendre goût à l'action. Ce qui l'a amené bien plus tard à se donner à une cause, à s'engager. Ce sentiment nous vient de ces nombreux témoignages que nous avons entendus : «Ce ki mo ine fer fine transforme ban dimoun-là» ; «Mo contant, ti-bout par ti-bout, nous pé aide pays-la gagne so transformation» ; «Mo croire ki Bondié content nou occupe so zenfant ki pli malhéré». Tout cela, on le sent bien, n'est pas venu d'un coup, mais est l'aboutissement de tout un cheminement pendant lequel les militants se sont épaulés les uns les autres.

Ce congrès a fait ressortir combien l'action des mouvements, que ce soit l'aide aux familles des marins-pêcheurs disparus, le statut des employées de maison, la mobilisation des enfants dans un village, la lutte contre l'endettement et contre les casseurs, l'aide aux enfants ayant échoué au CPE, combien toutes ces actions sont une Bonne Nouvelle qui transforme la vie.

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