Incinération v/s inhumation

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La mort, bien qu'elle soit inévitable et que nous y pensons de temps en temps, n'est pas un sujet souvent abordé. Cependant, force est de constater que la mort ne fait pas vraiment peur. Chacun a aussi ses petites préférences : être mis en terre pour qu'on puisse venir se recueillir sur son tombeau ­ ou être incinéré,
qui permet aussi bien le devoir de mémoire.

Désirer l'inhumation à sa mort est, pour certains, une façon de faire perdurer une tradition familiale ou chrétienne et n'obéit à aucune autre raison particulière. C'est le cas de Shirley, qui souhaite ainsi suivre les traces de ses aînés, même si elle n'a jamais vraiment songé au sujet auparavant. «Il n'est pas question qu'on incinère mon corps à ma mort. Comme il est dit, on est né poussière et poussière on redeviendra, je préfère être mise en terre.»

Bien que n'ayant «pas des pensées suicidaires», Dominica a pensé à sa mort à plusieurs reprises. Plus jeune, elle souhaitait mourir avant ses proches pour ne pas subir la souffrance de la séparation. «Je pensais aux conséquences que ma mort pourrait avoir sur les membres de ma famille, je pensais à la réaction des mes parents, comment ils allaient faire avec mon frère qui est handicapé et dont je m'occupais». Aujourd'hui mariée et mère d'une adorable petite fille, son opinion a quelque peu changé. «Je n'ai pas peur de mourir, mais je sais que cela va être dur pour les autres. Si cela doit arriver maintenant, mon seul regret sera de n'avoir pas eu la possibilité de voir grandir ma fille. Le regret serait moindre si, à ma mort, elle a la possibilité de se débrouiller sans moi.»

Mais elle ne s'est jamais posé la question comment elle voudrait que son corps soit disposé mais, répondant à la question, elle préfère l'inhumation. «Au moins il y aura une tombe sur laquelle on pourra y déposer des fleurs et avoir une pensée pour moi», dit-elle. Opinion également de Georges, qui considère la mort comme un processus naturel de la vie. «Si cela doit arriver, cela va arriver.» Loin d'avoir peur de la mort, il a même regardé un film sur le sujet récemment. Bien que préférant l'inhumation, être incinéré ne lui pose pas de problème si, pour des raisons économiques, ses proches devraient avoir recours à cette option.

Pas de problème

A Aude également, l'incinération ne pose pas de problème. Consciente que la mort est un processus irréversible, elle se dit qu'«une fois qu'on est mort et qu'on est incinéré, c'est fini. Ce n'est pas le fait d'être enterré au cimetière qui va faire qu'on va plus penser à moi». C'est l'avis de Patrick également. Etre mis en terre ou être incinéré ne fait aucune différence pour lui mais, comme Dominica, il pense surtout aux conséquences de sa mort sur les autres et redoute même son arrivée, cela bien qu'étant conscient qu'elle est inévitable. «Mourir est quelque part injuste, car il y a un déchirement et une séparation qui est difficile à admettre parfois. Mais, en même temps, si la mort n'existait pas, la terre serait surpeuplée.»

Se posant des questions sur sa mission sur terre, Mike intrigue par ses réponses. Il n'attend que sa mort pour être en présence de son créateur pour pouvoir l'interroger sur les raisons pourquoi il a été mis au monde. Comme la Vierge Marie, il espère une montée au ciel et ne conçoit pas l'idée d'être inhumé ou incinéré.

Entre séparation et douleur, la mort est le passage nécessaire pour une vie nouvelle, peu importe si l'on est enterré ou incinéré. Selon l'espérance chrétienne, nous ressusciterons bien un jour.

Jean-Marie St-Cyr

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